> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025 > Allocation de rentrée scolaire et pauvreté : dossier de presse, études du (…)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Allocation de rentrée scolaire et pauvreté : dossier de presse, études du Crédoc et de The Conversation (août 2026)

19 août

Allocation de rentrée scolaire : ce que les familles modestes font de cet argent

L’ESSENTIEL

L’allocation de rentrée scolaire, ARS, est versée aux familles modestes ayant des enfants scolarisés de 6 à 18 ans. Son montant varie de 426 à 466 euros.

Cette allocation fait parfois l’objet de polémiques : que font les familles modestes de cet argent ?

Une enquête menée auprès de parents vivant sous le seuil de pauvreté nous renseigne sur l’usage de cette allocation.

Le 18 août 2026, près de trois millions de familles recevront l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Créée en 1974, cette prestation est versée sous condition de ressources aux familles ayant des enfants scolarisés de 6 à 18 ans. Son montant varie, cette année, de 426 à 466 euros par enfant selon l’âge. Pour les familles modestes, cette somme constitue un apport important dans un budget contraint tout au long de l’année et son versement donne le signal de départ des courses de rentrée.

Mais cette allocation fait aussi, rituellement, l’objet de controverses. Les figures du soupçon ont évolué : au parent autrefois accusé de boire l’allocation au bistrot a succédé celui qui achèterait un magnétoscope, un écran plat, puis un smartphone ou encore une console de jeux. À ces procès en mauvais usage s’ajoute un autre débat, portant sur l’écart entre le montant de l’aide et le coût réel de la rentrée. Après tout, quelques cahiers, une trousse et un agenda ne devraient pas coûter si cher !

Avec l’Observatoire Emmaüs des budgets contraints et les associations SOS Familles Emmaüs, nous avons réalisé une enquête par entretiens auprès de 20 parents vivant sous le seuil de pauvreté. Dix-neuf enquêté·es sont des femmes et 12 élèvent seul·es leurs enfants. L’objectif : comprendre comment se prépare la rentrée lorsque le budget est contraint toute l’année et comment l’ARS est utilisée.

« C’est pour les enfants »
L’ARS n’est pas une prestation affectée, son usage n’est pas contrôlé, et les familles peuvent en disposer comme elles le souhaitent. Pourtant, sa destination ne fait guère de doute. Dimitry, ancien magasinier-cariste aujourd’hui sans emploi et père seul de deux enfants, le dit spontanément :

« Ah oui, c’est pour les enfants ! Dès que ça arrive, c’est “ça” pour les vêtements, “ça” les affaires scolaires (…). »

Cette séparation fait écho aux travaux de la sociologue états-unienne Viviana Zelizer sur le « marquage » de l’argent : toutes les sommes d’un ménage ne sont pas pensées comme fongibles ou interchangeables. Ici, l’ARS est d’abord de l’argent fléché vers les enfants.

Acheter du neuf pour la rentrée
Un résultat frappant de l’enquête concerne la « tenue de rentrée ». Pour les familles qui recourent autant que possible à la seconde main ou à la récupération, l’ARS permet d’acheter du neuf. Fatima, agente de service hôtelier en clinique et mère de trois enfants, explique :

« Je suis sur Vinted, mais pas pour la rentrée. Pour le premier jour de la rentrée, voilà, je lui fais plaisir. »

Il s’agit aussi d’éviter que les enfants se sentent en décalage avec leurs camarades. Samia, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) en arrêt maladie de longue durée et mère célibataire de trois enfants, résume :

« Presque la même chose que tout le monde, c’est pas plus bas, c’est pas plus haut, mais voilà, je reste raisonnable. »

Cette préoccupation s’accentue avec l’âge. Au collège et au lycée, vêtements, baskets ou cartable participent à la possibilité d’être « comme les autres ».

La sociologue états-unienne Patricia Berhau souligne que deux adolescents peuvent porter des baskets comparables alors que, pour l’un, l’achat a été banal et sans enjeu et que, pour l’autre, il a fallu économiser, arbitrer et trouver la bonne affaire. Dans les familles enquêtées, il a souvent fallu attendre l’ARS.

Beaucoup de calculs derrière les achats
Ces dépenses n’ont rien d’un achat compulsif. La rentrée suppose de trier, de récupérer, d’établir des listes, de comparer les enseignes, de repérer les promotions et de parcourir plusieurs magasins.

Les travaux d’Ana Perrin-Heredia sur les budgets populaires ont montré l’importance au quotidien de ces compétences budgétaires, très souvent mises en œuvre par les femmes. On les retrouve activées à propos du choix des fournitures, par exemple. Dominique, inventoriste de nuit à mi-temps et mère de deux enfants, sait par exemple que certains crayons d’une grande enseigne de loisirs créatifs s’usent trop vite. Les produits des marques distributeurs des hypermarchés sont particulièrement recherchées par les enquêté·es.

Les baskets, un achat fréquent
L’achat de baskets revient dans plusieurs entretiens. Mélanie, infirmière scolaire en mi-temps thérapeutique et maman solo de deux garçons adolescents, explique :

« Ils sont super raisonnables. Ils aiment bien avoir une bonne paire de baskets, sinon le reste ils s’en foutent. Je les ai élevés comme ça. »

Le prix élevé des baskets de marque est aussi parfois au cœur des controverses sur les usages de l’ARS. La sociologue Lindsay DuBois l’a observé en Argentine au sujet de l’Asignación Universal por Hijo, une allocation destinée aux familles pauvres créée en 2009. Cette dernière est souvent utilisée pour acheter des baskets et entraîne bien des discussions, elles peuvent être vues par les familles comme participant à la dignité et à l’intégration des enfants, mais par les détracteurs comme la preuve d’un mauvais usage de l’argent public.

L’anxiété de voir les enfants grandir
L’enquête met enfin en évidence une anxiété budgétaire liée à l’avancée dans la scolarité. Elle existe aussi dans les classes moyennes ou supérieures, mais se concentre souvent plus tard sur la période des études supérieures : logement, frais de scolarité, mobilité. Dans les familles rencontrées, elle apparaît dès l’école primaire ou le collège. Mariam, employée de ménage et maman solo de quatre enfants, explique :

« Je vois un peu plus loin, je vois que les enfants, ils vont grandir (…) de temps en temps, je me dis : “Est-ce que j’arriverai à être prête pour acheter les choses que, eux, veulent ou non ?” »

Les poussées de croissance rendent cette inquiétude très concrète. Daniela, qui effectue ponctuellement des missions d’intérim et élève quatre enfants, plaisante :

« Ah oui, je sais pas comment ils font pour grandir comme ça ! Surtout aussi les pieds. (…) j’ai dit [à mon fils] : “Mais arrête s’il te plaît, s’il te plaît arrête, j’en peux plus !” »

Ainsi, les dépenses de rentrée ne se réduisent pas aux seules fournitures scolaires, parfois prises en charge par les municipalités. Les usages de l’ARS décrits ici montrent comment les familles profitent du desserrement ponctuel de la contrainte budgétaire pour faire plaisir aux enfants, mais aussi pour atténuer les écarts matériels qui les séparent de leurs camarades.

L’étude a été réalisée par Hélène Ducourant, Fanta Koné, Nicolas Boisard, Léonie Clarac-Dutillieux, Margot Klein, Gwenaëlle Vincelle.

 

Extrait de theconversation.com du 18.08.26

 

Rentrée scolaire  : des dépenses qui pèsent lourd sur le budget des familles
Août 2026
Marianne BLÉHAUT, Franck LEHUÉDÉ, Daphné PERRY

Résumé
Alors que la rentrée de septembre approche, le CRÉDOC a souhaité mettre en lumière la manière dont les Français anticipent les dépenses de ce mois particulier grâce à des questions posées dans son enquête Tendances de Consommation de juillet 2026. Pour plus d’une famille sur deux, septembre est synonyme de dépenses plus importantes que d’ordinaire ou que l’on ne réalise pas le reste de l’année. La rentrée pèse tout particulièrement sur le budget des familles les plus modestes. Ces dépenses supplémentaires sont avant tout liées à la rentrée scolaire. Fournitures, cartables ou livres scolaires arrivent en tête, suivis de l’habillement des enfants et des frais de cantine. Dans ce contexte, plus de la moitié des familles prévoient de limiter certaines de leurs dépenses en septembre. Pour réduire la facture, le recours aux promotions est presque généralisé. Les ménages qui redoutent une dégradation de leurs conditions de vie envisagent plus souvent des stratégies de restriction, comme réduire les quantités achetées ou renoncer à certains achats. Parmi les familles ayant au moins un enfant scolarisé, plus d’une sur quatre a perçu l’allocation de rentrée scolaire (ARS) l’année précédant l’enquête. Ses bénéficiaires appartiennent plus souvent à des foyers disposant de faibles marges financières. L’allocation est très largement consacrée aux dépenses directement liées à la rentrée des enfants  : fournitures scolaires, vêtements et chaussures des enfants notamment. Pour deux bénéficiaires sur trois, l’ARS permet de financer des dépenses qu’ils ne pourraient pas assumer autrement. Elle apparaît ainsi comme un soutien particulièrement important pour les familles les plus contraintes financièrement.

Septembre, un mois de dépenses importantes pour les familles et les jeunes

La rentrée constitue surtout un moment particulier pour les familles. 51 % d’entre elles considèrent qu’à l’occasion de la rentrée, leur foyer doit engager des dépenses plus importantes qu’à l’ordinaire ou effectuer des achats qui ne sont pas réalisés le reste de l’année, contre 27 % en moyenne et seulement 13 % des personnes sans enfant. La pression s’accentue avec la taille de la famille  : cette perception concerne 70 % des personnes vivant dans un ménage comptant au moins trois enfants. Elle représente aussi une période budgétaire particulière pour les 18-24 ans (50 %).

Des dépenses avant tout liées à la rentrée scolaire et aux études

Pour les personnes qui considèrent septembre comme un mois particulier, les dépenses supplémentaires sont d’abord liées à la scolarité des enfants. Près des trois quarts (73 %) citent les fournitures, cartables ou livres scolaires. Viennent ensuite l’habillement des enfants (65 %) et les frais de cantine (52 %). La rentrée concentre ainsi des dépenses nécessaires pour équiper les enfants pour l’année scolaire, mais aussi pour adapter leur habillement et leurs chaussures au changement de saison et à la reprise de l’école. Pour les 18-24 ans, les dépenses particulières de septembre sont plus diversifiées. Aux dépenses directement liées aux études s’ajoutent davantage celles consacrées au logement, aux assurances, à l’hygiène, aux télécommunications ou encore aux soins médicaux. La rentrée dans l’enseignement supérieur ou la vie active semble ainsi s’accompagner d’une installation ou d’une réorganisation plus globale des dépenses du quotidien.

Une lourde charge pour plus d’un Français sur quatre

Au-delà de leur caractère inhabituel, les dépenses engagées en septembre peuvent peser fortement sur le budget des ménages. 27 % des Français les considèrent comme une charge lourde, voire très lourde. Cette proportion atteint 55 % parmi ceux qui déclarent devoir effectuer à la rentrée des dépenses plus importantes ou inhabituelles. Les familles sont particulièrement concernées  : 41 % des ménages avec enfant considèrent les dépenses de septembre comme une lourde ou très lourde charge. Les difficultés sont également plus marquées parmi les foyers disposant de peu de marges financières  : 47 % des personnes qui ne parviennent pas à équilibrer leur budget portent ce jugement.

Face aux dépenses de rentrée, quatre Français sur dix prévoient de limiter leurs dépenses

De manière générale, les consommateurs sont contraints à des arbitrages budgétaires depuis la crise inflationniste de 2021. En juillet 2026, plus d’un Français sur deux estime être obligé de s’imposer régulièrement des restrictions budgétaires (56 %), et 28 % considèrent vivre sur leurs réserves ou doivent prendre un crédit pour boucler leur budget. Dans ce contexte, 43 % des Français envisagent de limiter leurs dépenses sur certains postes de consommation en septembre 2026. Cette proportion atteint 70 % parmi ceux qui considèrent septembre comme un mois de dépenses particulièrement importantes. Elle s’élève également à 57 % parmi les familles et à 64 % parmi les personnes qui ne parviennent pas à équilibrer leur budget. Pour contenir leurs dépenses, les personnes concernées envisagent de mobiliser simultanément plusieurs stratégies  : en moyenne, six des neuf pratiques proposées dans l’enquête sont citées. Le recours aux promotions arrive très largement en tête (90 %), devant la réduction des quantités achetées (83 %) et la réutilisation du matériel ou des fournitures de l’année précédente (82 %). Les stratégies adoptées diffèrent toutefois selon la manière dont les ménages envisagent l’évolution de leur situation. Ceux qui redoutent une dégradation de leurs conditions de vie privilégient davantage des formes de restriction  : acheter moins, choisir des produits de moindre qualité ou renoncer à certains achats. À l’inverse, les personnes plus optimistes recourent davantage à des stratégies d’anticipation ou d’optimisation, comme étaler leurs achats dans le temps, payer en plusieurs fois ou se tourner vers l’occasion.

Les familles se distinguent sur le réemploi des fournitures scolaires, auquel elles ont davantage recours que la moyenne.

Plus d’une famille avec enfant scolarisé sur quatre perçoit l’allocation de rentrée scolaire

Parmi les foyers comprenant au moins un écolier, collégien, lycéen ou étudiant, 27 % déclarent avoir perçu l’allocation de rentrée scolaire (ARS) en 2025. Les bénéficiaires se trouvent plus souvent parmi les ménages disposant de faibles marges financières. L’ARS a ainsi été perçue par 35 % des personnes en situation de désépargne, qui représentent près de la moitié des bénéficiaires (48 %). Elle concerne également 56 % des familles monoparentales. La perception de l’allocation augmente aussi avec le nombre d’enfants  : 35 % des familles comptant au moins deux enfants déclarent en avoir bénéficié. Ces résultats confirment que l’ARS touche en priorité des familles pour lesquelles les dépenses concentrées au moment de la rentrée sont susceptibles de peser fortement sur le budget.

Une allocation prioritairement utilisée pour les dépenses directement liées à la scolarité

Les bénéficiaires utilisent avant tout l’ARS pour équiper leurs enfants à l’occasion de la rentrée. 84 % déclarent en avoir consacré tout ou partie à l’achat de fournitures scolaires, de cartables ou de livres, et 72 % à l’achat de vêtements ou de chaussures pour leurs enfants. Les familles qui rencontrent des difficultés pour équilibrer leur budget concentrent encore davantage l’allocation sur les dépenses les plus directement liées à la scolarité  : 88 % l’utilisent pour les fournitures scolaires. Elles sont en revanche moins nombreuses à la consacrer à l’habillement des enfants. L’ARS contribue également au financement de dépenses récurrentes liées à la scolarité. Environ trois bénéficiaires sur dix l’utilisent pour les transports en commun ou scolaires (31 %) et une proportion comparable pour les frais de cantine (30 %). Les ménages modestes et les familles monoparentales y ont davantage recours pour financer ces postes. Les principaux usages de l’ARS correspondent ainsi étroitement aux dépenses que les Français identifient comme particulièrement importantes au mois de septembre  : fournitures scolaires, habillement des enfants, transports et cantine. Une minorité de bénéficiaires déclare utiliser l’allocation pour des postes moins directement associés à la rentrée scolaire  : 25 % pour des abonnements sportifs ou de loisirs, 9 % pour les dépenses courantes du foyer et 6 % pour les télécommunications. Ces usages concernent presque exclusivement de jeunes étudiants ou des jeunes en apprentissage, pour lesquels les dépenses liées à la rentrée s’inscrivent dans un budget plus global comprenant à la fois les études et les dépenses de la vie quotidienne.

Pour deux bénéficiaires sur trois, certaines dépenses seraient impossibles sans l’ARS

L’ARS joue un rôle déterminant dans la capacité de certaines familles à faire face aux dépenses de rentrée. Deux tiers des bénéficiaires (66 %) déclarent qu’elle leur permet de couvrir des dépenses qu’ils ne pourraient pas financer autrement. Cette proportion atteint 71 % parmi les personnes qui ne parviennent pas à équilibrer leur budget. L’allocation permet également aux familles d’organiser différemment leurs achats. 65 % des bénéficiaires indiquent qu’elle leur permet de constituer des stocks ou d’acheter certains produits à l’avance, 48 % d’acheter des produits de meilleure qualité et 40 % de financer un achat important. Ces possibilités concernent davantage les ménages disposant de marges budgétaires. Parmi les personnes qui parviennent à mettre de l’argent de côté, 47 % déclarent que l’ARS leur permet de réaliser un achat important. L’achat de produits de meilleure qualité est également plus fréquent parmi les couples avec enfant que parmi les familles monoparentales, et parmi les familles avec un seul enfant (55 %) que parmi celles qui en comptent trois ou plus (45 %). Ces résultats mettent ainsi en évidence deux fonctions de l’ARS. Pour les ménages les plus contraints, elle permet d’abord de rendre possibles des dépenses qui ne pourraient pas être assumées autrement. Pour ceux qui disposent de davantage de marges de manœuvre, elle permet aussi d’anticiper les achats, d’investir dans des produits de meilleure qualité ou de financer une dépense importante.

Extrait de credoc.fr d’août 2026

 

Septembre, un mois redouté pour le budget d’une grande partie des familles
La période est, pour la majorité des parents, perçue comme propice aux augmentations de dépenses. Pour nombre de ménages, le versement de l’allocation de rentrée scolaire est une aide indispensable.
Par Béatrice Madeline

Quiconque a déjà vécu une rentrée scolaire ne peut l’ignorer : après la période estivale, qui peut avoir occasionné des frais de déplacement et des dépenses de loisirs, septembre est un mois redoutable pour le budget familial. Fournitures, livres, tenues de sport ou professionnelles pour certains lycéens, facture de cantine, inscriptions aux activités sportives ou culturelles s’additionnent rapidement.

Dans son enquête bisannuelle sur les tendances de consommation, réalisée en juillet 2026, encore à paraître, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a interrogé les Français sur leur perception de la période. Sans grande surprise, 27 % d’entre eux, mais 51 % parmi les familles avec enfants et 70 % parmi celles qui en comptent au moins trois, répondent que septembre est « synonyme de dépenses plus importantes que d’ordinaire ou que l’on ne réalise pas le reste de l’année ».

Les familles ne sont pas seules à redouter la rentrée. Parmi les jeunes de 18 à 24 ans, un sur deux voit aussi arriver cette période avec inquiétude, pour des raisons budgétaires. Les étudiants et ceux qui ont quitté le foyer parental doivent notamment s’acquitter des [...]

Extrait de lemonde.fr du 18.08.26

 

Fournitures La rentrée scolaire, un moment difficile pour les familles contraintes de réduire leurs dépenses Si les prix des fournitures scolaires sont en baisse selon une enquête de la Confédération syndicale des familles publiée ce mercredi 14 août, la période reste source d’inquiétudes pour de nombreuses familles qui rivalisent de stratégies pour diminuer leur budget.

La diminution des dépenses repose essentiellement sur les changements de consommation des familles.

« Deux cahiers à grands carreaux de 96 pages », « Porte-vue, 80 vues, « 2 classeurs, format 24x32 », « 1 vieux tee-shirt », « 1 paire de bottes », « 1 maillot de bain »… Il est des listes de fournitures scolaires qui sonneraient presque comme des inventaires, à la Prévert. Ces exemples viennent de la Confédération syndicale des familles (CSF), qui publie ce 14 août sa 51e enquête sur le coût de la scolarité. Avec un chiffre clé : les dépenses en fournitures baissent de 6,8 % à la rentrée 2024 par rapport à l’année dernière.

« Vous allez dire que cette diminution est bien ? Nous ne partageons pas ce point de vue », annonce Annie Giroud, responsable du pôle éducation de l’association, qui soutient les familles populaires. Cette diminution repose essentiellement sur les changements de consommation des familles et fait suite à une augmentation de 11,3 % des dépenses à la rentrée 2023. Cette année encore, « la rentrée reste un moment difficile qui génère de l’inquiétude pour les familles », appuie la bénévole.

« Si ça continue, je vais devoir faire un crédit »
Une inquiétude palpable au rayon fournitures du Leclerc de Clichy-sous-Bois (Hauts-de-Seine), où les têtes de gondole sonnent déjà le glas de l’été. « On fait les courses exprès maintenant car si on attend l’arrivée de l’allocation de rentrée scolaire (ARS), il n’y aura plus rien », précise Smahane venue avec sa fille, qui rentre le 2 septembre en CE1. Avant le dépôt du produit dans le chariot, passage au scan pour en vérifier le prix. Comme chaque année, les courses de rentrée constituent un sacré budget. « Si l’ARS ne comprenait que les fournitures ça irait, le problème c’est le reste : le cartable, les activités extrascolaires, l’habillement, le survêt… » poursuit Smahane. Des propos qui font écho à ceux lancés par une autre mère à son fils : « Si ça continue, je vais devoir faire un crédit pour payer tes fournitures. »

De son côté, la Fondation des familles de France a constaté une baisse de 1,12 % du coût moyen des fournitures scolaires pour un élève de sixième. La Fondation calcule ce chiffre à partir des prix des enseignes et les listes de fournitures délivrées par les établissements scolaires.

A l’inverse, la CSF a interrogé 141 familles sur leurs dépenses réelles. Nombre d’entre elles ont adopté diverses stratégies : « Elles achètent moins, récupèrent plus, réutilisent le matériel d’une année à l’autre. Elles optent pour des marques de distributeurs plutôt que des marques nationales. Certaines se regroupent pour acheter en lot et ensuite se redistribuer le matériel. D’autres font plusieurs enseignes », explique Annie Giroud. Ce faisant, les familles parviennent à réduire la facture, même si certaines charges demeurent : « On constate que les dépenses en “matériel divers” augmentent et ce pour l’ensemble des niveaux : primaire, collège, lycée », précise l’enquête. Dans cet ensemble, on trouve les blouses, calculatrices et autres matériels adaptés pour les filières professionnelles. Dès le collège, il faut compter près de 130 euros pour ce poste de dépense contre 162 euros au lycée.

Inégalité territoriale
Autre évolution à rebours de la tendance globale : le prix des fournitures en école élémentaire affiche une augmentation de 2,6 %. Une hausse qui s’explique « par le surinvestissement des familles populaires, à l’entrée à l’école de l’enfant, pour qu’il ne se fasse pas remarquer pour défaut de matériel », explique la CSF.

Extrait de liberation.fr du 14.08.26

 

« Qu’imagine-t-on des plus pauvres pour penser qu’ils se contrefichent de la rentrée scolaire de leurs enfants ? »
Entretien L’allocation de rentrée scolaire (ARS) est versée ce mardi 18 août à quelque 3 millions de familles aux revenus modestes. Et non, cet argent ne sert pas à « acheter des écrans plats », s’énerve Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France, en dégainant une enquête très documentée.

Chaque année, c’est la même rengaine. Avant que n’apparaissent les reportages colorés sur les vadrouilles au Leclerc du coin pour choper agendas, feuilles à grands carreaux et autres lots de crayons HB « toujours plus chers », surgit la polémique sur l’ARS, cette allocation annuelle (entre 426 à 466 euros par enfant scolarisé de 6 à 18 ans) versée sous condition de revenus. « On sait bien qu’il y a parfois des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments », s’interroge ainsi en 2021 sur France 3 (et au doigt mouillé) Jean-Michel Blanquer. Tandis qu’Emmanuel Macron, pour clore la polémique, assure dans la foulée : « Nous serions aveugles ou naïfs de penser que la totalité de ce que chaque ménage touche en allocation de rentrée scolaire est reversée pour acheter des fournitures ou les livres des enfants. »

Des perles de comptoir ? Une fake news parmi d’autres, répond aujourd’hui L’Observatoire Emmaüs des budgets contraints en publiant une remarquable enquête sur le sujet. Réalisé sous la supervision de la sociologue Hélène Ducourant et de l’université Gustave-Eiffel, ce document de 42 pages fait la pa… [...]

Extrait de nouvelobs.com du 18.08.26

 

Rentrée scolaire 2026 : derrière les préjugés autour de l’allocation versées aux ménages modestes

Les familles bénéficiaires reçoivent 426 à 466 € par enfant, selon l’âge de celui-ci.

Mardi 18 août 2026, près de 3 millions de familles vont recevoir l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Si son utilisation fait l’objet de critiques régulières, des enquêtes, comme celle publiée ce même jour par Emmaüs France, montrent que cette aide est avant tout dépensée pour les enfants.

La rentrée scolaire, c’est toujours une période de stress pour le porte-monnaie de Naoile. Cette maman solo de quatre enfants installée dans le petit village de Viriat, à côté de Bourg-en-Bresse (Ain), doit bien faire ses calculs afin d’optimiser un budget qu’elle estime à 2 000 €. « Entre une tenue neuve pour chaque enfant, les fournitures spécifiques à chaque classe et l’inscription à un cours de sport, les dépenses grimpent vite », expose cette mère de 47 ans, en reconversion professionnelle et bénéficiaire de l’allocation de [...]

Extrait de la-croix.com du 18.08.26

 

Voir les mots-clés en bas à gauche de la page

Répondre à cet article