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B* L’école du bien-être grâce à un aménagement flexible des espaces et au programme ATOLE, une expérimentation à l’école REP+ Petit-Chenois de Montbéliard (CNR)

24 juillet 2024

L’école du bien-être
Projets innovants CNR Notre école, faisons la ensemble

Fonction du porteur de projet Enseignant adjoint

Ecole élémentaire [REP+] Petit Chenois Montbéliard
Circonscription d’inspection du 1er degré de Montbéliard II
Adresse complète 27 rue du Petit Chênois
Académie Besançon-
Région Bourgogne-Franche-Comté
Eventuellement autres écoles ou établissements selon leur code UAI
Nb élèves bénéficiaires du projet 329

Date de début du projet 9 janvier 2023 à 00:00

DESCRIPTIF DU PROJET

Objectifs

Prendre en compte le confort de travail propice aux apprentissages.
Permettre à nos élèves d’avoir les meilleures conditions de travail possibles en respectant les postures de travail les plus efficaces pour chacun et en proposant des espaces intérieurs et extérieurs qui donnent envie d’apprendre.
Développer la motivation et l’autonomie des élèves au travers de la coopération et du tutorat au profit des apprentissages.
Améliorer le climat scolaire de notre école par un travail complémentaire de tous les acteurs de l’école(élèves, enseignants, Aesh, périscolaire, et familles
Permettre la coopération entre pairs, entre classes et entre cycles.

Lutter contre les difficultés scolaires ;Lien école-famille Lutter contre les assignations sociales et territoriales ;Climat scolaire (prévention et lutte contre les discriminations, les violences, le harcèlement) ;Ecole inclusive Education au développement durable et transition écologique ;Aménagement des espaces (hors bâti scolaire) ;Promotion de la santé y compris éducation à la sexualité

Idées initiales provenant du ministère de l’Eduction Nationale de prendre en compte les avis des différents acteurs de l ’école dès la conception du projet d’aménagement des espaces intérieurs et extérieurs en responsabilisant les élèves face à des réflexions pour l’avenir de notre école. Les acteurs de l’école étant tous investis, le projet a donc pris une importante ampleur dans notre école.

Suite à ces concertations, voici la problématique qui en découle :

Comment permettre à tous les élèves de rentrer dans les apprentissages malgré des difficultés d’attention et de concentration croissantes et la dégradation du climat scolaire, tout en nous permettant d’asseoir l’évolution de nos pratiques pédagogiques ?

Et les idées d’évolution qui en découlent :
 Améliorer le bien-être et la motivation des élèves, des acteurs de l’école et du périscolaire en répondant à leur besoins.
 Faire évoluer la cour de récréation par un aménagement adapté et sensibiliser les élèves aux défis environnementaux.
 Mettre en adéquation les pratiques pédagogiques et les espaces de travail.

Plan d’action

Objectif 1 : Améliorer le bien être de nos élèves en leur proposant un cadre de travail adapté à leurs besoins.

A : Un appui sur les compétences psychosociales au travers de deux dispositifs
afin d’améliorer le bien-être de nos élèves

1- Le dispositif du SCP :

Depuis 2017, l’école Petit Chênois s’est investie dans le Soutien au comportement positif. L’équipe enseignante a été formée au cours de deux années scolaires et a déterminé les valeurs propres à l’établissement. Le SCP propose la mise en place d’un système de soutien sur le plan de la gestion des comportements afin de créer un milieu propice à l’apprentissage. Le système préconise une approche à l’échelle de l’école toute entière. On se fonde sur l’idée que les comportements attendus en classe et hors classe doivent être définis précisément, enseignés explicitement et être reconnus lors de leur manifestation. Dans le cas précis de notre établissement, les quatre valeurs retenues et déclinées pour chaque lieu de l’école et chaque moment d’apprentissage sont : le respect, la solidarité, le progrès et le bien-être. Pour prolonger le travail engagé, la classe flexible permettra de décliner les valeurs de l’école et de les assoir encore davantage en permettant aux élèves d’être encore plus acteurs de leurs apprentissages puisqu’on constate encore globalement de la fatigue et un manque d’attention et de concentration. L’équipe enseignante, face à ces constats, a décidé de mener une réflexion afin d’apporter plus de sérénité pour apprendre et vivre ensemble. Cette réflexion doit s’inscrire dans le prolongement du travail mené par l’équipe depuis 2017.

Les objectifs peuvent être déclinés sous le prisme des quatre valeurs de l’école.

 Respect : Respecter les spécificités et les besoins de chacun grâce à un environnement plus riche et complet et à un enseignement plus adapté à chaque élève.
 Solidarité : Proposer un cadre propice à la coopération et à l’entraide au sein de la classe mais aussi dans les autres lieux de l’école (cour, bibliothèque, salle d’EPS…). L’empathie est développée afin de multiplier les relations apaisées entre pairs.
 Progrès : Adapter les conditions matérielles aux individualités afin de proposer à chacun ce qui lui conviendra le mieux pour progresser dans ses apprentissages.
 Bien-être : Améliorer le climat scolaire au sein de la classe et de l’école en enseignant explicitement la reconnaissance des émotions et des sentiments par l’acquisition d’un vocabulaire précis et veiller au bien-être de chaque élève par l’apaisement du climat. Équiper les élèves d’outils leur permettant de savoir-faire et de savoir être afin d’accéder à plus d’autonomie.

Différentes pratiques pédagogiques compatibles avec le soutien au comportement positif trouvent maintenant leur place au sein de nos classes :
 La coopération et le tutorat en mettant en place des activités de pédagogie coopérative,
 Un climat de classe où règne le respect de chacun avec des conseils d’élèves pour créer un esprit collectif
 Le respect du rythme de chacun vers un but commun : le socle commun des apprentissages.
 Une évaluation claire et positive des acquis au service des apprentissages.
 Des situations d’apprentissage au plus près des besoins des élèves dans les plans de travail.

Il est donc nécessaire d’acquérir du matériel et du mobilier mobiles pour les classes tels que des assises diversifiées, des tables (différentes des pupitres traditionnels) et des rangements multiples et variés afin de nous permettre d’investir ces pratiques dans nos classes plus facilement.

2- Le dispositif ATOLE en 2022 :

D’autre part suite aux informations reçues lors de nos journées de formation, l’équipe a mis en place le dispositif Atole basé également sur l’un des 5 enjeux proposé par l’outil le bâti scolaire :
 Favoriser un bon climat scolaire en développant la socialisation, le sentiment d’appartenance, la cohabitation petits-grands.
 Développer la responsabilisation et l’autonomie des élèves
 Améliorer la scolarisation des élèves à besoin éducatifs particuliers et l’accueil de ceux qui les accompagnent

Constat :
Nous sommes partis du constat que les enfants, comme les adultes, ont aujourd’hui, des difficultés à se concentrer sur la durée. Leur capacité d’attention diminue à mesure que les distractions faciles, notamment sur le numérique prennent de place dans leur vie.

Les enseignants mettent en place des stratégies pour capter cette attention toujours plus réduite qui se traduit par des postures mouvementées en classe : les élèves ont du mal à rester assis, se trémoussent sur leur chaise, un rien ne les perturbe, surtout au niveau du cycle 2.

C’est pourquoi l’ensemble de l’équipe pédagogique a décidé de mener à bien le projet Atole , programme de découverte et d’apprentissage de l’attention mis en place par Jean-Philippe Lachaux.
Ce programme qui déduit des sciences cognitives une véritable éducation de l’attention vient étayer celui du soutien au comportement positif.

Objectifs du projet Atole :
Il a pour but d’amener les élèves à découvrir ce qu’est l’attention.
Les élèves vont progressivement :
 Pendre conscience des différentes forces qui les empêchent d’être attentifs.
 Apprendre, reconnaître et nommer ces forces par un système de codes favorisant la métacognition
 Apprendre à réagir à ces forces pour restabiliser son attention quand celle-ci s’échappe.

Mise en situation
La démarche cherche à développer les compétences attentionnelles chez les élèves grâce à un certain nombre de concepts et outils de gestion collective.
La progression est dense et a été découpée en deux volets, suivant le développement cognitif de l’enfant parallèle à la distinction classique des cycles d’apprentissage.

Le cycle 2 se concentre ainsi sur le savoir et favorise la mise en place d’un vocabulaire commun entre l’enseignant et ses élèves, permettant à chacun d’observer ses besoins attentionnels et sources de distraction.
Il s’agit dès la première séquence de faire comprendre ce qu’est l’attention : ce n’est résolument pas que d’être sage ; elle pose le questionnement de ce qu’implique une écoute active à savoir une connexion stable. On peut ainsi être calme alors que son esprit n’est pas à l’école. Elle aboutit à un rituel passant par le mot contact ou connecté qui doit agir comme une alerte chez les élèves pour mettre en branle une posture attentionnelle.
S’ensuit une étude sur l’équilibre attentionnel qui hiérarchise l’attention selon les tâches à accomplir ; l’image de la poutre est utilisée pour asseoir l’idée que l’attention nécessite un constant équilibrage contre les distractions .
Une introduction du fonctionnement du cerveau et des neurones déclenche une prise de conscience des mécanismes de la distraction et l’attitude à adopter face à elle. L’élève aura ainsi conscience d’un choix : j’y vais ou je n’y vais pas selon ce que j’ai décidé et non selon ce que des automatismes ont décidé. Enfin, il sera également conscient que l’attention est tributaire d’une intention claire et courte.

Le cycle 3 reprend tous les rituels mis en place pour développer un véritable savoir-faire.
Il est par exemple nécessaire de découper les tâches en mini-missions pour agir avec une intention bien claire : c’est le Maximoi qui se découpe en minimois.
L’image de l’abeille permet de reprendre le contrôle du regard, de l’attention et de la posture pour réagir contre les distractions externes.
Le rituel de parcourir un cercle avec le doigt va leur faire prendre conscience des pensées qu’ils peuvent avoir et ce faisant à une prise de conscience de maintien de leur attention malgré ses pensées.
Enfin, les élèves apprendront à se servir de leur petite voix pour mieux mémoriser, d’images mentales pour réussir un exercice et à utiliser les PIM, (Perception, intention et Manière d’agir) véritables modes d’emploi pour bien se concentrer sur une tâche à réaliser.

Pourquoi une classe semi-flexible en lien avec le programme ATOLE ?

La démarche d’Atole n’est efficace que si elle est intégrée au quotidien dans les pratiques de classe des enseignants, dans les habitudes de travail personnel de l’élève.
Elle nécessite tout d’abord une compréhension des concepts qui passe par une métacognition sur le vécu des élèves, les expériences provoquées par les enseignants.
L’analyse de leur perception à des situations dédiées sera facilité par un espace modulable.
Il va de soi que l’image de la poutre ne peut être introduite sans que l’on marche réellement sur des lignes ou poutres en classe. La mise en relation avec l’attention sur un travail plus cérébral doit se réaliser à sa suite.
De même qu’un espace dédié aux mises en situation ou aux synthèses des séances ont un effet stabilisateur sur les élèves : on parle ici de l’attention, on va être de surcroit plus attentif. La ritualisation des outils de gestion collectif augmentera en efficacité.
Cet espace favorise également la proximité avec l’enseignant nécessaire à l’apprentissage du regard, pierre angulaire à toute posture attentionnelle.
En outre, l’appropriation des concepts passe par des outils fabriqués par les élèves. Elle sera optimisée grâce à un système d’affichages modulable selon les besoins, la fréquence des séances.
Enfin, la connaissance des mécanismes de distraction implique un choix de la part de l’intention de chaque élève. Pourquoi alors ne pas lui laisser le choix sur le matériel qu’il pourra utiliser en vue de l’optimisation de sa concentration ? Travailler sur un tabouret plutôt que sur une chaise ou bien travailler dans l’un ou l’autre espace défini dans la classe reposera de plus la question métacognitive : que me faut-il pour que je sois le plus attentif pour optimiser mes tâches ?

B - La cour de récréation un lieu de bien-être pensé par et pour les élèves

Notre école élémentaire est l’une des plus grandes de la région avec près de 340 élèves. Elle se divise déjà en deux cours, l’une pour le cycle 2 et l’une pour le cycle 3, ce qui fait environ 170 enfants par cour. La cour du cycle 3 est quasiment entièrement bétonnée avec quelques parties d’herbe, mais de grands arbres permettent déjà d’apporter de la fraicheur lors des fortes chaleurs. On y retrouve deux petits abris, des marquages au sol (terrain de foot, terrain de balle aux prisonniers, 4 marelles, un damier, des couloirs de courses de vitesse). Malheureusement aujourd’hui, ces marquages disparaissent à vue d’œil. La cour du cycle 2 est, elle aussi, bétonnée en grande partie, avec une petite partie en herbe et recouverte par de grands arbres. Il n’y a pour celle-ci aucune zone abritée. On y retrouve des marquages au sol : terrain de balle aux prisonniers, marelles, cercle, escargot, terrain rectangulaire. Pour le moment, aucune zone n’est délimitée dans la cour.

Les principes de base et les objectifs d’un tel réaménagement est de diviser cet espace en espaces de détente ou multisports, de jardin pédagogique, de lieu d’expression artistiques, et de classe en plein air.

La cour de récréation offre de multiples possibilités et doit se structurer autour de différentes zones d’activités selon plusieurs principes de base :
• Assurer la sécurité de tous et prévenir le harcèlement scolaire ; en lien avec deux projets menés au sein de notre école : le Soutien au Comportement Positif (SCP) et le programme de lutte contre le harcèlement à l’école (projet pHARe) ;
• Offrir une parfaite visibilité aux équipes éducatives ;
• Être facile à entretenir de façon durable ;
• Faire entrer la nature dans l’enceinte de l’école ;
• Favoriser différents apprentissages et permettre de faire classe dehors ;
• Accueillir la pratique d’activités physique et sportives ;
• Être flexible ;
• Être inclusive avec des installations s’adressant à tous les élèves, quels que soient leur tempérament et leur situation ;
• Favoriser la mixité fille-garçon, le vivre ensemble ;
• Offrir des zones de calme, de bien-être ;
• Optimiser les déplacements des élèves ;
• Accroitre l’estime de soi ;
• Stimuler la créativité ;

Concevoir une cour de récréation, pensée par les élèves, dans une démarche citoyenne. En effet, si les usagers sont investis dans la construction d’un espace, celui-ci répond mieux à leurs besoins et à leurs souhaits. Les espaces identifiés par les enfants sont mieux respectés et les équipements vont perdurer dans le temps. Un travail de concertation a d’ores et déjà été mené avec l’ensemble des classes où chacun a pu lister les aménagements qu’ils souhaiteraient voir, aussi bien dans la classe que dans la cour de récréation. Un diagnostic a été réalisé par les élèves sur ce qui fonctionnait, ce qui ne fonctionnait pas, ce que l’on pouvait améliorer. Dans ce projet cour d’école les élèves sont initiés à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet, à l’échelle de l’école, de la phase de conception à la réalisation. Les élèves vont alors devenir des acteurs de ce projet et vont comprendre ce qu’est une démocratie représentative avec ses élus, les différents services, un budget. Les élèves se positionnent dans une démarche participative de citoyens actifs qui vont donner leur avis : ils vont apprendre à s’écouter, à faire des concessions, à argumenter, à prendre en compte l’avis des autres

1 - La cour de récréation comme un espace vecteur de la transition écologique

Notre école doit maintenant devenir un véritable lieu d’éducation au développement durable.
Comme il l’est spécifié dans l’outil Bâtir l’école , nous avons repensé notre cour d’école également comme un lieu vecteur de la transition écologique afin de préserver et valoriser la biodiversité locale en articulation avec les espaces naturels de proximité et donc installer une classe du dehors dans les espaces végétalisés de notre cour enfin de permettre aux élèves d’être plus proches de la nature, d’observer ce qui les entoure avec plus de temps et d’y être plus sensibles pour protéger notre environnement à l’avenir. Ainsi chaque espace scolaire serait un véritable support pédagogique.

La cour de notre école est dotée depuis plusieurs années d’un jardin et de son compost afin de limiter la quantité de déchets, favoriser le réemploi et le tri sélectif. Nous aimerions maintenant le doter de récupérateurs d’eau de pluie afin de sensibiliser les élèves à cette ressource naturelle trop souvent rare.
La mise en place de ce jardin, nous a permis de sensibiliser nos élèves aux enjeux d’une alimentation locale et durable par la mise en place de projets autour de l’équilibre alimentaire, les fruits et légumes de saison, les métiers de bouche, la réalisation de recettes de saison, découverte du marché du quartier.

Un autre objectif pour notre école est de favoriser les mobilités actives par la mise en place de râteliers à vélos. Les élèves pourraient ainsi déposer leur vélo à l’entrée de la cour. Ils seraient donc encouragés à utiliser davantage leur vélo ou autre engin à faible émission de CO2.

Ainsi une revégétalisation de notre cour, la mise en place de nichoirs spécifiques pour préserver la biodiversité de notre milieu, la création d’une classe du dehors, l’acquisition de récupérateurs d’eau pour notre jardin et la mise en place de râteliers à vélos permettrait à notre école d’aider à sensibiliser les élèves aux défis environnementaux de demain. Notre école serait un véritable espace dédié à la transition écologique propice à l’éducation au développement durable.

2 - Notre cour comme un lieu d’activités multiples

La cour de récréation prend aujourd’hui une nouvelle dimension : elle ne se définit plus simplement comme l’espace extérieur de l’école où l’on peut courir, crier, jouer. Elle est devenue une aire indispensable dans laquelle les enfants apprennent, se dépensent physiquement et se reposent lors de temps calmes dans des espaces dédiés.

Le choix de son organisation, de la gestion de ses espaces, des activités suggérés par les aménagements est donc déterminant sur le vécu qu’auront les élèves lors de ces temps de récréation.

Cette gestion de l’espace aura donc aussi au travers des activités induites une influence sur l’accidentologie des lieux (une étude réalisée sur 10 années montre que les risques sont nettement plus importants dans une cour nue que dans une cour aménagée). L’aménagement de l’espace récréatif diminue donc la fréquence des accidents (de 85%) selon l’étude).

Espace de vie commun ne laissant aucun enfant indifférent, le concept d’aménagement pédagogique d’une cour de récréation a pour objectif de diviser l’espace en plusieurs zones, respectivement délimitées par différentes couleurs correspondant à des règles bien spécifiques. Ces règles doivent être faciles à comprendre par les enfants afin qu’ils puissent se livrer au type de jeu choisi sans gêner ou être gênés par les autres. Un concept qui a aussi pour objectif de prévenir le harcèlement scolaire en milieu scolaire et de disposer d’une cour de récréation plus sûre ( Prévention du harcèlement et des violences scolaires , Humbeeck B., Lahaye W., Ed. DeBoeck, 2016).

D’autre part, face à un constat d’augmentation de l’obésité en France selon l’Organisation mondiale de la santé et les autorités sanitaires françaises, nous sommes sensibles à l’activité physique régulière de nos élèves. Les programmes officiels recommandent que les enfants, de 5 à 17 ans, effectuent 60 minutes d’activité physique par jour. Le programme comprenant 30 minutes d’activité physique quotidienne (APQ) est conçu pour que la moitié de ces 60 minutes puissent être réalisées à l’École et ainsi bénéficier au plus grand nombre d’élèves.
Un réaménagement de l’espace extérieur et les bâtiments inciterait les élèves à développer une activité physique ou sportive, de manière libre et spontanée, pour changer les habitudes et permettre à tous de bouger davantage durant les temps de pause ou d’APQ.
Afin de réaliser, ces objectifs et de répondre aux forts besoins exprimés lors des concertations, nous avons repensé notre cour de récréation par la mise en places d’aires de jeux, de tableaux à craie, de promenades végétalisées et coins calmes, de mobilier urbain comme des bancs et des tables, de marquages au sol et au mur, et de city-stade pour les plus grands.

Un espace couvert et ouvert comme un préau pourrait permettre de jouer malgré les intempéries.

Un plan et des vues 3D de notre cour de récréation sont disponibles sur le document Notre école du bien-être en pièce-jointe

Sur ce plan, nous avons veillé à :

 Assurer une bonne circulation
 Délimiter des espaces
 Définir la fonction de chaque espace
 Éviter les zones d’interférence
 Proposer un espace évolutif

Un cheminement facile d’accès existe déjà aux abords de l’école afin d’inciter les enfants à utiliser au quotidien les mobilités actives pour se rendre dans leur école seuls les râteliers dans la cour leur permettrait de s’y investir.

Objectif 2 : Adapter le matériel pédagogique afin de poursuivre nos innovations pédagogiques et permettre la réussite de tous.

A - L’usage du numérique dans notre école.

La révolution numérique est une chance pour l’École car les nouveaux outils offrent un potentiel de renouveau pédagogique important, pouvant améliorer l’efficacité et l’équité du système éducatif. Elle est aussi un défi lié au développement rapide des usages du numérique : dans un monde où l’outil informatique et les réseaux sociaux occupent une place centrale, nos élèves sont de plus en plus confrontés à l’outil informatique, il est essentiel que l’école donne aux élèves les savoirs correspondants et qu’elle les prépare à la citoyenneté numérique. D’autre part, face à des classes et des élèves aux profils de plus en plus hétérogènes, chaque enseignant se retrouve confronté, dès ses débuts, à un besoin de différenciation pédagogique pour permettre à chaque élève de progresser à son rythme. L’usage du numérique peut permettre parfois cette différenciation importante pour le progrès de nos élèves et d’exploiter les potentialités offertes par le numérique, comme il l’est stipulé dans l’outil Bâtir l’école .

Notre école a bénéficié d’une dotation en numérique importante depuis maintenant 2 ans subventionné par la municipalité de Montbéliard. En effet, chaque étage de notre école est doté de 15 tablettes type Ipad reliées au réseau ainsi que des casques, il y a ainsi 60 tablettes élèves dans notre école. D’autre part, chaque enseignant a été équipé d’un Ipad pro. Notre usage dans les classes est régulé par la mise en place d’un planning pour l’utilisation des tablettes dans les classes, ainsi la grande majorité des élèves les utilisent.

Tout en se questionnant sur la gestion des espaces et des temps d’apprentissages afin de les adapter au rythme de chaque élève, l’aménagement d’une classe semi-flexible place également le numérique au cœur de la différenciation pédagogique et de l’action collective tout en permettant de développer l’autonomie des élèves. Le numérique tient une place centrale dans une classe semi-flexible, car il est un vecteur essentiel de la différenciation et de l’individualisation des parcours. L’aménagement des espaces de la classe, la prise en compte des individualités, et la plus-value du numérique, nous permettent de répondre au fort besoin de différenciation dans nos classes et développer des compétences d’autonomie, de coopération et de tutorat chez nos élèves. Ainsi les élèves sont davantage concentrés lors des moments d’échanges, de coopération, de tutorat car nous répondons à leur besoin de confort et de mouvement.
Ainsi du mobilier plus adapté à ces divers modes de travail, permettrait à nos élèves de s’investir plus rapidement, sereinement et confortablement dans les taches numériques demandées.

Le mobilier utile dans nos futures classes est notifié dans le document joint intitulé Notre école du bien-être , il est composé de tables haricot permettant les échanges, d’assises multiples répondant aux besoins de bouger et de varier les positions de travail pour nos élèves comme les Z-tool, tabouret oscillant, chaise confortable, tabouret de hauteur différente, d’assise en mousse, de tables réglables en hauteur, de meubles de rangement facilement déplaçables et utilisables par les élèves, de tableaux modulables permettant de structurer les espaces de la classe.

B - Les enjeux d’un aménagement classe semi-flexible dans notre école

La variété des situations pédagogiques entretient la curiosité des élèves, développe leur autonomie, augmente leur concentration et diminue leur fatigue. Par le dispositif de la pédagogie de projet différentes modalités d’apprentissages peuvent être développées selon les temps et les activités : enseignement collectif avec l’ensemble du groupe classe, travail collaboratif en petits groupes plus ou moins autonomes, travail individuel au rythme de l’élève.

Au cours de la journée, la structure du groupe d’élèves est amenée à évoluer en fonction des activités conçues par l’enseignant, investissant soit la salle de classe, soit plusieurs espaces dans l’école.

Depuis quelques années, nous observons des changements significatifs dans nos classes. En effet, un déficit lexical important gène l’accès à la compréhension orale et écrite lors de nombreuses activités de classe. Ainsi, la communication entre pairs et avec l’adulte est plus compliquée et moins optimale. En découle un important manque de motivation et d’implication de nos élèves dans la construction de leurs apprentissages. C’est pourquoi, nous engageons régulièrement nos élèves dans des démarches de projets. Cette démarche de projet est une organisation du travail qui consiste en ce que chaque participant s’investisse progressivement dans des actions de réalisations concrètes, pour répondre à un problème identifié, qui fait sens pour lui d’après S. Connac. Notre équipe a bénéficié de formation dans le cadre du dispositif REP+ avec les interventions de Pierre Cieutat et Sylvain Connac sur le thème de la coopération et de ses nombreuses transpositions en classes. C’est ainsi que nous avons été amenés à pratiquer la démarche de projets dans nos classes en étant plus outillés, mieux formés et en prenant conscience du bénéfice de cette démarche sur la motivation des élèves et la cohésion du groupe classe.

Les objectifs de la démarche de projet sont de permettre aux élèves de mieux communiquer pour collaborer, faire acquérir aux élèves une certaine autonomie et le goût de l’initiative en participant à des projets, développer des compétences non strictement disciplinaires, faciliter la construction de modèles mentaux, augmenter les performances individuelles à travers un apprentissage coopératif, développer la motivation en s’appuyant sur les acquis de l’élève, prendre conscience de l’effort fourni et à fournir et se responsabiliser vis-à-vis de l’objectif final.

La mise en œuvre de la pédagogie de projet nécessite l’organisation de différentes étapes qui appellent une organisation spatiale spécifique. En début de projet, chaque élève réfléchit individuellement à la tâche à mener. Cela nécessite une zone de travail individuelle et isolée. Cet espace permet à chacun de s’isoler du groupe pour faire émerger ses idées.
Lors des étapes suivantes, les élèves sont amenés à communiquer afin de concevoir un plan pour leur projet et le finaliser.
Pour la mise en œuvre un espace collaboratif est nécessaire afin de travailler en équipe et réaliser concrètement le projet. Pour terminer, la communication finale du projet se déroule dans un espace de présentation frontale.
Ainsi la pédagogie de projets trouve sa place dans l’organisation spatiale et pédagogique de la classe flexible. Les organisations flexibles conduisent effectivement les élèves à s’investir dans des projets de classes et à coopérer, mais nous avons bien conscience des travers de cette organisation. Nous pensons les anticiper et les maîtriser par une formation des élèves à la coopération, une autorégulation pensée avec les élèves lors des conseils d’élèves. D’autre part, nos postures d’enseignant ont évolué pour améliorer la qualité de notre enseignement et s’adapter à cette pédagogie de projets. Ainsi, nous passons d’une posture d’accompagnement, à une posture d’étayage, de contrôle, de lâcher-prise, d’enseignement ou bien encore du magicien définies par Dominique Bucheton. A ces postures correspondent des modalités de travail qui pourraient être davantage en adéquation avec la classe flexible et son organisation.

Comme il l’est préconisé dans l’outil Batir l’école , une partie de l’équipe expérimente la classe semi-flexible depuis quelques années donc la création d’espaces plus attractifs et confortables qui répondent à la diversité des attentes et besoins des élèves et personnels lors de la mise en place de cette pédagogie de projets.

Avec un aménagement flexible plus conséquent, nous pourrions ainsi favoriser les différents temps d’apprentissages de l’élève (individuel, collectif, collaboratif), la pluralité des pratiques pédagogiques, anticiper l’évolution des effectifs et des pratiques pédagogiques par une polyfonctionnalité et une flexibilité de tous les espaces.

Conclusion :

Afin de poursuivre nos réflexions pédagogiques et les expérimentations de la classe flexible menées par des enseignants dans notre école, l’aménagement des espaces nous semble de plus en plus pertinent et essentiel. Il faut que nous repensions nos espaces pédagogiques pour s’adapter à nos élèves, à leurs besoins naturels. Ces aménagements modulables nous permettraient d’asseoir nos nouveaux choix pédagogiques d’équipe et de favoriser la coopération et le tutorat dans les classes. En effet, les élèves aiment bouger, changer de posture afin de s’engager plus librement dans l’activité, se motiver.
Les espaces doivent donc être composés de matériel adapté à l’exigence des postures de nos élèves pour une mise en activité effective. Ainsi, nous souhaitons créer des espaces pédagogiques d’apprentissages dans nos classes, nos cours de récréation et nos espaces de vie pour le bien-être des élèves, des personnels de l’école et des familles.

Notre réflexion et notre projet est entièrement disponible dans la pièce jointe Notre école du bien-être

Type de prestation demandée dans le cadre de CNR Formation Personnel EN

Extrait de cnr-nefle.gogocarto.fr du 09.01.23

 

Le programme ATOLE

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