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Compte rendu de la réunion OZP des coordonnateurs du 7 février 2024 : 4. Echanges avec les coordonnatrices présentes

26 février 2024

Observatoire des zones prioritaires
Rencontre du mercredi 7 février 2024
Quelle formation pour les coordonnateurs d’éducation prioritaire ?

Deuxième partie : échanges avec les coordonnatrices présentes

Coordo
Nous allons avoir prochainement une journée de formation pour tous les coordonnateurs de l’Académie. Je suis en poste depuis quatre ans, c’est la première fois. On a reçu un questionnaire à remplir en ligne, avec des questions fermées et des questions ouvertes. Il va y avoir une plénière le matin et l’après midi, différents groupes de travail, des ateliers. Ca va être piloté par l’institution et porté sur les différents dispositifs, le suivi des classes dédoublées, des choses comme ça. Donc comme c’est nouveau, on ne sait pas trop ce que ça va donner, comment ça va être vraiment fait. Sur le papier, ça présente bien. Mais dans la réalité, on est curieux de savoir comment ça va être géré et si on va pouvoir discuter, vraiment, échanger, ou si ça va être descendant.

Animateur
J’entends en creux que vous n’êtes pas contre qu’il y ait du descendant, mais que vous souhaitez qu’il y ait aussi des échanges.

Coordo
Des échanges et aussi des apports. Des questions vives qui concernent directement nos missions. Nous sommes associés à des plans de formation sur le département. Mais ce sont des formations qui concernent les CPC. Par exemple concernant la production d’écrits, on est conviés aussi, on doit le faire. Ce sont des sujets pédagogiques spécifiques dont il faut que nous soyons un peu informés. Mais malgré tout, dans notre quotidien, ce ne sont pas forcément dans nos missions premières. On reçoit toujours des ordres de mission pour toutes les formations déployées dans le département. On reçoit les mêmes ordres de mission que les CPC ou IEN pour tous les dispositifs, tous les plans français, maths, laïcité, etc. On est à chaque fois convoqués. On est fortement encouragés, sollicités pour y aller, mais on n’est pas formateurs. Alors dans ces formations là, on ne trouve pas forcément notre place.
Les CPC prennent des pistes, pour ce qu’ils vont déployer dans des formations dans les circo avec les ESPE. Nous, on essaie de voir comment on peut faire du lien avec les partenaires, les projets qui vont être déployés, etc. Mais parfois on se demande pourquoi on est là. Alors ce qu’on constate, c’est que comme il y a beaucoup de coordos, on remplit un peu la salle parce que, en fait, les autres ne viennent pas toujours. Les CPC ont d’autres missions et ils ne sont pas toujours présents. Après il y a des ateliers avec différents groupes de travail, mais quand on regarde les groupes ou les listes, on se rend compte que quasiment tous les coordos sont là, mais pas les IEN le plus souvent. Ou alors ils sont là le matin mais pas l’après midi. Et concernant les CPC, ça dépend, c’est très variable. Donc on se pose aussi un certain nombre de questions.

Un autre problème est que l’on se rend compte qu’on ne fait pas forcément les mêmes missions au quotidien, on n’est pas impliqués dans les mêmes choses. Il y a aussi les dynamiques de circonscription, les pilotes.

Parfois, à l’inverse, quand nous aurions besoin d’appui de la part des CPC sur les réseaux, lors des instances, ou pour amener un regard plus pédagogique ou pour rendre plus crédible une demande de l’institution, on n’est pas accompagnés non plus parce que les CPC n’ont pas le temps… Pour plein de raisons qui sont à chaque fois expliquées, justifiables. Il faut dire aussi que le coordo se retrouve seul ou est quand même une variable d’ajustement très souvent. Moi on m’a identifié aujourd’hui sur un brunch de partenaire : « je vous reconnais, vous êtes la personne toujours avec un sac à dos ». Je suis un petit peu « SBF » sans bureau fixe. On s’adapte, on va partout, on peut se faire discret, on peut être amené à prendre la parole, ou à prendre en charge une formation ou à remplacer quelqu’un au dernier moment.
En ce qui concerne la formation, je la vois plutôt comme des apports vraiment spécifiques par rapport à nos missions en lien avec le territoire, peut être sur des thématiques. La parentalité, la coéducation, ça fait partie de nos missions. Mais qu’est ce qu’on a comme apport de connaissance et de réelle formation ? On n’en a pas. C’est toujours en interne avec des gens qui sont de l’institution alors qu’il y a tellement de regards sur l’éducation populaire. Un apport de technique de formation aussi pourrait être riche.

Coordo
On se réunit dans notre département avec une IEN qui est en charge de l’éducation prioritaire. On a des réunions régulièrement avec le groupe de coordos, elle et le chargé de mission. On essaye alors de faire remonter un peu nos besoins de formation, mais on se rend bien compte que, au dessus, il y a le DASEN et puis aussi toute une équipe, ça ne dépend pas que d’elle et puis les personnes changent. Ça fait quatre ans que je suis en poste, il y a déjà eu deux ou trois DASEN. L’IEN aussi a changé, une autre est arrivée. Enfin, comme il n’y a pas de stabilité non plus sur les équipes, selon la personne en charge du pilotage de l’éducation prioritaire sur le département, il y a des choses qui vont changer, il y a des priorités différentes. Actuellement, clairement, c’est le tableau de bord avec certains indicateurs. Ca fait quatre ans qu’on est dessus. On a essayé de mutualiser aussi nos supports de travail avec une autre académie. En fait on se retrouve à faire des petits bidouillages, à créer des petits supports, des tableaux. On a demandé une formation Excel, on l’a eue. Quand on est en classe Excel, on ne l’utilise pas vraiment mais on a finalement réussi à l’avoir. C’est en fait un conseiller pédagogique qui est un peu spécialiste lui même de l’informatique qui nous a fait la formation. On était un petit groupe de coordos. Pour connaître les petites manips sur Excel, faciliter un peu l’entrée des indicateurs. Et voilà que le nouveau DASEN qui est arrivé veut aussi qu’on revoie les tableaux de bord. Donc on a une formation sur les tableaux de bord. Il veut certains nouveaux indicateurs. C’est très chronophage.
Et quand on pose la question de savoir à quoi ça va servir ? On n’a jamais la réponse alors que nous, on a besoin de savoir pourquoi on travaille. C’est comme pour les évaluations, si on a déjà des indicateurs, on sait à quoi ça va servir. Ça nous permet, nous, d’adapter notre tableau de bord avec des indicateurs pertinents qui vont vraiment servir au travail de réseau, le partenariat et l’inter degré. Quand on pose des questions, on n’a pas la réponse et donc on sait que quand on n’a pas les réponses, c’est qu’il ne fallait pas poser la question. Mais on la pose quand même parce qu’on est plusieurs depuis quatre ans à demander au DASEN qui passe et aux différentes personnes à quoi vont servir les tableaux de bord. On s’est rendu compte qu’il y avait des indicateurs qui ne servaient à rien. On avait du mal à trouver déjà les chiffres parce que toutes les plateformes premier et second degré ne sont pas mutualisées et que l’on n’a pas accès à certains indicateurs. On perd du temps à chercher, parfois des chiffres. Et puis surtout à la fin ça ne servait pas. Parfois on faisait cela à la louche mais ça fausse tous les résultats.
Ça fait quatre ans qu’on est sur ces tableaux de bord qui changent tous les ans. On a des formations, à chaque fois on les refait, on les manipule, on change les items, On a travaillé dessus pendant des heures. On a barré des items, on en a réécrit d’autres, on a proposé, c’est remonté à la DSDEN et personne ne les a utilisés. On ne sait pas où c’est. Il n’y a pas de passation apparemment entre les DASEN.
On ne sait pas où est passé le travail d’il y a deux ans et on a de nouveau une formation, un temps de travail sur les tableaux de bord, parce que compte tenu du ministère, il veut que certains indicateurs apparaissent et pas d’autres. Alors, on a aussi posé la question de savoir quel est l’objectif derrière tout ça. Il est passé à autre chose ? Il n’a pas répondu à la question.

Coordo
En terme de formation, je me souviens aussi d’une formation nationale au début de l’entrée dans les fonctions de coordos. C’était en visio parce que c’était le moment de la fin du COVID. Et moi, ce qui m’avait beaucoup choqué, c’est qu’on n’était pas du tout égaux tous les coordos au niveau national en terme de missions : il y en a qui n’avaient qu’un réseau, d’autres qui doivent gérer aussi les ZIL REP+ et les plannings éducatifs, d’autres qui avaient des missions de CPC. On est partout et parfois on a l’impression de n’être nulle part et on a du mal. J’ai du mal à percevoir le sens de mes missions, donc je me raccroche à des dossiers, je fais mon travail mais je me raccroche à des dossiers qui vraiment engagent, dans lesquels des gens sont engagés. Mais ce n’est pas toujours facile de trouver sa place.

Animateur
Est ce que c’est ce qu’il faut dire alors qu’il y a là un champ de formation à explorer sur la manière de gérer ses supérieurs hiérarchiques et les commandes qu’on reçoit ?

Coordo
En fait, quand je vais voir les équipes sur les évaluations, j’arrive avec du chocolat et puis voilà ce qu’il faut. On nous demande d’entamer un travail, d’engager les gens, mais pour le réaliser, j’arrive avec du chocolat. J’ai perçu que les pilotes ne savent pas du tout ce que c’est un tableau de bord. Le référentiel, depuis quatre ans que je suis sur ce poste, ce n’est que récemment que certains connaissent le référentiel. En fait tous les outils, vraiment les spécificités liées à l’éducation prioritaire, comme c’est un peu flou dans leur tête, ils font comme s’ils étaient un peu experts et donc ça, ça fausse aussi un peu la communication. Et parce que quand on est jeune ou pilote ou chef d’établissement, on ne dit pas « je ne sais pas », on est censé savoir. Donc dans la dynamique du réseau et le travail ensemble, parce que le coordo dans l’échelle hiérarchique, il est un peu en dessous, c’est difficile de proposer certaines choses et de conseiller, de lire peut être le référentiel ou d’expliquer ce que c’est le tableau de bord. Ou alors si on le fait, il n’en tient pas compte parce qu’il est quand même pilote. Tous ces statuts là, même en 2024, c’est compliqué. Je me rends compte que ça dessert en fait le travail en réseau et d’être honnête, de mettre les choses sur la table et de discuter sans jugement c’est difficile alors qu’on arrive à le faire avec les partenaires. Avec la politique de la ville. On a vraiment des groupes de travail. On se met autour de la table. On a construit le nouveau contrat de ville pour les quatre prochaines années. Mais ensemble, avec l’Education Nationale, il y avait le chargé de mission Éducation prioritaire qui était là, tous les acteurs de la ville, les associations. Il y avait des parents élus qui étaient là aussi. On a fait sur plusieurs temps, plusieurs heures, mais on a construit le contrat de ville pour plusieurs années ensemble.
On a croisé nos indicateurs avec les associations pour mener des enquêtes aussi auprès des enfants, des parents, etc. Dans les différents quartiers de la ville. Et ça c’est vraiment un travail intéressant, mais pourquoi on n’arrive pas à le faire dans l’Education nationale ? quand moi je propose par exemple sur les réseaux dès le départ de construire les choses ensemble sur certaines instances avec les partenaires, il y a des pilotes qui ne veulent pas ou seulement à la fin. Ils veulent d’abord qu’on construise en interne juste l’éducation nationale, directeur d’école, CPC, etc. Et puis après on invitera éventuellement les pilotes, les partenaires, on lance puis on leur enverra ce qu’on propose. Il y a encore parfois des formes descendantes avec l’Education nationale. Et quand on discute avec les associations, les partenaires, la mairie, forcément ça crée des tensions parce que ce n’est pas le partenariat vu à égalité et ça dessert complètement la construction du réseau.

Coordo
Je pense que ça dépend des territoires. (Dans notre département en fait on a deux collègues qui devaient être là, mais qui n’ont pas pu venir). Notre particularité c’est qu’on est toutes les trois de la même ville. On est aussi une des plus grandes cités éducatives de France, ça change des choses pour notre fonction. Ce n’est pas encore exactement clair notre rôle au sein de la cité éducative, mais pour le moment, on est sollicité. Enfin, on va dire qu’on est en copie de toutes les informations concernant la cité éducative. On a été invité à des ateliers avec les partenaires au sein de la cité éducative, mais dans l’objectif de représenter l’Education Nationale. C’est pour faire la Troïka préfecture, Mairie et Education Nationale, sachant que les enseignants des classes ne sont pas invités sauf dans le cadre des ateliers ou des formations. Nous, on est censé faire le relais. En même temps, on a une formation académique sur la cité éducative depuis le début de cette année. Le groupe de travail se réunit une fois par période. On en est à la quatrième rencontre. Sauf qu’on nous a bien dit dans cette rencontre qu’on ne prend pas les décisions, on n’intervient pas. Donc en fait, on est là, et on ne sait pas encore se placer au niveau de la cité éducative, au sein du département. Mais on a des collègues ailleurs qui ont en charge le dossier, qui vont avoir en charge le relais entre les partenaires, les écoles, la mise en place des ateliers, faire une remontée, etc. Alors que nous, sur notre ville, on n’a pas du tout ça. Cela ne nous paraît pas très rationnel parce qu’il existe des coordos qui sont devenus chefs opérationnels des cités éducatives. Alors que nous on a un chargé de mission, un chef de projet qui est référent mairie. En fait le pilotage c’est plutôt mairie /préfecture.

Coordo
Alors moi je suis par exemple coordo, j’entame ma huitième année de coordo.

Coordo
Moi c’est ma troisième année.

Coordo
Moi je viens tout juste d’arriver.

Coordo
Donc c’est important parce qu’on a différentes visions du métier, de la formation et ce serait intéressant d’entendre tout le monde par rapport à ça. Par exemple, en 2017, moi j’ai eu une formation à Poitiers, je n’en ai plus jamais revu, plus jamais mais tout le monde n’avait pas le droit d’y aller en fait, parce qu’il y avait la formation. On n’envoyait pas tout le monde, donc on envoyait les derniers arrivés. Alors moi j’en ai bénéficié, J’ai eu de la chance, c’était très bien. Après, on a eu des formations académiques que je trouvais excellentes parce que tous les pilotes étaient conviés à ces formations et même les formateurs, les conseillers pédagogiques et nous. Tout le monde avait donc le même discours et avec le temps, on a plus du tout eu de formation ensemble.

Coordo
Les thématiques vraiment en lien avec l’éducation prioritaire au niveau départemental, depuis quelques temps, on n’a plus de formations départementales avec les coordo. Nous aussi on a une chargée de mission éducation prioritaire.

Coordo
Excusez moi. Elle est seulement sur l’éducation prioritaire où elle a aussi la gestion d’une circonscription ?

Coordo
Elle est chargée de l’éducation prioritaire, c’est fini cette année. Ça vient de changer. On a aussi une troisième personne au sein du département qui s’occupe de la politique de la ville et de tout ce qui est parentalité, etc. Donc, on a régulièrement des rencontres entre coordos avec ces personnes là. L’année dernière, on a eu également des ateliers thématiques entre nous en lien avec les compétences de chacun et de chacune. Par exemple, la formation Excel, ça se faisait entre nous.

Coordo
Sur du pratico pratique les compétences de chacun, par exemple la maîtrise d’Excel, la maîtrise de l’outil ? Et ça s’est arrêté parce qu’au niveau des coordos, les gens n’étaient pas forcément disponibles. Et selon les coordos, on n’a pas les mêmes missions au sein du département.

Coordo
Qui les impulse ?

Coordo
C’est la conseillère pédagogique départementale chargée de l’éducation prioritaire qui est aussi référente climat scolaire.

Coordo
Parce que nous on n’a pas de conseillère pédagogique départementale dédiée à l’éducation prioritaire.

Coordo
Et en fait, les CPC ont leur travail de circonscription et doivent aussi s’inscrire dans des missions et parfois ils ont plusieurs missions : mission maternelle, mission éducation prioritaire sur le terrain. Jusqu’à six missions prfois. Quand on regarde les agendas de tout le monde, on n’a pas le temps de travailler.
On a trois formations de prévues cette année, Alors on a une formation motivation autour des compétences psychosociales qui va nous être proposée. On a une formation autour de l’égalité filles garçons et une autour de la cité éducative. Ce ne sont pas des formations que nous demandons. On sent bien, c’est cadré, ça va dans un sens précis, c’est une commande. Et voilà bien que par exemple, des compétences psychosociales, ça peut nous intéresser, mais il y a des choses pour lesquelles on a une volonté du département.

Coordo
A notre niveau, au sein de la circonscription, comme vous, on nous propose des formations, par exemple la formation « pHARe » pour le harcèlement. Là où c’est compliqué pour nous, c’est qu’on sent bien qu’on est invité. On a des ordres de mission pour toutes ces formations. Après, on ne sait pas ce qu’on attend de nous. On a des petites idées parce que plus ça va, plus on se rend bien compte que les conseillers pédagogiques sont surbookés, qu’ils n’ont plus le temps de rien et que la mission du conseiller pédagogique a dérivé. Ils sont plus en formation avec les enseignants, ils ont plein de chapeaux différents, les PMS, les ceci et cela, le planning sport, les contractuels. Et chez nous ça explose. Les contractuels, on en a une cinquantaine, ça leur prend du temps.

Coordo
Et quand tu parlais de formation, tu étais invité à suivre la formation ?

Coordo
Tout à fait. On n’est pas invité, on est « convoqué ».

Coordo
Parce que nous, on nous a invités, on fait partie des groupes ressources. Moi, on m’a sollicité. Alors j’ai dit oui mais je peux dire non. Mais parfois il n’y a pas d’intervenant, je me suis retrouvée formatrice. C’est l’objectif qui nous est demandé. Petit à petit, former les enseignants dans les écoles. En fait, on est relais formateurs sans être formateurs, parce que j’ai eu beaucoup de formations. On nous demande les mêmes missions pour tout ce qui est conseil école-collège, tout ce qui est conseil de cycle trois, on est les personnes qui animons toutes ces rencontres et qui devons être force de proposition. Ce matin par exemple, ma collègue et moi, dans nos secteurs, on faisait de la formation en conseil de cycle trois, ça nous demande un travail monstrueux en amont pour que ça tienne la route, pour que le premier et le second degré y trouvent leur compte. On discute beaucoup entre nous pour avoir une cohérence pédagogique inter degrés. Lors du premier conseil de cycle trois, on a essayé de travailler à notre demande avec une conseillère pédagogique. Ça s’est super bien passé. Sauf que, à la fin du travail, on a une réunion d’équipe et les conseillers pédagogiques nous ont dit que ce n’est plus possible, qu’ils ne peuvent plus travailler avec nous. Chez nous, chaque conseiller pédagogique est référent d’un secteur REP. Ça veut juste dire qu’il assiste au conseil école-collège. On s’est emparé de cela pour essayer de construire avec eux, puisqu’ils sont formateurs , des formations qu’on déploie lors des conseils de cycle trois. On a réussi à le faire une fois et c’était excellent. Franchement, tout le monde a été content. Sauf qu’à la fin de cette formation, on a une réunion d’équipe et les conseillers pédagogiques nous ont dit que ce n’est plus possible : « on ne peut plus vous aider, on n’a plus le temps, c’est trop compliqué ». Nous, on a la chance d’avoir une IEN qui est quand même à l’écoute et qui ne veut pas nous mettre en difficulté. Donc elle a pris la décision de nous aider : elle nous a dit de préparer et qu’ensuite elle nous aiderait, elle viendrait voir comment ça se passe. Parce que lors des conseils de cycle trois ou des conseils écoles-collèges, les pilotes du second degré ne sont pas du tout partie prenante chez nous. Je ne sais pas chez vous comment ça se passe, mais je pense qu’ils n’ont pas conscience de ce que c’est que l’éducation prioritaire et ce dans quoi on est impliqué.

Coordo
Moi je crois que c’est avec le second degré, qu’il faudrait que l’on joue le rôle de coordo. On est souvent ramenés au premier degré, tirés par le premier degré pour développer des formations, pour aller aider les enseignants à développer leurs activités.

Coordo
Ce n’est pas anodin que maintenant, on soit rattaché à la circonscription. Notre bureau maintenant, depuis cette année, depuis l’année dernière se trouve au sein de la circonscription, alors qu’avant on pouvait être au collège.

Coordo
On peut être au collège, dans notre voiture à nous, ou sac sur le dos. Moi je pense qu’il faudrait vraiment un rôle de coordo pour un personnel du second degré qui maîtrise vraiment toutes les dimensions et les enjeux du second degré et qu’il y ait deux coordos sur un territoire, qu’on puisse être le relais. Dans certains collèges, je me retrouve, je suis dans la salle des profs, et puis je dis bonjour. Mais ça ne va pas… et j’ai trouvé une alternative à ça, au bout d’un moment, on m’identifie, mais au bout de combien de temps ? Maintenant, quand je vais par exemple en formation de conseil de cycle trois ou en conseil d’école-collège, déjà en amont, je vais voir les principales ou les principaux pour leur expliquer ce qu’on va faire. Et l’alternative que j’ai trouvée, c’est que j’ai fait en sorte de faire nommer un référent cycle trois, un enseignant référent cycle trois par collège pour pouvoir faire passer les infos. Parce que je sais très bien que quand j’envoie des mails, ce n’est pas diffusé. Donc maintenant, c’est peut être pas RGPD, mais j’ai un WhatsApp et par l’intermédiaire du WhatsApp, j’envoie. J’ai créé du lien avec les enseignants et avec un référent cycle trois second degré qui envoie lui même. Il faut que je lui dise envoie à untel, untel et voilà. Et c’est comme ça qu’on arrive un petit peu à mobiliser le second degré mais on est en sous marin, on est en souterrain. On peut dire qu’on nous fait confiance quelque part. Faire confiance c’est bien, mais alors c’est quoi la part de responsabilité et de choix ? On parle en fonction de notre propre vision à nous, des informations qu’on arrive à récolter à droite à gauche ou on part vraiment du terrain. Mais on nous fait confiance dans le cadre qui nous est imposé.

Coordo
On nous fait confiance, enfin sur mes réseaux, dans mon contexte de territoire. Pas trop cette année ou l’année dernière, mais les deux ou trois premières années où j’étais là, régulièrement, les jeunes me rappelaient. Voilà, on n’oublie pas envers qui on doit être loyal. L’Education nationale bien sûr, parce que le partenariat, l’inter degré, ça fait peur. Donc d’abord le premier degré mais attention dans le partage d’informations, d’indicateurs, etc. On ne voulait pas que j’invite des partenaires pour certaines instances du groupe de travail. On me disait de les inviter après que les instances se soient réunies. J’ai dû batailler contre ça aussi en expliquant que ce n’est pas ça le vrai partenariat. Petit à petit, j’ai répété aussi souvent ma loyauté envers la réussite des élèves. Et puis l’impact que ça peut avoir sur les inégalités. La loyauté c’est pas la gestion de personnes et d’égo et compagnie etc. Oui, je suis éducation nationale, je sais qui me paye mais c’est pour mettre en place ça. Regardez les textes, le référentiel c’est écrit. C’est un des axes, le partenariat, la relation école famille etc. Si on ne me laisse pas faire alors ce n’est pas la vraie confiance aussi envers les personnes, les coordos, alors à quoi ça sert de nommer des personnes sur ces postes là ?
Tu parlais tout à l’heure des tableaux de bord, nous aussi on a eu une formation l’année dernière sur une journée sur les tableaux de bord. Alors bon, c’est compliqué de travailler seul autour d’un tableau de bord. Enfin, on nous a expliqué que les chiffres des tableaux de bord, ça pouvait nous aider, l’IPS, etc. À travailler ensemble, à comprendre vers où nous diriger, comment travailler, etc. Le souci, c’est comme pour les évaluations sixième. J’ai connu des années où les évaluations sixième, étaient traitées dans les écoles en inter degré avec les collègues. Là maintenant, c’est nous qui traitons les évaluations et ensuite à partir de ça, on travaille en conseil de cycle trois et il faut que tout découle de ça, la pédagogie, etc. Avec bien sûr, le paquet sur les fondamentaux, mais les tableaux de bord, en fait, tous les ans, là, on va encore avoir une rencontre départementale sur le tableau de bord. Après, s’il n’y a que nous qui nous en emparons, c’est pour faire quoi ?
Et à l’échelle nationale, au delà de nos circonscriptions ou réseaux, à quoi ça sert le tableau de bord ? Qu’est ce qu’il y a derrière ? C’est pour construire quoi ? Est ce que c’est aussi parce qu’il va falloir supprimer des classes, des postes. Ou reconfigurer les réseaux ? Ou est ce que ça va vraiment servir aussi à mettre en place des formations de qualité, continue mais aussi initiale, avec ceux qui en ont besoin : les nouveaux T1 qui arrivent dans les écoles. Quand ils arrivent souvent je leur pose la question de savoir s’ils ont eu des cours sur l’éducation prioritaire ? Non. En 2024. Ou alors ils ont entendu vaguement parler parce que voilà, un prof, on en a parlé un peu dans son cours, mais souvent ils apprennent quand ils vont en stage dans les collèges ou dans les écoles, ils apprennent en fait ce que c’est le réseau. Donc moi, à chaque fois, je veux passer un peu de temps avec eux. Je sais que s’ils ont du temps, je leur explique un peu ce que c’est le réseau, comment on travaille concrètement, ce qu’on fait. Et puis sur un quartier, ce que c’est. Mais ils n’ont toujours pas de cours sur la ville, sur le milieu où ils arrivent.

Coordo
Moi ce que je voulais dire c’est que j’ai quand même une marge de manœuvre. Mon objectif c’est toujours faire réussir les élèves. Au départ, on m’a dit « tu ne vas pas dans les classes ». Alors maintenant, c’est terminé. J’ai réussi à prouver avec les années que participer en tant qu’enseignant du premier degré dans les classes du collège, quand on fait des projets, en fait, on est en co-construction, on travaille ensemble et on avance et on discute, on échange.

Mes deux collègues arrivées plus récemment dans la fonction, vous avez des expériences différentes. Vous étiez nouvellement arrivés, sur la question de la formation, qu’est ce que vous aimeriez avoir comme formation ou les compétences sur lesquelles vous aimeriez bien être formés ? C’est quoi vos besoins, votre avis ?

Coordo
Alors en termes de formation, ce qui a pu me manquer au départ, c’était de me représenter la fonction. Le statut donne l’objectif parce qu’il y a un référentiel. Mais ensuite, selon les personnes à qui on s’adresse, selon les pilotes, ils n’ont pas la même définition du rôle du coordo. Donc au départ c’était compliqué et on est souvent sur des formations d’abord théoriques mais pédagogiques. Et finalement on n’est pas sur une formation en tant qu’agent coordo. Voilà, avec une vraie méthodologie ou une vraie manière de faire. Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de compétences nécessaires à cette fonction. Finalement, je me suis rendu compte que j’ai dû développer des compétences qui n’avaient rien à voir avec des compétences que j’avais pu mettre en place dans ma classe. Quand on doit animer un conseil de cycle trois, il faut réussir à enrôler les enseignants qui sont en face de nous. Il faut réussir aussi à faire une sorte de management des équipes parce qu’il faut faire entendre la voix du premier degré, du second degré quand on construit un projet. Il y a plein, plein de compétences : de vendeur, de commercial quelque part. Parce que parfois il faut convaincre, vendre et convaincre. Exactement. Il faut réussir à convaincre les gens de travailler sur tel projet parce que nous, on est convaincu de la plus value que ça va apporter. De ce que ça va apporter aux élèves. Et c’est vrai qu’au départ, comment on fait ça ? J’ai adopté plusieurs postures. Pour en revenir à ce pratico pratique en termes de statut coordo, la première année, je me suis dit que j’allais faire mon réseau, je vais être copain avec les gens, donc je vais manger avec eux et puis je vais montrer que je suis sympa et puis que du coup c’est chouette de travailler avec moi. J’ai ramé la première année, mais j’ai réussi à faire mon réseautage.
Et puis la deuxième année, je me suis dit non, le but ce n’est pas d’être ami avec eux, c’est ridicule. Le but c’est de vraiment apporter des projets de qualité etc. Mais je continue à montrer que je suis sympa. Donc on est vraiment sur un aspect commercial avec le sourire et tout qui va avec. On est dans un rôle. Voilà. Et là cette année, j’ai évolué : Je suis toujours sympa mais je vais aller dans le vif du sujet et je ne vais pas essayer de faire la marchande de tapis « qui veut travailler avec moi ». Non, « j’ai un projet, je vous propose telle ou telle chose, ceux qui veulent me suivre et dans ce cas là on va co-construire » et ça sortira pas forcément de mon chapeau. Et ce n’est pas moi qui aurait essayé de vendre un truc. Voilà. C’est à dire que là, maintenant j’ai une autre approche qui est arrivée au fur et à mesure, mais ça finalement, je l’ai appris sur le tas. Je ne sais même pas si c’est comme ça qu’il faut faire.

Coordo
Je te rassure, on en arrive tous là à un moment donné. C’est à dire que au début, tu dis, « tu veux un projet ? Ok, je vais te l’écrire, je vais m’en charger ». « C’est vrai que tu as beaucoup de travail, tu as besoin d’un coup de main dans ta classe, mais je viens, il n’y a pas de problème, je te fais trois séances ». Bilan t’as pas le temps.
Alors maintenant moi je propose en fonction des priorités données. Le projet il a du sens parce qu’il est co-construit et finalement je pense que c’est ça qui me manque à la base.
A mon arrivée, j’ai eu une visio avec une formation NEO. Mais le format visio, c’est quelque chose qui ne me parle pas du tout. Et c’était très général, peut être trop général et je ne m’en souviens même pas. Tout le monde ne pouvait pas y avoir accès. Je me souviens que quand la conseillère départementale m’avait appelé, elle m’avait dit vous êtes quatre nouveaux arrivés sur le département, il y en a deux qui peuvent la suivre uniquement. J’ai eu de la chance, j’ai pu la suivre.

Coordo
J’ai commencé le 14 septembre et c’est vrai que j’ai vraiment eu la sensation de courir à côté d’un train qui était déjà à vive allure et d’essayer de comprendre ce que je devais faire. Je ne connaissais pas du tout le poste de coordo, et j’avais des pilotes nouveaux un peu perdus. A peine trois semaines après mon arrivée, il y a eu un changement d’IEN. En fait, tout le monde était un petit peu dépassé avec tous ces changements et sur mes deux réseaux, des pilotes nouveaux également. Une nouvelle principale donc personne pour me dire un petit peu ce que je devais faire. Donc heureusement que j’ai quand même mes deux collègues coordos qui clairement m’ont bien guidé. Et puis c’est sur elles que je compte depuis le début pour savoir un peu où je vais et comment le prendre. Mais c’est vrai qu’au niveau de la formation, je me suis senti un petit peu seul et perdu parce que je sais, j’ai rencontré quand même deux fois une conseillère pédagogique qui est chargée départementale, qui gère un peu les coordos. On a eu deux entretiens où elle m’a donné quelques pistes, quelques billes. Mais concrètement, voilà cette sensation de vouloir être aussi partout. Comme tu disais tout à l’heure, on essaye de tisser du lien avec le premier degré, avec le second degré et en fait on veut être partout. En fait on n’arrive même pas à être sur l’inter degré collège, lycée, orientation des élèves parce qu’on est beaucoup plus centré mais tiré par le premier degré sur toutes les missions du premier degré où ça explose de partout. Et on est vraiment centré quand même. Cycle trois, CM1, CM2 sixième.

Coordo
Au début c’est un peu compliqué, mais je suis encouragée justement par mes collègues qui me disent que c’est normal, c’est le début. Il faut du temps pour prendre ses marques, pour s’approprier un petit peu les missions de coordo qui ne sont claires pour personne, aussi bien pour les pilotes que pour les jeunes. Et quand on arrive dans les écoles c’est difficile d’être identifié et reconnu comme coordo. J’essaye d’être patiente parce que visiblement c’est quelque chose qui prend du temps. Mais c’est vrai que c’est un peu frustrant je dirais, au niveau de l’accompagnement et de la formation. Je n’aurais pas été contre un suivi et un accompagnement un peu plus poussé.
En fait les accompagnateurs, ce sont les pilotes du réseau qui devraient être présents auprès des coordinateurs. Le souci, c’est que niveau pilote, il y en a qui ne connaissent pas le métier. Réseau d’éducation prioritaire, ils ne connaissent pas parfois.

Animateur
Dans ce que vous dites, on sent une absence certaine des pilotes. C’est vrai que c’est une mission compliquée, particulière, qui touche à beaucoup de choses. Mais logiquement, pour cadrer cette mission, il y a effectivement les pilotes. Et puis il y a quand même des documents de référence. Vous êtes censés avoir un projet réseau, il y a le référentiel, il y a un certain nombre de documents et de personnes qui doivent normalement cadrer votre mission. Si on est lâché dans la nature en disant tu dois réseauter et puis faire des actions ...

Coordo
Mais il n’y a plus de projet de réseau depuis plusieurs années. Nous, ça fait plusieurs années qu’on en n’a plus, depuis 2019. On est sans repères, sans pilote et sans document de référence, à part le référentiel qui est là.

Animateur
Les lettres de mission ?

Coordo
Oui une lettre de mission quand même, très générale.

Coordo
Elles ont été signées sur mes deux réseaux sans objectif. Donc on m’a dit : « on te laisse les mettre ». On nous fait très confiance. On fait de notre mieux mais à un moment il faut quand même un cadrage.

Coordo
Neuf ans que je suis coordo. J’ai commencé sur un réseau qui a ouvert à la dernière carte. C’est du rural, il n’y a pas de politique de ville. En fait, on ne vit pas la même vie. Le nouveau réseau, tout le monde découvrait puisque quand on rentre il n’y a pas de fiche de poste. C’est moi qui l’ai écrite. La seule formation que j’ai eue, c’est Poitiers, parce qu’une collègue m’a dit que ça existait, parce que la hiérarchie ne nous en avait pas parlé. Et puis comme je m’entendais bien avec mon IEN, je suis allée à une formation « plus de maîtres que de classes ». J’étais la seule coordo. Et depuis, on a eu en neuf ans trois réunions de coordos où on a pu discuter de choses et d’autres. En terme de pilotage, c’est assez faible.

Coordo
J’ai eu quatre IEN et trois chefs d’établissement sur le même réseau en six ans. Donc la seule ancienne de la ville, c’est moi. J’ai la mémoire vivante. Et là on a discuté avec les conseillers pédagogiques parce qu’à un moment j’ai eu les deux réseaux de la circo, donc j’étais à temps plein. Et la circo, elle a trois secteurs de collège, donc deux tiers en REP et le troisième hors REP. Et on a eu une discussion sur leur rôle, sur le mien. Vous êtes conseiller pédagogique en REP et hors REP, ça change quelque chose ou pas ? Enfin au bout d’un moment on travaille sur quoi ? Il faudrait avoir une formation sur ce que ça change ? Enfin, quel est le but ? Travailler en éducation prioritaire par rapport à de l’ordinaire ? C’est quoi nos priorités ? Et du coup, quelles sont nos missions ? Enfin après il y a tout le partenariat. Mais concrètement, du point de vue pédagogique et avec les élèves, ça veut dire quoi mettre en place le référentiel et l’entretien notamment ? Parce que après les autres axes de travail, ils sont bien entendu. On essaie et on discute ensemble, on y participe, on a des choses avec les autres élèves, on a un peu de suivi par des chercheurs, donc on bosse, mais c’est du bidouillage. Et par contre, sur le fond, on se le redit de temps en temps parce que moi j’emmène des projets, comment je le fais avec les conseillers pédagogiques. Et donc on fait des formations entre guillemets avec les collègues sur leur temps propre. Tout est open bar. Et à chaque fois, on essaye maintenant depuis un an de commencer la formation en se disant qu’on va quand même parler aux collègues de pourquoi avec le public qu’on a, on travaille ça et dans quel but ? Parce que sinon, en fait, on n’avait pas de réflexion. On a quand même des spécificités normalement et des objectifs par rapport au public. Et ces discussions, je trouve que ça manque énormément.

Coordo
Parce que ce n’est pas dans la formation non plus, on doit le rappeler, par exemple, les dispositifs dédoublés : « Si vous êtes en éducation prioritaire, ça demande certainement un investissement. Qu’est ce que ça change ? Qu’est ce qu’il faut qu’on change dans notre manière d’aborder le système éducatif pour que les gamins réussissent ? » C’est dans le changement des pratiques. L’année dernière, on a fait venir quelqu’un sur la grande pauvreté pour la discussion avec les collègues et nous. On a expliqué pourquoi on la faisait ? En fait on fait avec ce qu’on est. On espère qu’on n’est pas trop à côté. Mais là dessus on n’a pas de formation du tout.

Animateur
On voit bien à travers ce que vous dites, qu’il y a dans les formations qui vous sont proposées, auxquelles vous êtes associés, que ce sont des formations sur des dispositifs, sur des politiques, sur des objets, etc. Mais qui ne s’adressent pas spécifiquement à vous en tant que Coordos. C’est des formations générales ou a contrario des formations très techniques où on va être sur des outils ou sur apprendre à manier un outil. Mais finalement sur la mission spécifique du coordo sur tout un tas de sujets, sur les postures particulières dans le système éducatif et comment on prend en compte les différentes dimensions de l’inégalité sociale qui se créent en éducation, et comment on travaille à sa place de coordo dans tout un système de pilotes, d’écoles, d’enseignants, de partenaires. Là dessus, il n’y a pas de formation.

Coordo
Mais on s’auto forme quand même beaucoup. On va travailler, on va réfléchir.
Sur les métiers. Dans la circonscription, donc trois collègues, on arrêtait pas les discussions. Qu’est ce que ça change sur les CEC ou sur les conseils ? Du coup, il y en a deux ou il y a une personne de plus et un où il n’y a pas. Et en fait on s’est interrogé qui anime en fin de compte, c’est parce que c’est toujours nous. Mais il y a 80 % des bahuts qui ne sont pas en réseau, qui n’ont pas de coordo. Et pourtant il y a des CEC, donc il y a bien un fonctionnement. Du coup, on apporte quoi ? A quel moment on travaille sur Inter métiers ? On est dans les salles des profs, on est dans les salles de classe. Qu’est ce qu’on apporte ou pas ? Mais à quel moment on réfléchit à cette spécificité, à cette fonction là qui est quand même une très bonne idée ; c’est super d’avoir créé ces postes là. Mais par contre, savoir ce qu’on fait ? Quelle est notre mission ? Moi par moment, comme je suis dans le rural, je suis confrontée aux collègues qui me disent : « on ne sait pas trop ce que tu fais et en fait toi tu réserves les bus. »

Coordo
C’est exactement ça. Quelquefois on est pris pour un porte monnaie, quelquefois pour une aide humaine supplémentaire pour accompagner un groupe...

Coordo
Quand on n’a pas la question « à quoi vous servez ? »

Coordo
Coordo pour dix écoles avec un collège et on nous dit : « mais on vous voit jamais ! » Mais comment ? Avec les missions qu’on nous donne à la circonscription, on va voir tel collègue, on essaye de faire un projet avec tel autre parce que c’est de proche en proche. En fait on entend toujours cette phrase « mais vous êtes où ? Vous servez à quoi ? C’est quoi votre travail ? » Donc ça, c’est compliqué, c’est tendu.

Directeur
Après, quand tu représentes un collectif ou que tu viens dans un collectif d’école pour travailler, c’est tendu. Ce qui m’inquiète plus en tant que directeur d’école, c’est la vision qu’ont les équipes des coordos maintenant. C’est à dire que, dans le temps, on se disait que le coordo allait venir parler d’un projet. Moi je voulais faire ça et clairement je n’ai pas eu le temps de voir. Est ce qu’il peut faire la liaison pour nous remettre en contact ? Et aujourd’hui, on a l’impression qu’on voit débarquer le Politburo. Vous êtes porteurs de projet à évaluation immédiate. C’est du temps de perdu pour nous qui nous occupons des enfants. Donc, avant d’évaluer un projet qu’on n’a pas encore mis en place, il ne faut pas nous parler de ça. Le problème c’est que vous apparaissez de plus en plus comme ça, et que les CPC ont la même problématique. Mais eux, ils ont le statut de CPC.

Coordo
Alors dans ce que tu dis, c’est vrai, parce que nous maintenant on a des visio pour des recrutements. C’est ce que tu vas avoir là bientôt puisque tu fais fonction. Et il est écrit dans le profil CAFIPEMF recommandé, fortement recommandé. Alors ça veut dire que petit à petit, on sent bien où on va. Et moi, il est hors de question par exemple que je le passe. Je ne vois pas l’intérêt si c’est pour devenir ce que sont mes collègues CPC qui n’en peuvent plus. Nous, c’est déjà assez compliqué, on s’auto forme. Par exemple, je disais ce matin, on avait juste des postures suite à des visites croisées. J’ai été obligé de me former moi même avec Dominique Bucheton. Mais il est hors de question que je passe le CAFIPEMF parce que je vois en plus dans quel état sont mes collègues qui le passent et au bout ce que ça donne, ce sur quoi on travaille.

Coordo
Après, on nous demande de développer des compétences tout seul, on a besoin de nous, donc on nous prend en tant que formateur. Et puis après il faudrait qu’on justifie, qu’on passe ce CAP, ce qui est logique en soi, mais on risquerait qu’on nous dise non vous ne pouvez pas être conseiller péda alors qu’en fait sur le terrain on déploie ces missions là.

Coordo
Oui mais attention, si on passe, après on l’est.

Coordo
On nous dit en toute confiance vas y, tu es largement capable de le faire.

Coordo
Ça va de pair avec l’évolution, de ce que sont les CPC. Parce que c’est vrai qu’il y a eu un moment où moi, quand j’étais coordo, j’ai passé le cap. Pourquoi ? Parce que j’estimais que mon travail avec le référentiel, ça fait quand même qu’insister sur cette dimension pédagogique là. C’est à dire que ce travail en éducation, ce travail d’animation, de projet ensemble, etc. C’est très centré sur le pédagogique. Donc c’était important pour moi de mettre dans mon portefeuille, la compétence pédagogique et d’être reconnue pour ça. C’est à dire j’ai compétence, je peux être reconnue pour avoir un travail pédagogique au sein du réseau en tant que coordo, mais avec des compétences pédagogiques reconnues. Qu’on ne dise pas non, non, toi tu parles pas de pédagogie, t’es pas, t’es pas conseillère pédagogique, t’as pas de cap, donc tu te mêles pas de ça. Tu vas nous réserver les bus.

Coordo
Donc c’était important à ce moment là de dire voilà, c’est aussi important d’être coordo et pédagogique même sur le budget.

Directeur
Après, c’est vrai que la formation, j’entends bien ce que vous dites sur les CPC, je vois bien que leur rôle est extrêmement compliqué et ils sont en souffrance. Donc je comprends votre méfiance de dire si on le demande, c’est qu’on veut le faire souffrir comme les autres, souffrir.
Mais en même temps c’était aussi une manière de qualifier le coordo pour une réflexion pédagogique.

Coordo
Mais nous, je trouve qu’on absorbe, on est quand même l’éponge, on est des variables d’ajustement : suivant où le vent tourne ou comment ça déborde. D’un côté on absorbe, et on suit la vague et puis on avance dans le courant.

Animateur
La formation des coordinateurs devrait aussi pouvoir travailler ces questions là. C’est à dire qu’est ce que je suis ? Qu’est ce que je ne suis pas ? Qu’est ce que je fais ? Qu’est ce qui me revient ? Qu’est ce qui ne me revient pas ?
Parce que c’est très hétérogène sur tous les territoires et on s’aperçoit qu’aucun des coordos ne peut dire non, ça je suis désolé, mais ce n’est pas moi.

Coordo
Est ce qu’il est complètement impossible de définir un cadre de travail « ce que c’est et ce que ce n’est pas ». Est ce que ça ne risque pas d’être un contenu de formation de façade. Mais ce serait souhaitable parce qu’il y a des collègues coordos avec qui on parle, qui sont submergés et qui ont des dossiers de circonscription ou des dossiers de conseils pédagogiques, et ils n’en peuvent plus. Nous, c’est vrai que sur notre circonscription, on a on a une inspectrice qui est très au clair sur le cadre et on est vraiment protégé.
En fait elle s’est assouplie avec le temps parce que quand elle est arrivée, elle était beaucoup dans le contrôle, il n’y avait pas trop de souplesse. Et maintenant on arrive à échanger, à discuter, à donner nos points de vue. Donc on est quand même bien dans notre rôle de coordo, de mieux en mieux. Mais je pense que c’est avec les années parce que toi par exemple, tu te questionnais si tu allais arrêter ou pas.

Coordo
Bien sûr, on n’est pas cadrés, on a personne, on est dans le flou total, on a peur. On peut craindre un détournement de la fonction.

Marc Douaire
Parce que la fonction, dès les textes initiaux de 1990, le coordonnateur est le garant du projet.

Coordo
Mais quand il y en a plus, il n’y en a pas.

Marc Douaire
Sur le projet de réseau, il y a une histoire qui devrait être réalisée.
Les projets devaient être évalués et révisés en 2019. Donc, effectivement, c’est une question qu’on a porté, nous, continuellement, parce qu’un projet c’est porté par de l’humain et donc au bout de quatre ou cinq ans, il est légitime et nécessaire de revoir ce qui a été construit et les acquis, les échecs, les améliorations possibles. Mais la fonction c’est ça, c’est pas une fonction de conseiller pédagogique ou de gestionnaire de logistique, le coordonnateur est même le garant du projet de réseau. Et donc interpeller les pilotes et les pilotes du réseau. Ils sont aussi responsables du projet. Alors c’est clair qu’il faut travailler sur ce que c’est qu’être pilote si on n’a pas le souci du projet ? Que veut dire être chef d’établissement dans ce cadre ?

Coordo
En éducation prioritaire il y a bien des missions qui s’ajoutent aussi chez le chef d’établissement. Chacun est dans son rôle, dans sa structure engagée, dans son établissement, en fonction des urgences, etc. Et en même temps il a une responsabilité de pilote de réseau.

Coordo
Il y a aussi le troisième pilote. Mais quand on sollicite les trois, moi je sais que j’ai énormément de mal à les réunir tous les trois une fois dans l’année. l’IPR va venir, mais il vient plus pour être à l’écoute de ce qui se passe qu’un réel acteur et un réel pilote. Je ne suis pas du tout dans le jugement. C’est juste que par rapport aux missions des uns et des autres, moi, les IPR, moi je n’arrive pas à les toucher quand ils viennent, ils sont pleins de bonnes idées, mais après concrètement, ils ne sont pas là au quotidien.

Coordo
Nous on a réécrit les projets de réseau il y a deux ans et on les a envoyés en fin de compte à l’IPR, mais on n’a même pas eu de retours, on ne sait pas. Et en fin de compte, il a changé.

Coordo
J’avoue que l’IPR avec laquelle je travaille, je l’ai déjà vu au moins cinq ou six fois depuis le début de l’année et on a même convenu d’un temps de travail à la rentrée pour élaborer une grille, une grille d’observation sur les formations inter degré qui ont été réalisées. Et c’est vrai que j’étais assez surprise quand elle m’a même proposé qu’on se pose pour pouvoir travailler toutes les deux ensemble là dessus. Donc elle est quand même assez investie, impliquée, ça dépend vraiment des profils de personnes.

Coordo
Oui et de l’implication des pilotes du réseau. Si ils sont dans l’éducation prioritaire, s’ils y croient, si ils sont investis. Mais tout change maintenant si ? Maintenant, si tout le monde est investi premier, second degré, je sais que ça arrive parce que ça l’a été pour moi dans le passé, alors c’est formidable. Après, il y a aussi des questions d’ego entre les pilotes qui peuvent arriver. Alors là par contre, j’ai souvent la sensation de marcher sur des œufs. Enfin, il faut vraiment ne froisser personne, ils sont très susceptibles et pour le coup, j’ai déjà frôlé la catastrophe avec un mail qui n’a pas été envoyé…

Coordo
Dans les besoins de formation quand même, il me semble qu’il y a aussi la connaissance des partenaires. On s’est retrouvé dans des réunions politiques et tout ça quand ça existe, avec rien de la part de ministres sur notre positionnement. On n’a aucune formation, sur la police, la ville, les partenaires, la communauté de communes, les compétences de chacun. Alors même si en tant que citoyens citoyennes, on doit savoir, par moment on a le sentiment d’être des imposteurs.

Coordo
Nous c’est la première année, que l’on a une formation politique de la ville depuis sept ans. Moi c’est la première fois que j’ai des éléments sur les institutions, les partenaires.

Coordo
On apprend sur le tas, sur le terrain. On apprend à découvrir notre territoire, les associations, à faire le lien avec tout ça. Mais on n’a pas de formation sur ça. Après, travailler avec les associations, c’est encore autre chose. C’est compliqué, on n’apprend pas à travailler avec les gens.

Coordo
Moi j’ai passé des semaines avec eux dans un foyer éducatif, avec des animateurs, avec les éducateurs de rue, pour voir aussi leur quotidien, pour qu’on échange. Voilà des discussions informelles. Sur le plan informel, il se passe plein de choses, mais ça c’est pas reconnu. Et puis ça ne fait pas partie officiellement des formations, mais on a besoin de ça si on ne connait pas notre territoire, les associations, les partenariats, la politique de la ville. Si on ne rencontre pas aussi les personnels de la mairie qui travaillent aussi dans les écoles etc. C’est difficile de connaître le réseau dans sa globalité si on n’a pas ce temps là. Mais ça c’est pas toujours bien perçu que l’on développe ces compétences. Il y a une méconnaissance du lien qu’on peut avoir. Et en même temps on sait qu’on représente l’éducation nationale auprès des partenaires, mais en même temps on ne sait pas exactement ce qu’on doit y faire. Alors vous allez où ? On va voir qui ? Pour quoi faire ? Qu’est ce que ça se construit ?

Coordo
Il faudrait aussi apprendre à faire le tri entre les instances auxquelles on peut participer. Par exemple les cellules de veille au collège. Moi j’y participe et j’ai mis en lien des associations pour croiser les regards sur certains profils d’élèves qui sont en difficulté. Le centre social, les élèves le connaissent à l’extérieur, mais c’est moi qui dit au collège qu’ils le voient le mercredi ou quand il sèche les cours. Donc en fait, si on se voyait régulièrement, on pourrait construire un projet pour cet élève. On pourrait peut être mener des actions et ce qu’on fait avec le centre social, la MJC. Ils ont des actions et ils viennent les proposer, ils prennent en charge. Moi quand je vis des choses comme ça j’ai besoin d’apport de formation sur toutes ces thématiques là : éducation populaire, accompagnement des familles pour aider les élèves à vraiment raccrocher. Pour contribuer ensemble au parcours de l’enfant, du jeune, de l’ado, de l’élève aussi, et du coup de faire du lien avec tout ça.

Coordo
Ce que je constate sur mes réseaux, c’est que comme on n’est plus en classe, petit à petit on construit cette vision globale en fait du partenariat du réseau. Qu’est ce que c’est le réseau quand on discute avec des enseignants ? Ils travaillent à l’intérieur du réseau. Quand on est dans le quotidien de la classe, c’est une bulle. Et cette vision globale du réseau, de l’inter professionnel, du partenariat des différents quartiers du territoire, moi je l’ai construite petit à petit en quatre ans. Mais je vois bien, quand on discute, il y a ce décalage là qui va se créer entre ce que nous coordos on met derrière le réseau, la vision que l’on a, ce qu’on peut proposer en termes de formation, de conférences, inter degré, etc. Dans la construction, comme tu disais, du parcours de l’enfant de la maternelle au lycée quand on est enseignant. Moi j’ai aussi été enseignante. On est tellement dans le quotidien de sa classe avec tout ce qui se passe, tous les plans français, maths, constellations, laïcité où il faut maintenir un peu l’ordre social et tout ce qui explose de partout, ce qui rentre dans l’école en vase clos. Forcément que la vision du reste du réseau et ce qu’il y mettent derrière, ils l’ont pas construit pareil. Ce n’est pas la même conception que la nôtre. Et d’ailleurs il y a parfois des incompréhensions en équipe quand on discute ou quand on est en formation, ou quand on propose des choses ou en conseil d’école aussi. Je comprends qu’on n’est pas forcément sur le même registre. Il faut rajouter que ces malentendus sur le réseau sont dus aussi au fait que par rapport aux partenaires, les enseignants n’ont pas la possibilité d’être remplacés. Comme ils n’ont pas la possibilité d’être remplacés, ils ne connaissent pas les partenaires. Et ils n’ont pas le temps de les voir, ils ne le font pas et ça veut dire que c’est nous qui sommes à la jonction de ça. Mais même les pilotes ne savent pas exactement à quoi servent les partenaires.

Coordo
Quelle est la part dans votre temps de mission qui est consacrée au second degré ?
C’est à dire de présence dans l’établissement ? Parce que vous avez parlé beaucoup de partenariat. Vous parlez beaucoup de l’importance de travailler avec les partenaires et on sent bien qu’il y a une faiblesse du côté du second degré. Moi, ma question est : quel temps consacrer à cette collaboration inter degré ? Je n’ai même pas les liens avec le collège. Je suis anciennement professeur de français. J’ai enseigné en ZEP pendant 20 ans. Donc il y a une vraie interrogation.

Coordo
Moi c’est une journée sur les quatre, c’est une journée en présentiel et en lien uniquement avec le collège, sans compter l’inter degré etc.

Coordo
C’est à dire avec les collègues du collège ou avec le pilote du collège ?

Coordo
Les deux. C’est à dire que j’ai deux réseaux et je suis une demi journée sur chaque collège. J’essaye au maximum en fonction de l’agenda parce que si j’ai une formation, je ne peux pas y être. Mais du coup, une demi journée par semaine pour chaque collège où vraiment physiquement je suis sur le lieu. Et du coup si j’ai besoin, il y a des actions avec les professeurs. Je suis en salle des profs ou je suis dans les bâtiments avec les pilotes et je travaille. Parfois je vais les voir, ou je suis sur mes dossiers, et puis après en fonction des projets, je peux être amené à y être plus souvent ou moins souvent.

Coordo
Comment tu arrives à t’y tenir ?

Coordo
J’essaye vraiment d’aller une demi journée dans l’établissement.

Coordo
Tu es reçue systématiquement ?

Coordo
Cela dépend des pilotes. On m’a dit que ce serait peut être mieux d’envoyer un mail avant de venir frapper à la porte. On me l’a fait une ou deux fois, trois fois et après je n’y suis plus allé parce que je voyais que je dérangeais. Et puis là maintenant c’est : « Rentrez enfin, allez y, installez vous, Vous voulez un petit café ? Bon ben voilà, là du coup on est sur d’autres postulats de départ. » J’essaie de m’y tenir. Après par contre, parfois je ne peux pas parce que j’ai une formation au premier degré, parce que j’ai d’autres obligations. Et bien là je préviens, je dis que je ne serai pas là et là il n’y a pas de souci. Mais en même temps ça m’arrive aussi si je ne peux pas venir le mardi d’essayer de venir le jeudi. Enfin c’est toute une construction d’agenda.

Coordo
Oui, l’agenda change tout seul. Moi aussi je suis sur deux réseaux, donc j’ai quatre pilotes, et deux collèges dans la semaine. J’essaye aussi de faire une journée complète dans chaque collège, mais dans les salles des profs, parce que c’est là où tout se passe en fait. Parce que forcément, l’administration, les chefs d’établissement ne sont pas toujours disponibles, ils gèrent leur établissement. J’ai un REP et un REP+ plus et les pilotages sont complètement inégaux. Clairement dans le REP+, on a un vrai travail ensemble, premier et second degré. Parce que les pilotes croient au réseau, ils essaient de se voir. On a des comités de pilotage où sont inclus les directeurs des écoles et moi je suis toujours dans ce collège de REP+, j’y suis toutes les semaines, alors ça varie selon les semaines, une journée ou deux, ça dépend des missions. Là, on prépare l’école ouverte. J’y étais hier et je travaille bien avec le chef d’établissement du collège, mais je connais tous les enseignants. Ils me connaissent, ils viennent parfois me voir, me solliciter pour des projets ou pour faire un lien avec les partenaires ou parce qu’ils ont des idées, des besoins de projets. Ils peuvent proposer des choses comme ça et je suis bien identifié. Et dans l’autre collège aussi. Voilà, j’y suis une journée ou deux par semaine, pareil, là dans la salle des profs. Je ne veux pas de bureau en fait, parce que les collègues, ils me connaissent bien, les profs me connaissent bien, je peux leur proposer des choses, ils me proposent des choses, on fait le lien. Et puis en fait, à travers eux, avec eux, on voit comment on peut faire le lien avec le premier degré et les enseignants. Parce que le CEC, ça fonctionne pas très bien, les pilotes l’organisent pas vraiment et n’ont pas eux de temps de rencontre. Alors que le REP+ c’est un collège, c’est un conseil qui se tient au collège du réseau, là, il y a de la maternelle jusqu’au collège.

Coordo
Il y a les partenaires aussi qui sont invités. On construit les choses ensemble, avec les pilotes, les directeurs des écoles, on choisit des thèmes. On a eu là une conférence sur la motivation. On suit des groupes de travail inter degré avec des actions mises en place. Donc là, tous les enseignants des deux collèges, en fait, à travers les enseignants, ils connaissent maintenant, au bout de quatre ans, le rôle et les missions du coordo, là où on peut vraiment travailler ensemble, faire de l’inter degré sans forcément passer par les pilotes qui ne sont pas disponibles dans leur quotidien. En fait, le chef d’établissement, il est là, dans son bureau, il vient parfois dans la salle des profs. Et puis ils identifient pas tous l’IEN parce qu’elle est dans sa circonscription où elle, elle gère ses écoles, elle a une cinquantaine d’écoles. Le réseau c’est six écoles. Donc bon, elle m’a fait comprendre que c’est à la marge.

Coordo
Nous, toute la circonscription est en réseau d’éducation prioritaire. Donc les 50 écoles.

Coordo
Ça change tout. Quand c’est beaucoup.

Coordo
En ce qui me concerne, j’ai deux réseaux aussi. Avant, j’avais une journée consacrée au collège, mais maintenant c’est terminé. J’y vais de façon informelle et je vais même dire que ça peut être tellement compliqué de voir les pilotes second degré que, en fait, je me faufile entre deux rendez-vous parce que sinon j’arrive plus à les voir. Alors ça, c’est pour un réseau. L’autre réseau, j’écris un petit SMS la veille et je dis « est ce qu’on peut se trouver un moment, cinq minutes, juste cinq minutes en début de matinée, en milieu ou en fin, ou comme vous le souhaitez ». Et c’est comme ça que j’arrive à voir le second degré. Sinon, alors allez dans la salle des professeurs. C’est quand même compliqué encore pour moi parce que je ne suis pas forcément connue, les gens ont du mal à m’identifier. Par contre, voir les personnes en particulier c’est beaucoup plus facile et ça me permet d’avoir du lien avec les autres. Mais aller dans la salle des professeurs, c’est compliqué, trop dur, trop dur émotionnellement. Pour moi c’est compliqué parce que j’ai toujours été regardée de travers et on me dit bon, qu’est ce qu’elle vient faire. En ce qui me concerne, c’est comme ça. Et du coup, c’est un peu pareil. Je ne perds plus mon temps en salle des profs. Je suis toujours sympa, mais je vais voir directement les professeurs avec qui je travaille, avec qui je propose des projets. Donc c’est vrai que, en termes de temporalité, ça peut être très variable en fonction des semaines et en fonction des projets pour lesquels je vais être amenée à voir les professeurs. Je peux aller au collège quatre ou cinq fois dans la semaine, ou parfois juste une ou deux fois, et puis en fonction des collèges. Et en ce qui me concerne, c’est pareil, je n’arrive pas vraiment à quantifier le temps passé. Dans le second degré, mais je m’efforce quand même d’y aller.

Coordo
Je vais souvent dans la salle des profs pour essayer de me faire connaître, ce qui est très inconfortable parce que souvent on entend des commentaires pas très agréables. C’’est pas toujours agréable d’essayer de se justifier. Mais en même temps, comme je viens d’arriver, je tiens vraiment à ce qu’on puisse m’identifier. Ça a porté ses fruits parce que là, il y a certains enseignants maintenant qui viennent vers moi pour mettre des choses en place. Mais j’ai l’impression bizarrement paradoxalement, de privilégier le second degré par rapport au premier degré parce que le second degré, ça reste un collège dans chaque réseau, une salle des profs par collège. Par contre à côté il y a quand même quinze écoles et je n’arrive pas à aller voir toutes les autres écoles toutes les semaines alors que j’arrive à aller au moins une fois par semaine dans chacun des collèges.

Coordo
Est ce que tu as été présenté dans les écoles par le pilote. Est ce que tu as été présentée auprès de son équipe ?

Coordo
Oui.

Coordo
Ça c’est bien.

Coordo
Mais c’est vrai que, encore une fois, je me demande si c’est ce qu’il fallait faire ou pas. Mais j’ai la sensation de privilégier le second degré au premier degré parce que c’est plus simple d’un point de vue technique.

 

Voir la sous-rubrique Coordonnateurs (Rencontres/Journées et Productions OZP) et en bas de la page la liste des MC

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