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Évaluation des organisations des enseignements de français et de mathématiques en sixième et cinquième
DEPP
Cette étude vise à documenter précisément le déploiement du dispositif des "groupes de besoins" et ses modalités de mise en œuvre au cours de l’année scolaire 2024-2025 ainsi qu’à en évaluer les effets causaux sur les apprentissages des élèves.
Entrée en vigueur en septembre 2024 pour les enseignements de français et de mathématiques en classes de 6e et 5e, la réforme des "groupes de besoins" a été conçue dans le cadre du "Choc des savoirs" comme un levier pour répondre à l’hétérogénéité scolaire dans le but d’améliorer la réussite des élèves.
Les principaux résultats de l’étude
La quasi-totalité des établissements (94 %) ont mis en place des regroupements d’élèves à la rentrée de septembre 2024, mais selon des modalités très différentes.
Les chefs d’établissement déclarent une réduction des effectifs pour les enseignements concernés dans la quasi-totalité des établissements du fait des nouvelles organisations pédagogiques. Les regroupements apparaissent moins flexibles que ce qui était initialement préconisé par le dispositif.
Malgré une perception très défavorable du dispositif au moment de son annonce, l’étude auprès des chefs d’établissement révèle une amélioration du jugement porté par les enseignants au cours de la première année, qui pourrait en partie s’expliquer par la réduction des effectifs dans les groupes. Les perceptions restent cependant contrastées et plutôt négatives concernant certains aspects organisationnels tels que le rôle du professeur principal ou le suivi individualisé des élèves.
Les premières analyses causales des effets sur les apprentissages des élèves scolarisés en classe de 5e en 2024-2025 montrent que les nouvelles organisations n’ont pas eu d’effet significatif sur les scores en français et en mathématiques aux évaluations nationales de début de 4e. Aucune différence statistiquement significative n’est ainsi observée, que l’on compare les élèves de la cohorte concernée en 5e par ces nouvelles organisations pédagogiques à ceux des cohortes précédentes, ou que l’on compare entre eux les élèves de la cohorte concernée selon les modalités d’organisation adoptées par leur établissement.
Ces résultats causaux doivent être interprétés avec prudence : ils ne portent que sur les élèves exposés durant leur année de 5e à ces nouvelles organisations pédagogiques, et s’appuient sur les modalités d’organisation déclarées par les chefs d’établissement. De futurs travaux permettront d’approfondir et de compléter ces résultats en mobilisant davantage de données.
LA SYNTHESE
La rentrée scolaire 2024 marque la première année de mise en œuvre des nouvelles organisations pédagogiques en français et en mathématiques dans les classes de 6e et de 5e. L’étude sur l’organisation des enseignements au collège (EEC), menée par la DEPP auprès d’un échantillon représentatif de 1 500 collèges publics, a permis de collecter, grâce à un fort taux de participation, des données standardisées de qualité sur le déploiement concret du dispositif, les perceptions des chefs d’établissements et coordonnateurs des organisations pédagogiques en français et en mathématiques. L’étude réalisée en collaboration étroite avec une équipe de recherche constituée d’économistes et de sociologues spécialistes de l’évaluation des politiques éducatives mobilise également les résultats aux évaluations nationales de plusieurs cohortes d’élèves concernées ou non par les regroupements afin de mener une première évaluation causale des effets du dispositif sur les apprentissages grâce à deux approches : d’une part, en comparant à l’échelle des établissements les scores obtenus aux évaluations nationales de 4e en français et en mathématiques pour la première cohorte concernée par le dispositif à ceux des cohortes l’ayant précédée ; d’autre part, en comparant la progression d’une année sur l’autre des élèves d’une même cohorte selon le type de regroupement auquel ils ont été exposés.
Au niveau descriptif, les résultats montrent qu’une grande majorité des établissements a mis en place en 2024-2025 une nouvelle organisation des enseignements (94 %), mais selon des modalités très diverses. Les types de regroupements retenus comportent d’une part des groupes hétérogènes sans lien avec le profil scolaire des élèves (21 % des collèges) et d’autre part des groupes formés en fonction du profil scolaire des élèves (50 % des collèges). Cette deuxième catégorie comprend plusieurs modalités : groupes homogènes (19 %), regroupements des élèves en difficulté (15 % des collèges), groupes constitués selon le niveau scolaire des élèves dans les deux disciplines confondues (8 %), groupes formés selon une compétence spécifique (7 %) et, marginalement, regroupements des élèves performants (1 % des collèges). Enfin, 23 % des collèges combinent plusieurs modalités de regroupement parmi celles mentionnées. Les chefs d’établissement déclarent une réduction des effectifs dans les groupes d’enseignement de français et de mathématiques dans la quasi-totalité des établissements du fait des nouvelles organisations pédagogiques ainsi que d’importants ajustements organisationnels, obligeant les établissements à mobiliser des moyens supplémentaires à ceux alloués pour constituer les groupes. Par ailleurs, les organisations pédagogiques effectivement mises en œuvre apparaissent souvent moins flexibles que celles prévues par les textes réglementaires. Les retours temporaires en classe de référence ainsi que les changements de groupe en cours d’année demeurent relativement rares et, lorsqu’ils existent, concernent généralement un nombre limité d’élèves. Malgré une perception très défavorable du dispositif au moment de son annonce, l’étude révèle une amélioration du jugement porté par les enseignants au cours de cette première année de mise en œuvre, qui pourrait en partie s’expliquer par la réduction des effectifs dans les groupes induite par la mise en place du dispositif. Les perceptions restent cependant contrastées et plutôt négatives concernant certains aspects organisationnels intrinsèques à l’établissement tels que le rôle du professeur principal ou le suivi individualisé des élèves.
Les premières analyses causales des effets sur les apprentissages des élèves scolarisés en classe de 5e en 2024-2025 montrent que les nouvelles organisations n’ont pas eu d’effet significatif sur les scores en français et en mathématiques aux évaluations nationales de début de quatrième. En effet, les variations estimées entre les élèves de 5e concernés par la réforme et ceux de l’année précédente sont faibles et d’une ampleur comparable aux variations moyennes observées entre cohortes avant la mise en œuvre de la réforme. Premièrement, les élèves concernés par les regroupements en 5e en 2024-2025 ne réussissent ni mieux ni moins bien que les élèves de la cohorte précédente aux évaluations nationales de début de 4e en français et mathématiques, et ce, quel que soit le type de regroupement adopté par les établissements qu’ils fréquentent en 5e. Deuxièmement, lorsque l’on se concentre sur l’évolution des trajectoires des élèves de la première cohorte exposée au dispositif en 5e, aucune des organisations pédagogiques retenues (groupes hétérogènes ou regroupements fondés sur le profil scolaire des élèves) n’a eu d’effet statistiquement significatif sur les performances moyennes à l’entrée en 4e, en comparaison d’établissements qui n’ont pas réalisé de regroupements. Les analyses complémentaires, réalisées en comparant les élèves selon leur niveau initial ou selon leur sexe aboutissent à des conclusions similaires, c’est-à-dire à une absence d’effet du dispositif sur les scores moyens.
Ces premiers résultats rejoignent les conclusions de la littérature scientifique internationale, qui tend à montrer une absence d’effet moyen des regroupements d’élèves sur les performances scolaires. Cependant, ils doivent être interprétés avec prudence en raison de l’hétérogénéité importante dans la mise en place de la réforme, i.e. dans la nature du dispositif évalué, défini ici par les types de regroupements adoptés, qui pourrait mener à des effets différenciés qui ne seraient pas détectés par la méthode utilisée. D’autres approches réalisées à l’échelle des élèves et de leur groupe d’appartenance seront menées dans de prochains travaux d’évaluation en mobilisant des données issues des logiciels de vie scolaire afin de proposer une estimation plus fine des effets des regroupements.
Le prolongement de ces premières analyses grâce aux données recueillies pour la deuxième année de mise en œuvre du dispositif (2025-2026) permettra d’affiner et de consolider l’estimation de ses éventuels effets.
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Extrait de education.gouv.fr du 24.09.26