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Histoire de l’éducation
Pages 125 à 155
Quelle autonomie dans les établissements classés en éducation prioritaire (1982-2005) ?
Par Lydie Heurdier
Pages 125 à 155
Résumé
Pour les établissements classés en éducation prioritaire, les manifestations concrètes de l’autonomie accordée aux équipes de terrain sont observables notamment à deux périodes. Sous Alain Savary d’abord, dans une volonté de rénovation pédagogique et de lutte contre l’échec scolaire, le projet et le fonctionnement de la ZEP devaient être articulés avec ceux des écoles et collèges concernés, et adaptés au contexte local. Ils ont donné lieu à des expériences diverses. À partir de 1998 ensuite, alors que le projet d’établissement s’impose désormais à tous, la contractualisation via les contrats de réussite limite les initiatives en éducation prioritaire tandis que la création de pôles d’excellence est fortement encouragée. Le pilotage très encadré réduit de fait l’autonomie des acteurs de terrain qui devient toute relative.
Plan
Introduction
I. Une parenthèse dans le système scolaire ? Un soutien ministériel (1981-1984) qui impulse une dynamique parfois durable (1985-1989)
1. Les équipes d’animation : diversité dans la composition et le fonctionnement
2. Projets de zone et projets d’action éducative (PAE) : diversité des priorités et des actions
2.1. La ZEP de Montreynaud (Saint-Étienne, Loire) : priorité à l’inter-degrés et au partenariat
2.2. La ZEP du Havre-Nord (Seine-Maritime) : transformations des pratiques pédagogiques, ouverture et partenariat
II. Contrats de réussite et « pôles d’excellence » en ZEP : contraintes ou opportunités (1998-2005) ?
1. Réticences et accommodements face à une contractualisation progressive et généralisée
2. Les « pôles d’excellence » : inquiétudes et désaccords
2.1. Divergences entre Cabinet et Direction de l’enseignement scolaire
2.2. Des engagements locaux prudents ou pragmatiques, confrontés à une idée de l’excellence toute relative
Conclusion
[Extrait de doi.org du 09.07.26
Les publications de Lydie Heurdiersur shs.cairn.info
Histoire de l’éducation, 2026/1
262 pages | ENS Éditions
L’autonomie des établissements publics d’enseignement secondaire en France, de l’Ancien Régime à nos jours
Ce dossier présente, sur la longue durée, la situation administrative des établissements d’enseignement secondaire (collèges d’Ancien Régime, puis lycées et collèges) en les replaçant dans les débats relatifs à l’autonomie des établissements scolaires. L’étude sur le temps long permet, d’une part, de questionner le lieu commun associant l’idée d’un manque d’autonomie des établissements au centralisme uniformisateur napoléonien, et, d’autre part, de nuancer l’affirmation selon laquelle c’est la massification de l’enseignement secondaire qui aurait rendu nécessaire l’autonomie des collèges et des lycées. La question de l’autonomie est examinée dans tous ses aspects : administratif, pédagogique, financier. Une question récurrente est celle de savoir si l’autonomie de l’établissement doit être associée au renforcement de l’autorité du chef d’établissement, ou si elle doit permettre une démocratisation de la gestion de l’établissement. Par ailleurs, l’autonomie de l’établissement ne doit pas être considérée seulement par rapport à l’État, mais aussi par rapport au pouvoir municipal, comme le montre la situation des collèges d’Ancien Régime et des collèges municipaux au XIXe siècle. Aussi bien la question de la décentralisation interfère-t-elle avec celle de l’autonomie des établissements. Il en va de même de celle de la déconcentration, les rectorats pouvant se montrer dirigistes. Ce dossier ne néglige pas les cas particuliers des établissements situés en ZEP ainsi que celui des établissements expérimentaux.