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« Il ne faut surtout pas de pédagogie pauvre pour enfants pauvres ! », par les deux coordonnatrices du numéro des Cahiers sur la pauvreté

22 janvier

« Il ne faut surtout pas de pédagogie pauvre pour enfants pauvres ! »

La pauvreté des enfants dépasse largement les frontières des territoires identifiés comme réseau d’éducation prioritaire. Elle affecte les conditions d’apprentissage, les relations éducatives et les parcours scolaires, souvent de manière invisible. Comment prendre en compte ces situations sans stigmatiser ? Comment enseigner sans abaisser les exigences ? Les réponses d’Élisabeth Bussienne et Dominique Seghetchian, coordinatrices du dossier « École et pauvreté » de notre n° 603.

Pourquoi consacrer un dossier à la pauvreté ? Combien d’enfants sont concernés et en quoi cela affecte-t-il l’école ?
Les chiffres de l’Unicef et de l’Observatoire des inégalités sont proches : les enfants représentent 11,4 % des pauvres, soit un peu plus de 2 millions. Cela ne peut que concerner l’école, d’abord dans les quartiers qui concentrent les populations les plus pauvres, mais pas seulement. La sectorisation peut conduire dans les collèges ou lycée de quartiers hors « politique de la ville » (pour le dire vite) des populations qu’on n’y attendrait pas forcément. Et dans nombre de villes, il subsiste des poches de pauvreté dans des quartiers pas spécialement connus pour leurs difficultés.

Et là, les enfants concernés sont facilement invisibilisés à l’école, parce que les équipes ne les attendent pas spontanément dans ces endroits. Or, apprendre quand on est en situation d’insécurité est plus difficile ; les problèmes matériels (et de matériel) s’y ajoutent, et jeunes et familles ne donnent pas toujours du sens ni des objectifs à la scolarité. On le sait, l’orientation des jeunes est en bonne partie liée au regard de l’institution sur eux et leur famille, avec souvent des ambitions rabotées au nom du réalisme – quand elles existent, ce qui n’est pas toujours le cas.

L’un des enjeux de ce dossier est de réfléchir (voire de faire évoluer, si c’est utile !) au regard des enseignants. D’abord pour que ces élèves et leurs familles ne risquent plus de percevoir l’école comme du côté du pouvoir et des injustices. Aussi pour que les professeurs soient attentifs au regard des pairs sur les enfants pauvres, souvent dévalorisant, et en fassent un objet de réflexion et d’éducation : égalité, fraternité… Et pour que dans leur cœur de métier, la transmission des savoirs, ils tiennent compte de l’existence des situations de pauvreté. [...]

Extrait de cahiers-pedagogiques.net du 21.01.26

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