> Les rubriques antérieures à nov. 2025 (archive) > PILOTAGE nation., acad. et local (hors EP) > Pilotage national (hors EP) > Pilot. national. Nominations (EP et hors EP) > Nicole Belloubet nommée ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Nicole Belloubet nommée ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse

9 février 2024

Nicole Belloubet souhaite l’instauration « très rapide d’un dialogue » avec les enseignants
Après quatre semaines marquées par une succession de polémiques concernant l’ancienne ministre Oudéa-Castéra, Nicole Belloubet a promis, vendredi, aux enseignants de renouer le dialogue.

Extrait de lemonde.fr/education du 09.02.24

 

Belloubet : Reset ?

Alors que le Conseil supérieur de l’éducation vient à nouveau de voter, à la quasi-unanimité, contre une réforme phare d’Emmanuel Macron (celle du collège), la nomination de Nicole Belloubet au ministère de l’Éducation nationale ouvre-t-elle une nouvelle période ? La nouvelle ministre vient de la gauche et a assumé des positions courageuses sur l’éducation. Est-ce le moment d’un “reset” de la politique éducative gouvernementale ?

Bayrou était 100% compatible…

On ne se poserait pas la question d’un “reset” avec François Bayrou. Alors même que l’ancien ministre de l’éducation (1993-1997) crie son désaccord sur le fond avec la politique éducative d’Emmanuel Macron, il suffit de se reporter dans un passé proche pour constater qu’il partage les idées du président de la République. Il suffit de relire le programme éducatif de l’ancien candidat à la présidentielle. En 2012, F Bayrou dit qu’il “faut installer le verbe instruire dans notre pays” et s’insurge contre “l’école qui abaisse le niveau“. Il prône le respect à l’école et annonce une pédagogie alignée sur les résultats. En 2012, F. Bayrou plaide pour les classes de niveau. Il veut “un bac d’excellence” pour les élèves forts et demande le renforcement des fondamentaux au primaire. “Aucun élève ne doit entrer au collège s’il n’est garanti qu’il maitrise la lecture et le calcul”, écrit-il. Il veut en finir avec le collège unique et demande “un collège diversifié” avec la mise à l’écart des élèves faibles. On croirait entendre le président de la République.

F. Bayrou est aussi un grand défenseur de l’école privée. Nommé ministre en 1993, il tenta (en vain) de faire passer une loi libérant le financement par les collectivités locales des établissements privés. Du programme Bayrou de 2012 à l’Ecole de demain, l’ouvrage de Blanquer de 2016, aux décisions d’Emmanuel Macron avec le Pacte et la privatisation de la gestion de l’Education nationale, il y a continuité. Ce sont le même courant qui s’exprime, les mêmes conceptions, la même défense des inégalités sociales. Les idées de François Bayrou sont totalement compatibles avec la politique éducative macronienne. Mais, visiblement, l’homme ne l’est pas.

Une ministre “pédagogiste” ?

Et Nicole Belloubet ? Deux fois rectrice, à Limoges (1997-2000) puis Toulouse (2000-2005), la nouvelle ministre a eu l’occasion de prendre position sur l’École. D’abord en démissionnant en 2005 contre des suppressions de postes dans son académie et aussi contre la suppression des Travaux Personnels Encadrés, un dispositif pluridisciplinaire initiant les lycéens généraux aux recherches du supérieur. Elle a ensuite défendu ses idées comme vice-présidente PS de la région Midi Pyrénées en charge de l’éducation de 2010 à 2013.

En 2016, devenue membre du Conseil constitutionnel, elle publie dans la revue Après demain (n°40) un article qui ferait frémir les macronistes. Elle y dénonce “l’entre-soi des classes homogènes dans l’enseignement privé” et se moque des conservateurs. “Loin des fariboles sur la restauration de l’autorité ou le port de la blouse, ceux qui sont réellement confrontés aux tâches éducatives cernent aujourd’hui l’essentiel : il faut sortir du cadre rigide du cours magistral, laisser du temps et de l’autonomie aux jeunes, ménager le droit à l’erreur dans les processus d’apprentissages, moderniser les supports en considérant les possibilités offertes par le numérique au prisme de leur intérêt pédagogique“, écrit-elle. Elle milite pour la pédagogie de projet et demande une revalorisation des enseignants.

Ses prises de position lui valent des amitiés chez les hauts cadres de l’Education. Mais aussi des inimitiés dans la “centrale”. Le surnom qu’elle a inventé pour un des personnages ténébreux dont la carrière a été boostée très haut, très haut par JM Blanquer a encore cours rue de Grenelle. Elle va maintenant le croiser dans les couloirs comme ministre…

Mais dès 2016, Nicole Belloubet appelle à une transformation de l’Ecole qui est proche des projets d’Emmanuel Macron. Si elle veut que les enseignants soient revalorisés, c’est qu’elle pense que la clé du redressement de l’Ecole passe par l’implication des enseignants. C’est parce qu’ils ne le sont pas que cela va mal. Ainsi elle veut aussi que leur carrière se décide localement par le chef d’établissement. “Une approche plus locale exige également une forte déconcentration des affectations et de la gestion des ressources humaines de plus de 800 000 enseignants. Cela seul assurera l’implication des personnels… Cette logique impose de conférer le pouvoir de choisir l’affectation de l’enseignant à celui qui a l’expertise pour ce faire au niveau où les besoins éducatifs sont le mieux identifiés. Même s’il faut un pouvoir régulateur de niveau supérieur, c’est le chef d’établissement qui est le garant de l’unité et de la réussite de son équipe“. L’ancienne rectrice plaide pour une large autonomie des établissements. Un credo 100% compatible avec le projet éducatif du président.

Aller plus loin dans le nouveau management

Le texte va plus loin. Nicole Belloubet défend l’idée de la territorialisation de l’éducation. “Un rapide regard sur les 35 pays membres de l’OCDE permet d’esquisser deux lignes directrices  : partout les systèmes sont plus décentralisés qu’en France (dans plus des 3/4 des pays, les enseignants sont gérés au niveau local soit par les collectivités soit par les établissements) ; partout les établissements sont plus autonomes“, écrit-elle. “Même lorsqu’elles entrent dans la pédagogie, il ne faut pas craindre cette extension des compétences des collectivités“.

Le thème de la territorialisation a été lancé par JM Blanquer à propos de la gestion des enseignants. Son “Grenelle de l’éducation” voulait rompre avec les règles d’affectation pour la confier aux chefs d’établissement. L’ancien ministre y était acquis dès 2016. Ce courant, ancien, réformateur et décentralisateur revient en force actuellement. Par le projet de loi Brisson au Sénat, par la nouvelle mission d’information impulsée hier dans la même assemblée, et aussi par une récente tribune d’experts. Elle a été précédée par un récent rapport de la Cour des Comptes qui appelle, par exemple, à en finir avec les concours de recrutement. Derrière tous ces textes il y a l’idée centrale que la crise de l’éducation vient des enseignants et que c’est par la pression sur eux que l’on améliorera les choses. Cela peut se décliner sous les formes technocratiques des appareils d’Etat ou emprunter des oripeaux libéralo-sympa. Mais au fond c’est la même chose. C’est la formule du nouveau management public.

Alors “reset” ou pas ? C’est le paradoxe de la politique de voir Emmanuel Macron écarter celui qui est au plus près de ses idées éducatives pour lui préférer une personnalité venant de la gauche. Peut-être aussi devait il rééquilibrer son gouvernement en ce sens.

Mais Nicole Belloubet arrive rue de Grenelle en toute connaissance de cause. Elle va assumer de porter une réforme de la voie professionnelle qui a fait l’unanimité du Conseil supérieur de l’éducation contre elle. Elle va mettre en œuvre une réforme du collège qui vient d’obtenir un vote hostile quasi unanime. Elle ne vient pas là pour écouter les enseignants. Au contraire, son arrivée peut impulser une nouvelle étape vers l’autonomie des établissements et la déstructuration de l’Éducation nationale. C’est le projet d’Emmanuel Macron.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 09.02.24

 

Belloubet : les syndicats rassurés mais pas dupes

Amélie Oudéa-Castéra sera restée 29 jours. Le plus court passage au ministère de l’Éducation nationale de la cinquième république. Un passage court, mais qui marquera durablement les esprits. Empêtrée dans les polémiques dès le premier jour, l’ex-ministre n’aura pas su s’imposer au sein du très technique ministère de l’Éducation nationale. Nicole Belloubet, nouvelle ministre, a l’avantage de connaitre la maison, ce qui rassure une bonne partie des organisations syndicales qui votaient hier à la quasi-unanimité (une abstention du côté des organisations lycéennes) contre le « choc des savoirs » au conseil supérieur de l’éducation. Pour autant, aucun syndicat – d’enseignants et de cadres, n’est dupe : la marge de manœuvre qu’aura la nouvelle locataire de la rue de Grenelle semble inexistante.

« C’est la cinquième ministre en deux ans », s’agace Sophie Vénétitay du Snes-FSU. « Il va falloir un peu de sérieux. Il faut arrêter les diversions, les gadgets et traiter enfin réellement l’Éducation nationale ». Si la responsable syndicale salue le départ d’Amélie Oudéa-Castéra, elle fustige Emmanuel Macron qui « a mis du temps à prendre la mesure de la crise, à nous écouter ». Le passage d’Amélie Oudéa-Castéra à la rue de Grenelle aura « durablement abimé l’Éducation nationale ».

Rassurés par le départ d’Amélie d’Oudéa-Castéra mais loin d’être dupes

Quant à la nomination de Nicole Belloubet, Sophie Vénétitay reconnait sa connaissance du monde de l’éducation, pour autant, elle s’interroge sur la ministre que sera la nouvelle locataire de la rue de Grenelle. « Sera-t-elle l’ancienne rectrice capable de démissionner, car en désaccord avec la politique menée ? La juriste qui ironisait sur l’uniforme et l’autorité ? Ou une ministre collaboratrice ? ». « C’est en tout cas, une ministre au pied du mur », poursuit-elle. « Elle arrive dans un moment de crise. Elle doit en prendre la mesure. On veut la rencontrer en urgence sur les salaires et le choc des savoirs ». « Si sa première décision est de publier les textes choc des savoirs, ça sera une grande provocation », prévient la secrétaire générale du premier syndicat des enseignants du second degré.

« Tout ça pour ça », s’exaspère Guislaine David, porte-parole de la SFU-SNUipp, syndicat des enseignants du premier degré. « Quatre semaines de mépris et de mensonges pour arriver à ce changement de ministre. On a alerté dès le début, on demandait un ministère de plein exercice. C’était évident qu’on en avait besoin. On a un ministère en crise ». Si la secrétaire générale voit d’un bon œil le départ d’Amélie Oudéa-Castéra, elle doute toutefois de la possibilité pour la nouvelle ministre de bouger les lignes. « C’est Attal et Macron qui mènent la danse. Si elle a une marge de manœuvre, ça se verra rapidement et on pourra discuter… Mais j’ai peu d’espoir. Nous ne sommes pas dupes, Bayrou n’a-t-il pas expliqué refuser le poste, car on ne lui laissait pas les coudées franches ? ». « De toute façon, il faudra qu’elle entende la colère qui s’exprime – dans les manifestations, dans les grèves, dans les mobilisations contre les fermetures de classe…, il y a une opposition ferme de la profession. Les enseignants demandent des moyens pour faire fonctionner l’école. Et Nicole Belloubet sait ce que c’est d’avoir besoin de moyens » avertit-elle.

Au SE-Unsa aussi, on explique aussi ne pas être dupe. « Si le SE-Unsa ne se fait pas d’illusion sur la continuité de la feuille de route macronienne, il demande solennellement à Madame Belloubet d’abandonner le projet du « choc des savoirs ». En effet, ce projet, qui n’a jamais répondu aux difficultés que rencontre l’École, ne gagnera pas en légitimité malgré la nomination d’une énième ministre ». « Le pilotage de l’École a besoin de stabilité, les enjeux sont d’ampleur pour toute la jeunesse et l’avenir d’un pays. Il ne s’agit pas seulement de nommer un VRP de la politique éducative arrêtée par le président de la République ou le Premier ministre. Or ces dernières années, le changement perpétuel de pilotage renvoie une image de grande fragilité qui nuit à l’École, ses élèves et ses personnels », écrit le syndicat.

Chez SUD éducation, on se dit soulagé par le « départ, attendu et réclamé par des centaines de milliers de grévistes », « un soulagement pour toutes celles et ceux qui croient en l’école publique ». « Mais sa disgrâce n’apaisera pas les personnels, qui se battent contre une politique éducative de tri social. La quasi-unanimité exprimée encore aujourd’hui en Conseil supérieur de l’éducation contre les mesures du “choc des savoirs”, dont la mise en place de groupes de niveau en collège, est révélatrice de l’opposition massive aux réformes passéistes imposées de manière autoritaire » écrit le syndicat qui indique sur son compte X (Twitter) maintenir la pression et « exiger une politique de défense de l’école publique, des élèves et des personnels ».

« Malgré les rumeurs depuis quelques jours », Catherine Nave-Bekhti du Sgen-Cfdt nous dit être « un peu de surprise » tant Nicole Belloubet a eu par « le passé des positions en matière éducative qui ne vont pas dans le sens de la politique souhaitée par le président de la République et le Premier ministre ». « Soit elle a des marges de manœuvre, soit le désaccord en matière de politique éducative va demeurer », ajoute la secrétaire générale. « Il est temps que nous ayons un ministère qui fonctionne, où le dialogue reprend sur les dossiers en suspens depuis un mois. Nous considérons qu’il faut revoir le calendrier sur la formation initiale. Nos urgences sont les conditions de travail, la rémunération, les conditions de l’école inclusive et la mixité sociale ».

Chez les cadres aussi, peu d’espoir de changement

Du côté des syndicats de l’encadrement – inspecteurs et chefs d’établissement, si l’on se satisfait du départ d’Amélie Oudéa-Castéra, on attend surtout des actes de la nouvelle ministre.

« Il va falloir reconstruire la crédibilité de la parole politique et renouer la confiance », prévient Igor Garncarzyk, secrétaire général du snU.pden-FSU. « Le changement de ministre n’augure hélas pas d’un changement de politique bien que ce soit de cela dont l’Éducation nationale a grand besoin. Nathalie Belloubet connaît bien notre institution. Elle sait l’incohérence et les dangers des réformes annoncées. Espérons qu’elle aura le courage et les opportunités de redonner espoir et objectifs positifs à l’éducation nationale : croire en la possibilité de faire réussir tous les élèves et pour cela, nécessite d’une représentation positive des mixités sociales et scolaires et la lutte contre les déterminismes ».

Audrey Chanonat, du SNPDEN, salue l’expertise de la nouvelle locataire de la rue de Grenelle, « c’est une bonne chose d’avoir une interlocutrice qui connait le fonctionnement du ministère ». « Cependant la tâche va être difficile, car les dossiers à venir sont épineux », observe-t-elle.

« Faut-il que tout change pour que rien ne change ? », ironise Agnès Andersen d’ID-FO. « Ce qui importe c’est la feuille de route et donc la politique menée. Nous attendons un changement de gouvernance. Notre boussole, ce sont nos revendications en matière de rémunération, de conditions de travail et de moyens pour préparer la rentrée ».

Voie professionnelle : le syndicat demande l’abrogation de la réforme

Quant au professionnel qui perd son « ministère » puisque la ministre Carole Grandjean n’est pas remplacée, le Snuep-FSU prévient « les deux premières exigences que le SNUEP-FSU portera auprès de la nouvelle ministre sont d’une part qu’elle abroge la réforme des lycées pros et, d’autre part, que la voie professionnelle publique et laïque sorte des griffes du ministère du Travail et retrouve sa place pleine et entière dans l’Éducation nationale ». Le syndicat n’hésite pas à alpaguer la ministre sortante, dont il salue le « courage » . « Après avoir scrupuleusement organisé le démantèlement de nos lycées pro, mis en péril l’avenir des jeunes et dégradé les conditions de travail de tous les personnels, se dérobe de ses responsabilités en fuyant furtivement « le service après-vente » de sa réforme qui s’annonce explosif dans nos établissements. Elle désobéit donc à son Premier ministre qui avait pourtant insisté sur la formule « tu casses, tu répares » dans son discours de politique générale ! » tacle le syndicat du lycée professionnel.

Lilia Ben Hamouda

Extrait de cafepedagogique.net du 09.02.24

 

Nicole Belloubet : “un parcours particulier, intéressant et contrasté”

Nicole Belloubet est la troisième femme à être nommée ministre de l’Education nationale et succède à Amélie Oudéa-Castéra qui bat le record de brièveté à la tête de ce poste : 29 jours (11 janvier-8 février 2024) détenu jusqu’alors par François-Xavier Ortoli : 39 jours (31 mai-10 juillet 1968)

Nicole Belloubet fait partie du tiers des ministres de l’Education nationale qui ont été auparavant professeurs (une douzaine, qui sont tous agrégés) . Née en 1955 à Paris (père ingénieur et mère gérante d’un petit hôtel parisien), elle a fait de brillantes études secondaires et universitaires. Elle est reçue deuxième de l’agrégation de droit public en 1992.

Nicole Belloubet est aussi la troisième personne devenue ministre de l’Education nationale a avoir été auparavant à la tête d’un rectorat, à l’instar de René Haby (ministre de l’EN pendant 3 ans et dix mois, du 27 mai 1974 au 1978) et de Jean-Michel Blanquer ( ministre de l’EN pendant 5 ans, du 17 mai 2017 au 20 mai 2022). On notera que leur longévité à nettement dépassé la longévité de la bonne trentaine de ministres de l’Education nationale sous la Cinquième république qui est en moyenne d’un peu moins deux ans.

De 2000 à 2005 Nicole Belloubet a été présidente du Comité interministériel de pilotage pour la promotion de l’égalité des sexes dans les systèmes éducatifs. En 2001, à la demande de Jack Lang, alors ministre de l’Education nationle, elle rédige un rapport intitulé « Trente mesures p6our lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements scolaires » puis en 2002, un second rapport présentant trente mesures pour l’avenir du lycée.

Ancienne rectrice de Limoges (1997-2000) puis de Toulouse (2000-2005), Nicole Belloubet a la particularité d’avoir démissionné de son poste suite à la décision de Nicolas Sarkozy et de François Fillon de supprimer de très nombreux postes d’enseignants et de mettre fin aux TPE, un dispositif pluridisciplinaire au lycée. Le 2 mars 2005, elle déclare publiquement : « Je ne pense pas trouver désormais la force de conviction suffisante pour servir le ministère de l’éducation nationale au niveau de détermination qu’exige ma conception de l’éthique professionnelle »

Nicole Belloubet a adhéré au parti socialiste en 1983. Elle a été première vice-présidente du Conseil régional du Midi-Pyrénées de mars 2010 à mars 2013. Elle a été membre du Conseil constitutionnel de mai 2013 à juin 2017. Elle a été Garde des Sceaux ministre de la Justice du 21 juin 2017 (à la suite de François Bayrou) au 6 juillet 2020, date à laquelle elle a été remplacée par Eric Dupont-Moretti.

Un parcours particulier, intéressant et contrasté…

Claude Lelièvre

Extrait de cafepedagogique.net du 09.02.24

 

Nicole Belloubet, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse

L’Elysée vient d’annoncer le remplacement à l’Education nationale et à d’Amélie Oudéa-Castéra par Nicole Belloubet. Celle-ci, née en 1955, est juriste, professeure de droit constitutionnel.

Elle adhère au PS en 1983, parti qu’elle quitte en 2013

Elle a soutenu sa thèse en 1990, et a été reçue à l’agrégation de droit en public en 1992

Elle est rectrice de l’académie de Limoges de 1997 à 2000 puis de celle de Toulouse entre 2000 et 2005. Elle démissionne pour protester contre la diminution du nombre d’enseignants et la suppression des travaux personnels encadrés.

En 2001, à la demande de Jack Lang, alors ministre de l’Éducation nationale, elle avait rédigé un rapport sur les violences sexistes et sexuelles dans les établissements scolaires puis en 2002, un rapport présentant "trente mesures pour l’avenir du lycée".

De 2000 à 2005, elle est présidente du Comité interministériel de pilotage pour la promotion de l’égalité des sexes dans les systèmes éducatifs

De 2000 à 2013, elle est présidente de Foeven (les œuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale)

De 2008 à 2010, elle est première adjointe au maire (PS) de Toulouse

De 2010 à 2013, elle est première vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées

En 2013, elle est nommée au Conseil constitutionnel et quitte ses fonctions électives.

En juin 2017, elle est Garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 6 juillet 2020 où elle laisse la place à Eric Dupond-Moretti, après avoir été affaiblie par plusieurs polémiques, après qu’elle a critiqué le fonctionnement de la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla, puis sur le rôle des juges d’instruction et sur la nomination du procureur de Paris, enfin sur ses déclarations la jeune Mila, menacée de mort pour ses propos injurieux pour l’Islam. Elle est alors accusée de chercher à rétablir le délit de blasphème. Sa déclaration de patrimoine fait également l’objet d’une controverse.

Avec Wikipedia (ici)

Par ailleurs, Sarah El Haïry est ministre déléguée auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, de la ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse et du garde des Sceaux, ministre de la Justice, chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles

A noter que Carole Grandjean, à l’enseignement et à la formation professionnels n’est pas remplacée.

Extrait de touteduc.fr du 08.02.24

 

Nomination de Nicolle Belloubet : après la crise AOC, les syndicats demandent un changement de politique (SNES-FSU, SE-UNSA, SNUIPP-FSU, SNUEP-FSU, SUD Education)

Du “jeu de chaises musicales“ (SNES-FSU) à la “valse des ministres“ (SE-UNSA), les organisations syndicales de l’éducation ont durement réagi suite à la nomination de Nicole Belloubet en tant que ministre de l’Education nationale.

Celle-ci vient en effet clore la séquence marquée par le passage d’Amélie Oudéa-Castéra au ministère, “une perte de temps considérable“ (SNUIPP-FSU, 1er degré) de “4 semaines de mépris et de dénigrement“ (SNES-FSU, second degré) pendant lesquelles “le fossé n’a cessé de se creuser entre les personnels et la ministre“.

“Ministre hors-sol, déconnectée de la réalité de l’École“ (SNUEP, syndicat FSU de l’enseignement professionnel), tombée en “disgrâce“ (Sud Education), la ministre rétrogradée à son ancien portefeuille a été “remerciée avant la fin de sa période d’essai“, et son passage “aura été aussi rapide que remarqué tant elle s’est faite l’incarnation d’un séparatisme social, celui de l’entre-soi des ultra-riches, qui scolarisent leurs enfants dans les mêmes écoles privées arrosées d’argent public.“

Le SE-UNSA se dit surtout “consterné par la manière dont l’École est considérée, ou plutôt déconsidérée“ et estime que, plutôt qu’un “VRP de la politique éducative“, “le pilotage de l’École a besoin de stabilité“. Ainsi, au-delà du “petit tour“ d’AOC au ministère (SUD), il s’agit pour les organisations syndicales de répondre à la “crise profonde“ que traverse l’Education nationale (SNES-FSU), notamment en abandonnant les mesures du dispositif “Choc des savoirs“ lancé par Gabriel Attal le 5 décembre avec la volonté de le mettre en place “à marche forcée“ (SNUIPP-FSU). Il est également question que la nouvelle ministre “abroge la réforme des lycées pros“ (SNUEP-FSU) alors qu’aucun ministre ou secrétaire d’Etat n’est venu remplacer Carole Grandjean. Les organisations syndicales attendent aussi que l’ancienne Garde des sceaux agisse sur les fermetures de classes, les carrières et conditions de travail des personnels, l’inclusion, la mixité sociale et scolaire… “Réformer contre les enseignantes et enseignants, conclut le SNUIPP, plusieurs anciens ministres s’y sont essayé et cela a toujours été voué à l’échec.“

Extrait de touteduc.fr du 09.02.24

 

Voir la sous-rubrique Pilot. national. Nominations (EP et hors EP)

Répondre à cet article