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Inégalités scolaires : le Chili fait le pari calculé de subventionner les écoles des quartiers défavorisés, et ça fonctionne
Boîte à idées mondiale 9/9 – Challenges vous propose un tour d’horizon des solutions inspirantes pour l’emploi des jeunes. Pour ce dernier épisode, rendez-vous au Chili. Depuis 2008, le pays d’Amérique du Sud a mis en place un système de subvention complémentaire pour les établissements accueillants des élèves issus de milieux populaires. La SEP a permis de réduire significativement les inégalités scolaires.
Le coût économique associé à l’éducation d’enfants socialement défavorisés est plus important que pour les enfants issus de milieux privilégiés. D’autant plus quand on sait que les parents des premiers ne peuvent pas se permettre de financer des cours de soutien à leurs enfants. C’est de ce constat assez simple qu’est parti le Chili pour mettre au point un système de financement des établissements scolaires proportionnel à la part d’élèves issus des classes populaires pour réduire les inégalités à l’école puis dans l’enseignement secondaire.
Jusqu’en 2008, le financement était le même pour tout le monde, calculé selon le nombre d’élèves scolarisés dans un établissement. Résultat : un système scolaire fortement inégal. Désormais, depuis un peu plus de 25 ans, l’État chilien attribue une subvention majorée d’environ 50 % aux écoles scolarisant des élèves issus de milieux populaires, appelés « élèves prioritaires ». Ce dispositif, mis en place par la loi Subvención Escolar Preferencial (SEP) augmente ainsi le montant des chèques-éducation versés à certaines écoles et lycées.
Le Chili, pays le plus inégalitaire de l’OCDE
La spécificité de la SEP : elle vient avec une obligation de résultat. En premier lieu, il est interdit aux établissements de faire payer des frais de scolarités aux élèves prioritaires ou de sélectionner leurs élèves sur des critères académiques ou socio-économiques. Mais, surtout, les écoles bénéficiaires doivent mettre en place un Plan d’amélioration éducative (PME) et l’entièreté des financements supplémentaires perçus doit être investie dans la qualité pédagogique, qu’il s’agisse de recrutement de personnel ou d’infrastructures.
Une subvention additionnelle destinée aux établissements accueillant une proportion très élevée d’élèves prioritaires peut également être versée. Au total, en 2025, l’enveloppe budgétaire consacrée à la SEP était de 1 231 milliards de pesos, soit environ 1,1 million d’euros, pour ce pays de 19,9 millions d’habitants et dans lequel un total de 3,5 millions d’élèves sont scolarisés en maternelle, primaire et secondaire.
Pour quels résultats ? Le Chili est le pays membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) où les inégalités sont les plus importantes (son coefficient de Gini était de 0,43 en 2024), d’où la nécessité pour les gouvernements successifs de s’attaquer à ces dernières dès le début de la scolarité. Selon une étude publiée par la Banque interaméricaine de développement (BID) en 2017, « en moyenne, les résultats des élèves ont nettement augmenté et les écarts de résultats liés aux niveaux de revenus ont diminué d’un tiers au cours des cinq années suivant l’adoption du SEP ». En d’autres termes, le pays le plus long du monde a encore des progrès à faire pour l’égalité des chances, mais son système de subventions complémentaires lui a permis de réduire significativement les inégalités scolaires.