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Prévention de la délinquance et contrôle social : l’exemple de l’internat éducatif et de la réussite éducative

28 février 2006

Extrait du site « Collectif national unitaire », le 28.02.06 : Prévention de la délinquance : la face autoritaire de l’Etat néolibéral

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En 2003, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, élabore un projet de loi de prévention de la délinquance qui soulève immédiatement les critiques de magistrats et de travailleurs sociaux. Le gouvernement quant à lui est alors peu pressé d’avaliser ce projet, mais une « Commission prévention » du Groupe d’Etudes parlementaire sur la Sécurité Intérieure (GESI) se met en place, à l’initiative de Christian Estrosi, le « poisson pilote » de Sarkozy. Elle est présidée par le député UMP Jacques-Alain Bénisti, maire de Villiers-sur-Marne, qui remet, en octobre 2004, le rapport préliminaire des travaux de la Commission au ministre de l’Intérieur d’alors qu’est Dominique de Villepin.
Le projet de loi de 2003 et le rapport Bénisti de 2004, parfaitement convergents dans leurs analyses et leurs propositions, ont fait l’objet d’une précédente présentation -partielle- par la Commission DLA sous le titre « La place de l’école dans les dispositifs répressifs. »

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Dans le texte de Sarkozy comme dans le rapport du GESI, l’internat scolaire est l’institution qui permet à la fois la promotion des plus méritants (politique d’égalité des chances) et l’étroite surveillance des plus récalcitrants (politique de prévention de la délinquance). A défaut de « combler les handicaps liés à l’habitat, l’environnement social ou au revenu », on pourra toujours distribuer des bourses à ceux que le maire aura désignés comme les « meilleurs », ou à ceux qui auront réussi au concours général spécial ZEP.
Ces suggestions de l’ « exposé des motifs » sont en cohérence avec la politique du ministre de l’Education qui veut autoriser les meilleurs élèves fréquentant les établissements classés en ZEP à déroger à la carte scolaire pour pouvoir intégrer les « bons » établissements. « L’égalité des chances » est bien un concept libéral qui veut nier l’origine sociale de la réussite scolaire, pour lui substituer la réussite individuelle. Dès lors, l’aspiration à l’égalité sociale est présentée comme dépassée et ringarde.

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Examinons par exemple le fonctionnement des structures de « Réussite éducative de Tours ». Chaque enseignant exerçant en ZEP a la possibilité de proposer à 3 enfants et à leurs familles d’intégrer ce soutien « individualisé et personnalisé ». Il doit à cette fin remplir un formulaire détaillé, nommé « Fiche Ecole » comportant 3 rubriques à renseigner.
La première concerne l’élève, ses difficultés d’apprentissage et de communication, son comportement (agressivité, violence, refus des règles, provocation, tristesse, retrait, passivité etc... on retrouve là le syndrome de « trouble des conduites » cher à notre psychiatrie standardisée), ses absences et retards, sa santé... La deuxième concerne la famille, ses carences dans le suivi scolaire de l’enfant, dans sa pratique de la langue française, dans son « niveau culturel ». L’enseignant doit en outre préciser si la famille a été signalée pour absence de soins et si elle est connue des services sociaux. La troisième rubrique concerne les carences éducatives des parents. Il s’agit de savoir si l’enfant est encadré par des institutions sportives ou culturelles, ou s’il « semble livré à lui-même et passer du temps dans la rue ».

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