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Groupes de niveaux : une majorité des collèges ne les met pas en place !
Grâce à la mobilisation des personnels, le “choc des savoirs” de Gabriel Attal ne s’applique pas complètement à cette rentrée. Continuons la mobilisation pour obtenir l’abrogation du “choc des savoirs”
Au sujet des groupes de niveaux, Gabriel Attal déclarait le 8 mars dernier dans l’émission C à vous “C’était et ça reste une très bonne idée et ça va être appliqué à la rentrée prochaine, je vous rassure sur ce sujet-là ». Il a ajouté « Ça veut dire qu’à partir de la rentrée prochaine, en français et en mathématiques, en sixième et en cinquième dans un premier temps, les élèves seront dans des groupes de niveau avec des élèves du même niveau ».
Le SNES-FSU a interrogé ses représentant·es dans les collèges et leurs retours de terrain sont clairs : au 11 septembre, 64,5% des collèges ne mettent pas en place les groupes de niveaux tels que voulus par Gabriel Attal et 35,5 % des collèges appliquent complètement les groupes de niveaux (sur toutes les classes des niveaux concernés)
Dans le détail, les collègues témoignent d’une grande désorganisation, d’incertitudes, mais aussi de volonté de ne pas trier les élèves, de problèmes organisationnels qu’il est compliqué de dégager quelques grandes lignes en matière d’organisation. On trouve ainsi des collèges où il n’y a aucun groupe (les élèves restent dans le groupe classe et ont du soutien ponctuel en français et en mathématiques, ailleurs, quand les moyens le rendaient possible, des dédoublements ont été mis en place en français et en mathématiques, à d’autres endroits, le manque de professeurs de français ou de mathématiques ne permettent pas la constitution de groupes, tout comme….le manque de salles !).
Dans d’autres collèges, les classe ont été alignées, ce qui génèrent des contraintes d’emplois du temps importantes pour les élèves et les personnels, mais ce sont des groupes hétérogènes (donc avec des élèves de niveaux différents) qui sont mis en place….et bien d’autres exemples… Cette situation où les collègues eux-mêmes ont bien du mal à s’y retrouver sur ce qui se passe dans leur propre collège est révélatrice de la situation : un grand bazar qui tient, une fois de plus, davantage du bricolage institutionnalisé, qui met sous tension les personnels dont beaucoup témoignent de leur colère ou de leur désarroi.
Note méthodologique : sur l’ensemble des réponses à l’enquête de rentrée du SNES-FSU, constitution d’un échantillon représentatif de 546 collèges, en prenant en compte le poids de chaque académie. Cette enquête a donc vocation à donner une photographie de la situation à un instant T. Une enquête plus détaillée sera réalisée à l’automne.
Un point d’appui pour gagner l’abandon du Choc des savoirs, un échec pour l’ex-ministre de l’Education nationale
C’est un échec cinglant pour l’ex-ministre de l’Education nationale qui a fait le choix du passage en force sur une mesure très largement contestée par les personnels. Pendant 6 mois, une large intersyndicale s’est mobilisée contre le Choc des savoirs, notamment les groupes de niveau, en refusant le tri social des élèves. Aujourd’hui si les groupes de niveaux ne s’appliquent pas complètement, c’est notamment en raison de cette mobilisation qui a rassemblé les personnels mais aussi les familles et l’ensemble de la communauté éducative autour du #NousNeTrieronsPasNosEleves. C’est un point d’appui pour la suite et pour gagner l’abandon du Choc des savoirs.
Quelques témoignages issus de notre enquête
Les groupes sont hétérogènes et stables sur l’année.
Les cours ont lieu en classe entière. 1h par semaine est dédoublée.
Extrait de snes.edu du 11.09.24
Dans les collèges, des « groupes de besoins » à géométrie variable
En 6ᵉ et 5ᵉ, les cours de mathématiques et de français sont organisés par groupes, une mesure du « choc des savoirs » de l’ancien ministre de l’éducation Gabriel Attal. Des groupes de niveau, rebaptisés « groupes de besoins » par Nicole Belloubet, qui recommande d’appliquer la mesure avec souplesse, n’existant, en pratique, pas partout.
Extrait de lemonde.fr du 11.09.24
« 60% des collèges ont mis en place des groupes hétérogènes »
Mercredi 11 septembre 2024, le SNPden, le syndicat des personnels de direction a tenu sa conférence de presse de rentrée. Bruno Bobkiewicz, le secrétaire général a présenté l’enquête de rentrée, les priorités du syndicat. A souligner : la rentrée sans ministre et sans annonce a apporté un peu de « calme » dans les établissements scolaires, calme bienvenu au vu de l’état d’esprit des personnels de direction qui se dégrade avec le rythme effréné des réformes.
Dans 61 % des établissements, il manquait 1 ou plusieurs enseignants
Quelques jours après la publication du SNES, le Snpden publie à son tour les résultats d’une enquête sur les nominations des enseignants. Selon l’enquête du Snpden, il manque dans 61% des établissements un ou plusieurs enseignants au 11 septembre. Le syndicat précise que ce chiffre évolue chaque jour, que la situation est meilleure que l’année précédente avec de grandes disparités selon les académies.
60% des collèges ont mis en place des groupes de besoins hétérogènes
Le secrétaire général du Snpden annonce les résultats de l’enquête sur la mise en œuvre de la mesure controversée de la réforme du choc des savoirs : 60% des collèges ont fait des groupes hétérogènes, 21% que des groupes homogènes et 18,5% des groupes hétérogènes et homogènes. Pour Bruno Bokiewicz, « les collègues ont su s’emparer de la souplesse que la ministre a donnée depuis le mois de mars ». Et de résumer avec un brin d’humour, « 60% ont fait du Belloubet, 30% du Attal »…
Selon l’enquête, 54% des collèges déclarent avoir eu assez d’heures pour appliquer la réforme, donc une moitié « a manqué de moyens pour appliquer la réforme des groupes », « impossible à moyens constants ». L’enquête révèle que 67,82% dit avoir « détricoté » pour mettre en place les groupes de besoins, c’est-à-dire parfois renoncer à des dispositifs dans 6% ou majoritairement à des dédoublements, dans 47% des réponses.
Les stages de seconde : 76% des élèves ont trouvé un stage
L’année scolaire 2023-2024 a rendu obligatoire le stage en seconde. Selon l’enquête, 76% des élèves ont trouvé un stage. Dans près de 70% des cas, les élèves sans stage n’ont pas été accueillis dans leur lycée. Trouver un stage pour un lycéen de la voie professionnelle a été plus difficile pour 30% des élèves.
« Toujours plus, plus, plus, les collègues sont en difficulté »
Les réformes successives ont fatigué et dégradé les conditions de travail des personnels de direction : « c’est toujours plus, plus, plus, les collègues sont en difficulté ». Le Snpden décrit « une profession abimée » et un moral des personnels de direction qui se dégrade. Le syndicat conclut « on attend de l ‘écoute, du dialogue » et poursuit « pour nous le pire, c’est la déconnexion de décisions qui ne prennent pas en compte le terrain ». Selon l’enquête du syndicat, l’adjectif majoritaire pour qualifier l’état d’esprit des personnels est « perplexe » à 56%. Le secrétaire général déclare que les « conditions de travail sont devenues le sujet de préoccupation des collègues ». C’est bien l’ensemble des personnels qui est touché par cette question préoccupante pour l’ensemble de l’Education nationale, et du pays.
Djéhanne Gani
Extrait de cafepedagogique.net du 12.09.24
Choc des savoirs : seuls 20 % des établissements ont mis en place des groupes de niveaux version Attal (SNPDEN-UNSA)
“Les collègues ont su s’emparer de la souplesse donnée par la ministre“ estime Bruno Bobkiewicz à propos de l’organisation des groupes de besoins/niveaux mis en place en classe de français et de mathématiques pour les élèves de 6ème et de 5ème à partir de la rentrée.
Premier constat, les quelque 3 000 chefs d’établissements (ou leurs adjoints) du 2nd degré interrogés par le SNPDEN-UNSA (sur un total de 13 500 en poste) dans son “enquête de rentrée“ ont indiqué à 74 % avoir pu construire des groupes sur la totalité du volume horaire des deux disciplines ; 22 % ont pu les mettre en place en partie (que ce soit sur une heure, deux heures, etc..) tandis que 4 %, soit 70 collèges, n’ont pas pu le faire du tout.
Groupes
Or, sur les 95 % d’établissements où la réforme va donc voir le jour, seuls 21 % ont élaboré des groupes homogènes (c’est à dire de niveaux, tels que voulus initialement par Gabriel Attal). On trouvera dans 18 % des établissements des groupes à la fois homogènes et hétérogènes, et dans 60 % d’entre eux uniquement des groupes hétérogènes.
L’enquête fait également valoir que seuls 54 % des personnels de direction sondés ont répondu avoir suffisamment d’heures pour mettre en place le dispositif. Une évidence pour le secrétaire général de l’organisation syndicale, car avec 2 300 postes budgétés par le ministère, la moitié des moyens manquerait par rapport aux 4500 nécessaires selon leurs estimations. Dès lors, 68 % des PERDIR “ont dû renoncer à des dispositifs“, principalement des dédoublements (dans 47 % des établissements), plus rarement des enseignements optionnels (4 %) ; ils ont pu aussi être obligés de “détricoter“, supprimant à la fois des dédoublements et de la co-animation (19 %).
Face à cette organisation, ont été relevés “des discussions, des désaccords“, surtout avec des enseignants qui perdent des enseignements optionnels, mais aussi parfois au regard de l’attractivité locale apportée par certaines options et de la concurrence d’établissements privés sous contrat. En revanche, la généralisation de cette mesure aux 4ème et 3ème, qui doit intervenir à la rentrée prochaine, “ne paraît pas possible“ pour le secrétaire général du SNPDEN-UNSA qui pointe la complexité technique d’organisation des emplois du temps et de gestion des ressources humaines sur quatre niveaux.
Remplacements
Autre débat, le nombre de personnels remplaçants à la rentrée, un chiffre stable du côté des personnels administratifs, quand il manquait “un enseignant et plus“ dans 61 % des établissements le 2 septembre. Le SNPDEN explique néanmoins que, si difficulté il y a toujours, une amélioration est à noter par rapport à l’année précédente (7 points de moins, entre autre du fait de l’action des rectorats pour assurer la présence de contractuels), doublée d’une évolution quotidienne : “au moment de l’enquête il manquait 2 enseignants et plus dans mon établissement, aujourd’hui aucun“, assure Bruno Bobkiewicz. Pour le proviseur de la cité scolaire Buffon à Paris, le secteur privé sous contrat, qui compte trois fois plus de contractuels, aurait “certainement les mêmes difficultés“ de recrutement et de remplacement mais ne voudrait pas le mentionner, c’est pourquoi un des objectifs du SNPDEN consistera à réussir à “être juste“ dans ce qui est dit et à “valoriser“ l’action du service public.
Pacte vs HSE
Concernant le Pacte enseignant, il semblerait que “les lignes bougent un peu“ du côté des enseignants, peut-être davantage prompts à se saisir du dispositif cette année, son enveloppe globale étant d’ailleurs plus importante q’auparavant dans le secteur public. Le SNPDEN critique à ce titre la chute des dotations en HSE dans les académies, la moitié d’entre elles n’en disposant pas cette année, ce qui pourrait impacter les remplacements de courte durée qui ne pourraient être effectués que via le Pacte. Les établissements seraient 57 % à ne pas avoir de dotation suffisante pour couvrir leurs besoins en la matière, 22 % d’entre eux ayant reçu seulement la moitié de leur enveloppe par rapport à l’an passé. Ce qui fait dire à Cédric Carrasco, secrétaire général adjoint, que “dans plein d’établissements, on ne peut plus faire vivre ce qu’on faisait vivre l’année dernière“.
Moral
Malgré une négociation aboutie sur la revalorisation, le secrétaire général du syndicat UNSA des personnels de direction évoque le moral en berne de la profession qui subit des conditions de travail dégradées (en raison d’une accélération des réformes, d’injonctions contradictoires, etc..). Si le ministère “a accepté de se mettre autour de la table“ et partage ce constat, les réponses ne seraient pas au rendez-vous : “Il y a un problème de valeurs, un décalage avec ce qu’on nous propose. Nos collègues représentants de l’Etat ont de plus en plus de mal à porter une politique à laquelle ils ne croient plus vraiment. (..) Ce n’est pas qu’une histoire de postes, mais de pertinence. Il y a une certain nombre d’autres choses à faire, comme par exemple sur la prise en charge des élèves en difficulté.“
Ecoute
Au final, en cette rentrée le contexte politique “a créé un peu de calme dans les établissements scolaires“, estime Bruno Bobkiewicz qui déplore cependant le “focus“ fait autour de la pause numérique (interdiction de l’utilisation du téléphone portable au collège, ndlr) alors que “le vrai problème c’est ce qui se passe à l’extérieur, c’est la régulation de cet usage à la maison“, ce qui encore une fois “fait porter une responsabilité à l’école avec des solutions qui sont parfois impossibles“. Il note toutefois que la ministre de l’Education nationale “est capable d’écouter“, conclut-il, comme ce fut le cas lorsque elle a rendu facultatives les évaluations en 5ème et en 3ème, après avoir compris “que ce n’était pas possible d’un point de vue technique“.