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Revue de Presse de VersLeHaut
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#27 : jeunesses plurielles
VersLeHaut
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15 juillet 2026
Chaque mercredi, VersLeHaut décrypte pour vous l’actualité de l’éducation et de la jeunesse !
Cette semaine, pour la dernière revue de presse de la saison, on se penche sur quelques lignes de fracture qui frappent les jeunesses.
Entre les heureux de Parcoursup, qui connaissent leur destin avant de partir en vacances, et les "sans-facs" qui se préparent à un été inquiet. Entre ceux qui filent droit et ceux qui prennent des chemins de traverse quitte parfois à disparaître des radars. Entre ceux qui vivent l’expérience collective des colonies de vacances et ceux qui restent - au quartier, au village, dans la famille.
N’hésitez pas à réagir mais aussi à partager avec nous les articles qui vous ont interpellés cette semaine. Bel été à tous et rendez-vous à la rentrée.
"Je commence à paniquer", les "sans-facs", ces oubliés de Parcoursup et Mon Master
France 3
Alors que vient de s’achever la phase principale de Parcoursup, environ 18% des inscrits n’ont obtenu aucun de leurs vœux. Lydia et Nour font partie de ces "sans-facs". Elles témoignent de leur inquiétude et du sentiment d’impuissance qu’elles éprouvent. Toutes deux ont saisi la Commission d’Accès à l’Enseignement Supérieur sans réponse pour l’instant. Coppélia Moreau, présidente du syndicat étudiant UNEF à l’université de Nanterre, dénonce un "véritable tri sélectif" qui frappe notamment les jeunes issus des classes populaires et de l’immigration. Quand les refusés se voient finalement proposer des solutions, celles-ci se révèlent parfois très éloignées de leurs souhaits initiaux.
Ce qu’en dit VersLeHaut
La promesse d’accès à l’enseignement supérieur pour les bacheliers peine à être tenue. Le ministre lui-même a parlé d’une "gigantesque hypocrisie du système" devant une commission d’enquête du Sénat. Les capacités d’accueil des universités limitent drastiquement l’accès créant de fait une sélection. Cette réalité conduit concrètement à contrecarrer les projets de nombreux jeunes. En amont, la préparation de l’orientation dans le supérieur gagnerait à mieux sensibiliser à la diversité des parcours possibles, à prendre en compte les capacités d’accueil et à préparer les futurs bacheliers à construire des projets diversifiés. Un quart des candidats ont demandé une seule filière de formation, 52 % deux ou trois différentes. Seuls 22 % ont formulé des vœux dans au moins quatre filières.
« Ce que j’ai vécu comme un échec a été la plus belle chose qui me soit arrivée » : ces étudiants ont essayé (et validé) la césure
Le Parisien
Une année pour se trouver. Les motifs d’une césure sont multiples : non obtention de la formation demandée, décrochage, découverte du monde professionnel, besoin d’argent… Mais elle peut se révéler être un véritable atout pour s’approprier son parcours. C’est ce qui ressort des témoignages de Capucine, Léana, Soliane et Valentin qui racontent cette année passée en service civique, en stage ou en emploi. Elle demeure cependant encore rare. La dernière enquête Génération du Céreq révèle qu’elle concerne seulement 6 % des étudiants. Malgré ces exemples encourageants, elle est encore souvent jugée pénalisante dans un parcours de formation.
Ce qu’en dit VersLeHaut
Dans notre imaginaire, le parcours de formation se doit d’être direct et rapide. On demande aux jeunes de choisir à l’aveugle leur filière sans qu’ils puissent souvent mesurer concrètement où elle les mènera. Pourtant, 72% des jeunes considèrent que leur choix d’orientation intervient trop tôt comme le révélait une étude menée par la sociologue Anne Muxel. L’année de césure peut constituer un temps précieux pour affiner ce projet professionnel par un service civique, un emploi salarié, du bénévolat, un voyage... Loin de constituer une rupture de parcours, elle se révèle souvent un enrichissement à condition d’être pensée et accompagnée. Ce que proposent d’ailleurs des associations comme Evocae ou Année Lumière.
Pourquoi tant de jeunes sont "NEET" ?
L’étudiant
Que se cache-t-il derrière cet acronyme énigmatique ? Une petite synthèse est parfois nécessaire pour prendre la mesure d’un phénomène qui inquiète. Ces jeunes âgés de 15 à 29 ans qui ne sont "ni en emploi, ni en études, ni en formation" sont au nombre d’1,5 millions, ce qui représente environ 13% de cette classe d’âge. S’ils présentent des profils divers - situation de décrochage scolaire, chômage durable, vulnérabilités sociales ou psychiques - ils ont des vécus communs. Ils connaissent par exemple plus de difficultés financières que les autres. Le principal risque souligné : la durée de l’éloignement qui rend de plus en plus difficile le retour vers la formation ou l’emploi.
Ce qu’en dit VersLeHaut
Le phénomène des jeunes NEET interroge notre capacité collective à prévenir les ruptures et à maintenir un lien éducatif tout au long des parcours. Beaucoup de ces jeunes ont progressivement perdu le contact avec les institutions mais surtout avec des éducateurs de confiance - personnels scolaires, responsables associatifs, formateurs, mentors, travailleurs sociaux . D’où l’utilité d’être en mesure de se porter à leur rencontre et de rétablir les liens. L’association 432A, dans les Hautes-Alpes, illustre cette approche du "dernier kilomètre" : aller vers les jeunes, au plus près de leur lieu de vie, pour reconstruire une relation de confiance et éviter qu’ils ne disparaissent des radars.
« On connaît une désertion de la classe moyenne » : les colonies de vacances, une institution française en déclin
Le Nouvel Obs
En 2019, Gabriel Attal, alors secrétaire d’État à la jeunesse, les avait qualifiées de "formidable levier d’émancipation". Quelques années plus tard, seuls 1,3 millions d’enfants ont fréquenté les colonies de vacances en 2024-2025. Très loin des 4 millions des années 1960. Ce sont surtout les classes moyennes qui les ont désertées. Les causes sont multiples : désengagement des collectivités territoriales et des comités d’entreprise, individualisation des séjours, départs en famille plus fréquents. Les initiatives publiques pour les revitaliser - pass colo, colos apprenantes - se sont révélées peu concluantes. Pourtant, ces séjours demeurent pour beaucoup d’enfants l’occasion de premières expériences essentielles : premier temps sans les parents, premier voyage en train, première fois à la mer. Sans compter la découverte de la vie en collectivité et de la mixité sociale et géographique.
Ce qu’en dit VersLeHaut
Les colonies de vacances constituent un des objets autour desquels se construisent les alliances éducatives. Ce sont les efforts conjoints des collectivités, associations, entreprises qui permettent effectivement de proposer ces séjours aux familles. Ce déclin illustre la faiblesse actuelle de cette approche collective. Le manque de confiance, le désengagement des acteurs historiques, mais aussi un certain isolement - un tiers des parents estime que l’éducation de leur enfant ne concerne qu’eux - conduit à un recentrage autour de la famille. Alors même que cette vie familiale est aussi vécue à des degrés divers comme une contrainte par les jeunes. Certaines associations sportives ou de proximité, comme par exemple Sport dans la ville, font le choix de proposer des séjours collectifs sur la base de la confiance construite durant l’année avec les familles. C’est sans doute en revitalisant ce lien quotidien qu’on pourra faire perdurer ces temps collectifs si émancipateurs.
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NEET, qui signifie not in education, employment or training est une classification sociale d’une certaine catégorie de personnes sans emploi ne poursuivant pas d’études et ne suivant pas de formation.