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> B* Ac. de Besançon. Six actions de collèges en EP dans le Magazine (…)
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"Durablement engagée" n°5
Le magazine "Durablement engagée" est une publication qui incarne les valeurs de l’académie de Besançon. À travers des exemples concrets tirés du terrain, des témoignages d’établissements et des initiatives locales, ce magazine plonge au cœur des politiques académiques afin qu’elles résonnent auprès de tous.
"Durablement engagée" met en lumière toutes celles et tous ceux qui déploient les dispositifs au cœur des structures scolaires, dévoile les belles réussites de l’académie et montre ce que signifie être véritablement et durablement engagé.
Cette publication s’inscrit dans la continuité du projet académique, valorisant les quatre piliers de l’académie : réussite, ambition, citoyenneté et bien-être.
Chaque numéro s’articule autour d’un grand dossier, offrant ainsi une lecture enrichissante et thématique, à savourer au gré de votre curiosité. Destiné à tous les acteurs de l’éducation ainsi qu’aux élèves et parents d’élèves, nous vous invitons à "picorer" ce magazine à votre rythme, pour en apprécier chaque aspect.
Magazine "Durablement engagée" n°5
Grand format
Prendre soin pour mieux grandir
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p. 19
Au collège [REP] Maryse-Bastié [Dole], la réflexion est partie d’un diagnostic partagé avec les élèves. Les échanges ont rapidement fait émerger plusieurs préoccupations : le sommeil, l’alimentation, l’activité physique, mais aussi le stress ou les difficultés à gérer certaines émotions. Les projets se sont ensuite construits à partir de ces constats. Les classes de cinquième travaillent sur l’équilibre alimentaire avant d’organiser un petit-déjeuner avec leurs enseignants. D’autres ateliers abordent les écrans, le consentement ou les compétences psychosociales. Les familles sont régulièrement invitées à participer à des cafés parents. « Nous avons appris à regarder l’ensemble de nos actions comme un tout », résume Sarah Staunton, principale adjointe. « Cela nous permet de construire des réponses plus cohérentes et de les faire évoluer d’une année sur l’autre. »
p. 20
RESPIRER, SE RECENTRER, PRENDRE CONFIANCE
Le mardi, on y apprend à respirer, à relâcher les tensions ou à retrouver son calme. Le jeudi, on prend simplement le temps de faire une pause. Au collège [REP] Albert-Jacquard de Lure, ces ateliers sont nés d’un constat partagé par les élèves et les équipes : pour beaucoup, le stress lié aux examens, et notamment à l’épreuve orale du brevet, méritait d’être mieux accompagné.
L’idée est née des échanges menés au sein du collège. Les élèves délégués avaient exprimé leurs inquiétudes face à l’épreuve orale du diplôme national du brevet. Les professeurs principaux observaient les mêmes appréhensions. Les référentes santé mentale de l’établissement, accompagnées d’une psychologue de l’Éducation nationale, ont alors imaginé deux rendez-vous hebdomadaires sur la pause méridienne. Le mardi, les élèves découvrent des techniques de respiration et de relaxation qu’ils pourront réutiliser lorsqu’ils en ressentiront le besoin. Le jeudi, un atelier « sieste et lâcher-prise » leur offre un moment de calme dans un collège qui accueille près de 800 élèves, dont plus de 650 demi-pensionnaires.
Le succès est immédiat. Les quinze places proposées chaque semaine sont rapidement réservées. Chaque séance débute par une« météo des émotions » : les élèves identifient leur état d’esprit avant de participer aux différents exercices, puis renouvellent l’exerciceen fin d’atelier. Les observations réalisées montrent, dans la majorité des cas, une évolution vers des émotions plus positives et un sentiment d’apaisement.
Pour Agnès Fully, principale du collège, ces ateliers répondent aussi à une autre réalité observée par les équipes :des élèves qui se couchent plus tard, souvent en raison des écrans, et qui arrivent parfois fatigués en classe. Au fil des séances, ils acquièrent des techniques simples qu’ils pourront réutiliser dans bien d’autres situations : prendre la parole devant un groupe, faire face à un examen ou retrouver leur calme lorsque la pression monte.
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p. 24
« Fière allure » le festival qui fait bouger les lignes
Dans le Dans le public de la salle du cinéma Méliès de Lure, les regards sont rivés sur le film, mais aussi sur celles et ceux qui l’ont imaginé. Les collégiens et lycéens de Haute-Saône présentent en effet leurs propres créations à l’occasion de la troisième édition du festival « Fière allure ». Pendant plusieurs mois, les élèves du lycée Georges Colomb de Lure, du collège de Villersexel, du collège [REP] Albert Jacquard de Lure et du lycée Lumière de Luxeuil-les-Bains, ont participé à des ateliers d’écriture, analysé des courts métrages et confronté leurs points de vue avant de donner vie à leurs propres projets. Cette année, une classe de seconde est même allée jusqu’à réaliser un court métrage, accompagnée par la réalisatrice Sophie Labruyère.
Le festival Fière allure a été créé autour de la lutte contre les inégalités entre les filles et les garçons, mais il élargit désormais sa réflexion à toutes les formes de discrimination. L’objectif : donner aux jeunes un espace pour questionner les stéréotypes, partager leurs expériences et construire leur propre regard. « Le fait qu’ils s’emparent de ces sujets et qu’ils fabriquent des objets de restitution, des films ou des prises de parole, fait que cela devient plus concret », explique Anne-Sophie Jacques, journaliste, autrice et coordinatrice du festival. Pour elle, le cinéma devient un outil d’émancipation
autant qu’un support de dialogue. « Ils ont toujours des remarques hyper pertinentes, un regard frais, incisif », observe-t-elle. Les échanges permettent d’aborder sans détour les stéréotypes de genre, les violences sexistes et sexuelles ou encore les discriminations du quotidien, dans un climat d’écoute et de confiance. C’est à travers les courts métrages, les ateliers et les échanges que le sens même du festival s’exprime.
Anne-Sophie Jacques le résume à travers le nom qu’elle a choisi : « Fière allure », c’est l’idée de permettre à chaque jeune de « se sentir fier d’être qui il est, comme il est ». Un fil rouge qui traverse l’ensemble du projet et donne tout son sens à cette démarche : apprendre à regarder l’autre sans préjugés, mais aussi à porter sur soi-même un regard plus libre. Parce qu’en donnant aux élèves la possibilité de créer, de débattre et de prendre la parole, le festival contribue à la fois à sensibiliser aux discriminations et à former des citoyens capables de comprendre et d’agir.
p. 26-27
Des élèves donnent voix aux femmes en esclavage
Au collège [REP+] Diderot de Besançon, une classe de quatrième inclusive a choisi d’étudier un sujet historique : les femmes en esclavage. À travers un podcast réalisé pour le concours La Flamme de l’égalité, les élèves ont mené un travail de recherche, d’écriture et de prise de parole qui les a conduits jusqu’à la victoire. Lorsque le thème « Femmes en esclavage » est retenu pour participer au concours national « La Flamme de l’égalité », l’équipe pédagogique a vu une occasion d’explorer un sujet toujours très actuel en mobilisant les élèves de la classe de quatrième inclusive, constituée
d’élèves aux parcours variés, déjà habitués à travailler dans des projets pluridisciplinaires depuis la cinquième.
« C’est un sujet qui les a vraiment intéressés. Ils ont été investis dès le départ », observe Stéphanie Antoine, enseignante spécialisée en SEGPA. Après un travail d’étude en histoire, les élèves poursuivent leurs recherches en français avec
Frédéric Gautheron, également enseignant spécialisé. Par petits groupes, ils découvrent des figures féminines marquantes, approfondissent leurs connaissances sur l’esclavage et rédigent les textes qui serviront de base au podcast.
Le choix du podcast s’est imposé naturellement. Depuis une dizaine d’années, Frédéric Gautheron mène des projets radiophoniques avec ses élèves en partenariat avec Radio Campus Besançon. Accompagnés par Aurélien Bertini, animateur de la radio, les collégiens apprennent à écrire pour l’oral, à poser leur voix, à articuler et à transmettre une émotion. « Ils ont appris à mettre du ton, à découper leurs syllabes, à reprendre un texte jusqu’à obtenir le meilleur résultat possible », souligne Stéphanie Antoine.
Enregistré dans la webradio du collège puis diffusé sous la forme d’un podcast de quatre minutes pour le concours, le travail donnera également naissance à une émission complète de trente minutes dans les studios de Radio Campus. Si le projet vise, en premier lieu l’acquisition des compétences liées aux programmes, il s’est aussi étendu à des domaines plus transversaux et a renforcé la cohésion du groupe. « L’investissement collectif, la confiance en soi, le fait de trouver sa place et d’aller au bout d’un projet », résume Frédéric Gautheron. Tous les élèves ont pris la parole, y compris ceux qui rencontrent habituellement des difficultés à l’oral ou dans les apprentissages.
Un succès.
Le podcast a remporté le concours au niveau académique et poursuit désormais son parcours au niveau national.
Une cérémonie officielle de remise des prix, organisée à Besançon, a marqué les élèves. Appelés individuellement pour recevoir leur diplôme, ils ont mesuré la valeur de leur engagement et mieux réalisé la profondeur de leur travail. Pour l’équipe pédagogique, cette réussite confirme la force de la pédagogie de projet. « Quand il y a une réalisation aboutie et une valorisation du travail, cela redonne confiance aux élèves et favorise les apprentissages », conclut Stéphanie Antoine.
Une voix après l’autre, c’est ainsi qu’une classe a transformé un sujet d’histoire en un projet qui œuvre à la formation des
citoyens de demain.
Magazine "Durablement engagée" n°4
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p. 9
The Game : le jeu qui brise les stéréotypes du numérique
Au collège [REP+] Claude Lorius de Bethoncourt, un jeu de cartes original fait son apparition : « The Game ». Cet outil ludique vise à sensibiliser élèves, enseignants et personnels éducatifs à la place des femmes dans les filières du numérique. Dans un domaine où les stéréotypes persistent, « The Game » propose une approche interactive pour éveiller les consciences et encourager les vocations féminines.
Des retours positifs
Les élèves du collège Claude-Lorius [Béthpncourt] ont été parmi les premiers à tester « The Game ». « On n’avait pas conscience des inégalités entre les femmes et les hommes dans les sciences. Le jeu nous a appris beaucoup de choses », partagent Eslina et Safae. Zyed, lui, retient des anecdotes inattendues, comme l’origine du mot Google. Les enseignants saluent la dimension interactive du jeu : « Certains ont proposé de le tester en autonomie pour vérifier la clarté des règles », précise Johannie. « Les élèves le perçoivent comme un vrai jeu, ce qui facilite l’engagement et les échanges. »
Une collaboration avec Prologin
« The Game » s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par l’association Prologin. Depuis 2014, celle-ci organise des stages Girls Can Code ! pour initier les collégiennes et lycéennes à la programmation. « Nous œuvrons pour réduire les inégalités et montrer aux jeunes filles que les carrières du numérique leur sont accessibles », souligne un membre de Prologin. Cette collaboration permet de « travailler avec des étudiants proches des élèves en âge rend les échanges plus faciles », ajoute Johannie.
Un jeu pour apprendre, réfléchir et débattre
« The Game » se structure autour de quatre catégories de cartes, chacune abordant un angle différent de la mixité dans le numérique :
« L’idée était de créer un support qui permette d’aborder le sujet de manière ludique, tout en ouvrant le dialogue. Les enseignants cherchaient un outil clé en main, pour aborder ces thématiques. », Johannie, conseillère
p. 25
Quand les élèves prennent la parole : l’audace du conseil de classe participatif
D’où vient l’idée d’un conseil de classe participatif ? D’un constat simple, presque inconfortable. « Les conseils de classe ne nous convenaient pas tels qu’ils étaient organisés », confie Jean Bataille, professeur de mathématiques et professeur principal d’une classe de sixième inclusive au collège [REP] Vauban à Belfort. Alors l’équipe a voulu redonner au conseil « un côté plus humain ». Inspiré d’une expérience menée au lycée Feyder dans l’académie de Créteil, le dispositif est adapté au collège. Aujourd’hui, il concerne trois classes : une 6e inclusive accueillant des élèves de SEGPA, une 5e SEGPA et une 3e. Le principe ? Faire de l’élève un acteur de son propre bilan.
Accompagnée par le pôle innovation de l’académie, l’équipe souhaite désormais essaimer. « C’est du temps pour la confiance, pour la responsabilisation, pour une parole d’élève reconnue ». Un conseil de classe qui n’est plus seulement celui de l’institution, mais aussi des élèves. Tout commence bien avant le jour J. Trois à quatre heures de préparation par trimestre. Les appréciations sont rédigées en amont, imprimées puis distribuées aux élèves qui commencent par un bilan personnel. Ensuite, feutres en main, ils soulignent les points positifs, les remarques négatives, et les conseils donnés. « Ça donne une vraie grille de lecture. » Car le vocabulaire professoral n’est pas toujours compris. Certains n’entendent que le négatif, d’autres ne voient que le positif. Le travail d’explicitation, mené à deux ou trois enseignants, est essentiel. Puis vient le temps des engagements. Deux ou trois objectifs, « mesurables et accessibles », comme le rappelle Philippe Tissot, principal du collège. Lever la main deux fois par cours. Passer de dix à trente minutes de travail le soir. Des marqueurs réalisables, vérifiables, partagés avec les parents. « On évite le “il faut travailler plus” », sourit l’équipe. L’engagement est relu au trimestre suivant : tenu ou non ? Pourquoi ?
Le moment fort reste la prise de parole. Chaque élève entre dans la salle du conseil et présente sa synthèse devant le conseil. Stress, trac, fierté. « Je les trouve plutôt contents de venir s’exprimer », observe Philippe Tissot. Même les élèves allophones d’UPE2A (Unité Pédagogique pour Élèves Allophones nouvellement Arrivés) osent. Le dialogue est ouvert, bienveillant, loin de tout « effet tribunal ». Le conseil ne dure pas plus longtemps qu’avant : environ 1 h 30.
Pour préparer ce passage, une répétition générale est organisée. Le conseil est joué comme une pièce de théâtre. Les élèves imitent les enseignants, travaillent posture et prise de parole. « La mise en scène dédramatise », souligne Estelle Courvoisier, professeure principale en 3e. L’entraide se développe : les élèves en réussite aident ceux qui peinent à formuler leurs engagements. Le climat change. « On est moins dans l’émotion », note Jean Bataille. Et 100 % des élèves lisent leur bulletin — ce qui n’est sans doute pas le cas dans d’autres classes.
Au fil des trimestres, le lien se tisse. Pour l’orientation en fin de 3e, le dialogue avec les familles est facilité. « Plus le contexte est compliqué, plus il faut développer la proximité », affirme Philippe Tissot.