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Manque d’enseignants dans la ZEP de Gros-Cailloux à Maurice

25 février 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Express.mu » du 24.02.06 : Quand “sir” n’est pas là...

Des classes sans enseignant. Surtout celle des recalés du CPE. Des élèves qui se tournent les pouces devant leurs livres fermés. Les parents menacent de manifester devant l’école.

Alors que la réforme dans le système éducation est en cours pour, semble-t-il, produire une élite et de meilleurs élèves, l’école primaire de Gros-Cailloux connaît un grave problème. Des élèves sont laissés à eux-mêmes et sont sans enseignants.

Kemraz Ortoo, président de l’association parents-enseignants tire la sonnette d’alarme et les parents menacent de faire une manifestation car ils sont fatigués d’attendre. Le problème, en fait, tourne autour de l’absence d’un enseignant dans une classe de std 1. Selon Kemraz Ortoo, les enfants de cette classe n’ont rien fait depuis la rentrée, en janvier. Il affirme avoir appris que l’enseignant qui devait occuper cette classe est souffrant.

Une visite à l’école permet effectivement de constater que la salle de classe est sans professeur. Le président de l’association parents-enseignants explique que les enfants ont été répartis en différentes salles de classe.

Un peu plus loin, des élèves qui ont échoué une première fois aux examens du CPE, sont aussi sans enseignant. Ils sont une vingtaine à se tourner les pouces. Il y a certes des manuels scolaires sur leur pupitre, mais ils sont fermés. Et pour cause, ces enfants aussi n’ont pas de professeur. Ces élèves, qui ont connu une première fois l’échec, ne méritent-ils pas plus d’attention pour s’en sortir ?

Kemraz Ortoo ne comprend pas pourquoi ils sont laissés à eux-mêmes. “La logique voudrait que ces élèves soient suivis pour réussir les examens qui les attendent, mais au lieu de cela, ils sont mal encadrés”, dit-il. Celui-ci affirme avoir déjà avisé le ministère de l’Education de la situation, mais rien n’a été fait, dit-il.

Il attire aussi l’attention sur les toilettes de l’école. Autrefois, dit-il, il y avait un entrepreneur qui était chargé de leur entretien pendant toute la journée, mais le contrat a été modifié. L’employé en question ne travaille qu’une partie de la journée. Ce qui fait que vers midi, les toilettes sont inutilisables. “Nous avons fait une demande pour que les toilettes datant de 40 ans soient rénovées, mais en vain”, ajoute le président de cette association. Il montre la porte du bâtiment qui est endommagé.

Bonne performance

Kemraz Ortoo n’est pas étonné que l’école ait été placée dans la Zone d’Education Prioritaire (ZEP). Il rappelle que le taux de réussite y était très bas dans le passé, mais avec la construction d’une bibliothèque et l’aménagement d’un jardin d’enfants, les écoliers ont pu montrer qu’ils avaient de l’étoffe en réalisant de bonnes performances aux examens. “Nous notons que le taux de réussite a pris l’ascenseur”, dit-il.

Un officier de la zone 4, responsable de la région de l’ouest au ministère de l’Education, déclare que si les parents ont des doléances, ils doivent prendre contact avec le ministère concerné. De plus, il nie qu’il y ait un problème de manque d’enseignants dans cette école.

Patrick St-Pierre

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