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05.06.07 - La situation dans la ZEP de Villeneuve-la-Garenne (92)

5 juin 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site LCI.fr, le 05.06.07 : Quand des profs disent leur "ras-le-bol" à Sarkozy

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Deux agressions à deux jours d’intervalle survenues mi mai, au collège Georges-Pompidou de Villeneuve-la-Garenne, un établissement des Hauts-de-Seine classé en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et en zone urbaine sensible (ZUS). Le jeudi 10 mai, une élève de 3e de 15 ans aurait été contrainte de faire une fellation à un de ses camarades dans un des couloirs du bahut décrit comme "un véritable labyrinthe" à 11 heures du matin. Le lendemain, en pleine récréation, un élève de 6e était victime d’un "petit pont massacreur". Le principe du jeu ? Celui qui ne rattrape pas le ballon est roué de coups. Le garçon a été tabassé par une dizaine d’enfants.

"Nous avons un surveillant pour s’occuper de 200 élèves", explique Laurence Bras, professeur de mathématiques dans le collège. C’est pour dénoncer ces violences récurrentes et ce manque de moyens quotidiens qu’elle et ses collègues ont délaissé la craie pour prendre la plume et écrire vendredi dernier à Nicolas Sarkozy, nouveau président de la République et ancien président du Conseil général du département. "Que faut il de plus pour que nos revendications soient enfin entendues", s’interrogent ces professeurs.

"Des conditions qui ne sont pas dignes de la République"
"Ce collège a une histoire, raconte Laurence Bras, qui enseigne dans l’établissement depuis 8 ans. Cela a commencé il y a 10-15 ans quand une prof a été rouée de coups de batte de base-ball sans raison sur le parking. Depuis, on est habitué à devoir se mobiliser, il y a d’ailleurs une grande solidarité au sein du corps enseignant". Rien que cette année, outre les deux récentes agressions, le collège a dû faire face à quatre départs de feu, la destruction de l’infirmerie après un incendie volontaire en décembre, "trois mois après, l’infirmière n’avait toujours pas de nouveau matériel, précise la prof de maths".

Les prévisions académiques pour l’année prochaine n’ont rien arrangé au climat ambiant : trois classes supprimées, 93 heures de cours à la trappe, 10 profs en moins, des adjoints d’éducations réclamés à cors et à cris qui ne viennent toujours pas... "C’est pas en nous donnant moins de moyens que ça va aller mieux", se désole Laurence Bras, excédée. Elle cite notamment l’exemple des classes d’enseignement adaptées aux élèves en difficultés (SEGPA) qui se voient amputées d’une trentaine d’heures. "Nos élèves grandissent dans des conditions tout à fait déplorables qui ne sont pas dignes de la République et encore moins du département le plus riche de France", résume la lettre des professeurs à Nicolas Sarkozy.
En mars, les parents d’élèves ont exprimé leur solidarité aux enseignants. Le collège a même été bloqué une semaine "pour protester contre les conditions actuelles d’enseignement" de l’établissement "particulièrement dégradées". Les profs ont été reçus quatre fois par l’inspection académique sans avancées concrètes. Jeudi matin sur France Inter, le ministre de l’Education Xavier Darcos a promis de regarder de très près la situation dans cet établissement.

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