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Actes Journée OZP 2008. Atelier "La culture en éducation prioritaire, un luxe ou une nécessité ?"

22 août 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée nationale OZP : 17 mai 2008

Atelier n°2 de l’après-midi

La culture en éducation prioritaire , un luxe ou une nécessité ?

Animatrice  : Francine Best,
IGEN honoraire

« Voici venu le temps d’affirmer que l’inutile crée de l’utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l’intérêt ne peut exister que dans le désintéressement » : ainsi s’exprimait Emmanuelle Béart dans une interview publiée dans le journal « Le Monde » du 13 mai 2008.

La culture : un luxe ou une nécessité ? Cette interrogation n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1970, Louis Porcher posait cette question dans un ouvrage collectif : « L’éducation esthétique : luxe ou nécessité ? ». Il tentait de cerner la meilleure stratégie à mettre en place pour combler le déficit de culture artistique des enfants et il y indiquait le rôle des pratiques culturelles comme chance pour tous d’accéder aux œuvres de la culture cultivée.

Accrocher la culture, les œuvres de la culture cultivée aux apprentissages n’est pas un luxe, un supplément d’âme, mais une nécessité. C’est une éducation à faire qui entraîne une évolution du rapport aux savoirs, mais aussi aux individus.

Depuis longtemps, cette idée forte est présente dans les démarches des mouvements d’éducation populaire : la création et l’éducation du regard porté sur les œuvres classiques sont deux de leurs idées fortes. Mais au-delà il est indispensable que ces convictions ne restent pas l’apanage de la périphérie de l’Ecole et que l’Education nationale se saisisse de cette question, même si de façon récurrente revient la prépondérance du « savoir lire/écrire/compter », tout particulièrement pour les enfants de milieu populaire. En effet, tout ce qui fait partie de la vie et donc la culture est important, particulièrement la connaissance des arts et les aptitudes à en jouir.

Un essai de définition
La culture est une façon d’aborder le monde, d’interroger tous les savoirs, une démarche intellectuelle, un état d’esprit. C’est aussi une relation particulière à la beauté lorsqu’il s’agit d’oeuvres d’art.

Quelques conditions à réunir
La question qui se pose est : « Comment articuler la création des enfants avec la réception fine des œuvres d’art ? ». L’école maternelle y répond assez facilement et naturellement. Un des pièges à éviter à l’école élémentaire est celui de l’académisme, de la vénération des œuvres du passé : lorsque nous parlons de culture, nous parlons de culture vivante, mais aussi de pédagogie interculturelle.

Dans les établissements classés en éducation prioritaire, il est nécessaire de mettre l’accent sur les œuvres culturelles pour en finir avec le fossé existant entre la culture cultivée et les classes populaires. Cela sous-entend que les enseignants, les adultes doivent avoir une sensibilité à la culture, y croire réellement mais aussi connaître les ressources extérieures sur lesquelles ils peuvent prendre appui.

Dans ces établissements, un obstacle apparaît souvent : celui de la peur des enfants devant la culture. Pour lutter contre cela, il est nécessaire d’aller avec eux, de façon régulière, au musée, au cinéma, au théâtre, de les confronter à toutes sortes d’œuvres d’art et de situations, ces sorties étant bien entendu précédées et suivies d’un travail pédagogique.

La mise en œuvre
La circulaire du 8 mai 2008 insiste tout à la fois sur l’importance des connaissances mais aussi sur celle des pratiques artistiques. Elle constitue une occasion de relancer une dynamique transversale, de réaffirmer que la culture n’est pas l’apanage des seuls professeurs d’histoire ou de lettres mais qu’elle concerne toutes les disciplines.

L’art d’être spectateur, la lecture des œuvres, la critique s’apprennent... et s’enseignent. Mais, pour éviter que cet enseignement ne dépende trop des goûts personnels de l’enseignant, un travail d’équipe effectif, la mise en œuvre de complémentarités et de partenariats définis dans le cadre des contrats de RAR et de RRS ou de projets d’école et ou d’établissement est indispensable. De la même façon, l’établissement de progressions cohérentes, évitant la répétition, de la maternelle au collège est importante. Le renouvellement de l’étonnement dans le regard sur les oeuvres d’art est à préserver pour que tous les enfants, y compris ceux de ZEP, sachent combien l’art,pratiqué et perçu, peut changer la vie.

Compte rendu rédigé par Claude Vollkringer

Quelques ressources

- BOEN n° 19 du 8 mai 2008. Education artistique et culturelle - Développement de l’éducation artistique et culturelle. Circulaire n° 2008-059 du 29-4-2008

- L’éducation esthétique, luxe ou nécessité ? Louis Porcher, Pierre Ferran, Jean-Claude Forquin, Pierre Dargelos, Paris, Armand Colin, 1973

- LES RENCONTRES DE L’OZP
. Cultivons notre ZEP (n° 46, mars 2004) (consultable sur le site OZP)
. Le musée, lieu d’apprentissage pour les ZEP (n°19, février 1999) (consultable sur le site OZP)

- Dossier thématique : Culture et ZEP (consultable sur le site "Education prioritaire")

Ci-dessous une version en format PDF à la mise en page plus élaborée

Documents joints

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