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Groupes de besoins au collège : l’inquiétude confirmée pour les élèves les plus en difficulté
Les établissements ont appliqué la mesure selon des modalités très différentes. Une grande partie n’ont pas retenu l’idée de former des groupes par niveaux scolaires prônée par Gabriel Attal quand il avait lancé la réforme. D’autres ont constitué des groupes d’élèves « faibles », ce qui soulève de multiples questions chez leurs professeurs.
Propos recueillis par Eléa Pommiers
[...] [A Albi] la transformation voulue par Nicole Belloubet, ministre de l’éducation nationale de février à septembre 2024, des « groupes de niveau » en « groupes de besoins » à la main des équipes pédagogiques a « créé une faille dont [les enseignants se sont] emparés ».
« On a décidé que le besoin de nos élèves résidait dans l’hétérogénéité mais en effectifs réduits », développe-t-elle. En 6e et en 5e, à partir de six classes de 29 ou 30 élèves, son collège a ainsi créé huit « groupes » hétérogènes de 21 ou 22 élèves en maths et en français. « C’est le jour et la nuit, pour s’occuper davantage des enfants, les connaître, les aider individuellement », assure la professeure.
A Caen, le collège de Justine, classé en éducation prioritaire (REP), a également refusé les groupes « de niveau ». Les élèves ont été laissés dans leur classe habituelle pour les cours de mathématiques et de français, mais des professeurs supplémentaires assurent une heure et demie de « co-intervention » dans chaque classe toutes les semaines.
« En fonction des cours, soit ma collègue est en renfort avec moi, soit nous divisons la classe en deux, détaille l’enseignante de français, qui travaille ainsi davantage l’oral et l’écriture. Même en classe entière, l’une de nous peut isoler ponctuellement quelques enfants, s’ils éprouvent une difficulté sur un sujet, ou bien d’autres qui sont plus à l’aise et qu’on veut pousser… On fait comme ça de vrais groupes de besoins sans sacrifier l’hétérogénéité. » Les enseignants en tirent, pour l’heure, un bilan positif. Mais le dispositif, très coûteux pour l’établissement, qui perd des moyens pour l’année scolaire 2025-2026, pourrait ne pas être pérennisé.