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> B* Nantes. Demande de classement en REP+ du collège REP La Durantière
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Un "sentiment de tension permanente et croissante". À la suite d’une grave agression, les personnels de ce collège se mobilisent pour son classement immédiat en REP+
Après une agression sexuelle accompagnée de violences physiques d’une enseignante par un collégien de La Durantière, à Nantes, l’ensemble du personnel demande le classement immédiat de l’établissement en réseau d’éducation prioritaire renforcée et a déposé un préavis de grève pour le mois de septembre.
Après une agression sexuelle accompagnée de violences physiques d’une enseignante par un collégien de La Durantière, à Nantes, l’ensemble du personnel demande le classement immédiat de l’établissement en réseau d’éducation prioritaire renforcée et a déposé un préavis de grève pour le mois de septembre.
C’est une rentrée mouvementée qui attend le personnel et les élèves du collège de La Durantière à Nantes.
Trois mois après l’agression d’une enseignante par un élève de l’établissement, le personnel demande à être inscrit au réseau d’éducation prioritaire renforcée et menace de faire grève.
"Améliorer durablement le climat scolaire"
Le 22 juin dernier, "une agression sexuelle accompagnée de violences physiques d’une extrême gravité a été commise par un collégien à l’encontre d’une enseignante dans l’exercice de ses fonctions", précise le personnel du collège réuni ce mardi 1ᵉʳ septembre devant les grilles du collège La Durantière.
Selon eux, le jeune homme serait monté à l’étage pour rejoindre la salle de classe de l’enseignante entre 12 h et 14 h, "il s’est approché d’elle et lui a empoigné la poitrine", relate Amélie De Schepper, professeur d’histoire-géographie depuis 2002.
Une enquête est en cours pour agression sexuelle.
Le collège La Durantière, à Nantes, accueille 350 élèves
Le collège La Durantière, à Nantes, accueille 350 élèves • © FTV - Laura THOMMEREL
Dépôt de plainte, signalement au procureur de la République et expulsion définitive de l’élève, de nombreuses mesures ont été prises immédiatement, jusqu’au 3 juillet où un courrier a été adressé au ministère de l’Éducation nationale dans le but, notamment, de recevoir la victime et de classer le collège de La Durantière en réseau d’éducation prioritaire renforcée.
"À ce jour, le ministère n’a apporté aucune réponse", poursuivent les membres de l’établissement. Face à cette inaction, les organisations syndicales du collège ont déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble du mois de septembre et annoncent vouloir cesser le travail à compter du 8 septembre si le ministère n’a pas répondu à ces revendications.
On donne une semaine pour attendre une réponse, et pas n’importe laquelle.
Personnels du collège La Durantière
Une situation inacceptable pour les enseignants : "La victime a traversé un été particulièrement éprouvant. Les personnels sont tous profondément choqués que le ministère n’ait apporté aucune réponse à son souhait d’être reçue, ni aux demandes formulées collectivement à la suite de l’agression."
La dégradation grave et durable des conditions de travail, de sécurité et d’exercice des personnels du collège La Durantière est parfaitement connue du ministère. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par des incidents répétés, un climat scolaire détérioré et des moyens très insuffisants au regard des besoins scolaires et éducatifs des élèves accueillis.
Personnels du collège La Durantière
Communiqué
Une situation dégradée sur laquelle les enseignants alertent depuis 2019. "Ils ont été reçus à deux reprises au ministère, en février 2024 puis en juillet 2025. Chaque fois, leurs interlocuteurs ont reconnu la situation préoccupante du collège et la légitimité de sa demande de classement en REP+, sans toutefois prendre les décisions attendues."
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"Ce sentiment de tension permanente et croissante nous met dans un état d’hypervigilance constante, c’est extrêmement fatigant", soufflent ces enseignants qui dénoncent "l’incompétence de 7 ministères successifs".
L’enseignante victime de l’agression a retrouvé sa salle de classe pour cette rentrée.
Qu’est-ce que cela signifie REP + ?
Selon le ministère de l’Éducation nationale, la politique d’éducation prioritaire "favorise le travail collectif des équipes, l’accompagnement et la formation des enseignants pour le développement de pratiques pédagogiques et éducatives cohérentes, bienveillantes et exigeantes adaptées aux besoins des élèves et inscrites dans la durée".
Tout est prêt dans les services pour faire ce changement, le ministère a simplement un arrêté à signer.
Sylvain Manange
Professeur d’histoire géographie au collège La Durantière
Il existe deux types de réseaux :
Les REP+ qui "concernent les quartiers ou les secteurs isolés connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire".
Les REP "plus mixtes socialement mais rencontrant des difficultés sociales plus significatives que celles des collèges et écoles situés hors de l’éducation prioritaire".
Pour les REP+, l’organisation du temps de travail de l’enseignant est différente. Les enseignants, grâce à une pondération de 1,1 des heures, ont plus de temps pour mieux se consacrer à des initiatives pédagogiques collectives, d’organiser le suivi des élèves ou de rencontrer les parents.
On a de moins en moins de moyens pour faire réussir nos élèves.
Amélie De Schepper
Professeur d’histoire géographie au collège La Durantière
Ce classement prioritaire s’accompagne d’une rémunération spécifique, "le montant de l’indemnité REP+ a successivement connu une première revalorisation de 1 000 € net en 2018, puis une seconde de 1 000 € net en 2019, et enfin une troisième d’une part fixe de 400 € net et d’une part modulable, à la rentrée 2021 (décret 2015-1087 du 28 août 2015, modifié par le décret 2021-825 du 28 juin 2021)", précise le ministère.
Les enseignants réunis ce mardi midi s’accordent tous pour dire que le classement en REP+ n’aurait pas forcément empêché cet accident. Néanmoins, selon eux, ces moyens supplémentaires pourraient permettre de parler plus en profondeur avec les enfants.
Contacté, le rectorat de Nantes explique que "l’établissement fait partie des collèges en progrès et a reçu une dotation supplémentaire de 18 h à la rentrée, c’est un établissement qui bénéficie d’un assistant de prévention et de sécurité (APS) à plein temps et d’un agent d’équipe mobile de sécurité AEMS affecté en permanence au collège".
Le projet de classement est soutenu par le rectorat et "fera l’objet d’une attention particulière lorsque la carte de l’éducation prioritaire sera revue au niveau national. L’actualisation de la carte de l’éducation prioritaire ne pourra être engagée qu’après la prochaine échéance électorale".