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Ségolène Paris-Lefel : Le passeport de compétences n’a pas dit son dernier mot
Avec des items modifiés et une mise à jour visuelle, le passeport de compétences conçu par Ségolène Paris-Lefel est facilement duplicable. L’enseignante de SVT au collège Julien Lambot de Trignac (44) nous détaille les avantages de cet outil didactique. « Ce qui est le plus intéressant c’est sa conception car il offre à l’enseignant.e une réflexion approfondie sur les objectifs d’apprentissages mais aussi sur les obstacles, les nœuds pédagogiques qu’il faudra dépasser pour réussir la compétence », écrit-elle sur son site qui fourmille d’idées. Formuler une hypothèse, s’impliquer dans un groupe ou encore classer des éléments font partie des points (auto)évalués.
Quel est ce passeport de compétences ? A quoi sert-il ?
L’évaluation par compétences a toujours été une réflexion que j’ai aimé mener. Déjà lors de mon stage à l’IUFM, j’avais choisi ce thème transversal pour mon mémoire. Lors de la réforme de 2016, j’ai décidé de changer mon fonctionnement de classe et de mettre le focus sur 6 à 10 compétences évaluées par trimestre. Évidemment, je travaille les autres compétences avec les élèves toute l’année mais j’en choisis quelques-unes qui sont au cœur de l’évaluation du trimestre, que l’on va expliciter davantage et travailler dans différents contextes notionnels.
Afin de rendre cela le plus explicite possible pour les élèves comme pour les parents, j’ai décidé de décliner les niveaux de maîtrise sous forme d’échelles descriptives. Je les ai regroupées dans un livret distribué dès le début de l’année, je l’ai appelé le « passeport de compétences ». Grâce à cet outil, les attendus sont connus dès le début d’année. C’est un excellent travail didactique à mener pour l’enseignant.e : identifier les étapes de l’acquisition d’une compétence et les obstacles à sa réalisation.
Le support sert aussi à ce que les élèves puissent voir leurs progrès : chaque activité permet de travailler l’une des compétences du trimestre et j’organise ma programmation annuelle pour qu’il y ait 3 à 4 occurrences pour chacune. Ainsi, visuellement, à la fin de chaque chapitre, les élèves voient mes « coches » qui se déplacent vers le niveau expert, témoignant de l’amélioration de leur maitrise. C’est le meilleur niveau atteint que je conserve pour le calcul de leur moyenne
En quoi a-t-il été mis à jour ?
Cet été, j’ai voulu donner un coup de neuf à mes supports dont la trame datait de 2016, une époque où je n’utilisais pas encore Canva ! Un nouveau look pour un outil dont le fonctionnement reste inchangé. J’ai retravaillé quelques-unes des formulations aussi afin de rendre le passeport le plus accessible possible.
J’ai également ajouté le QR code vers le pad de remédiation pour chacune des compétences ainsi qu’une dernière page à signer « comment aider mon enfant en sciences » qui était auparavant à part.
Comment sont organisés vos passeports au cours de l’année scolaire ?
On peut commencer au niveau débutant, surtout lorsqu’on découvre une compétence (faire un dessin d’observation, formuler un problème, étudier un graphique …) et acquérir petit à petit le savoir-faire, sans être pénalisé.e par une note sanction. C’est un excellent moyen de placer la correction au centre de la pédagogie de ma classe : les élèves ont envie de comprendre leur erreur pour faire mieux à l’évaluation suivante, chacune d’elle étant une simple étape vers une autre occasion de réussir. Un ensemble d’aides découle de la réflexion sur les échelles descriptives. Elles sont fournies au fur et à mesure aux élèves, en fonction des besoins, pour les aider à atteindre le niveau supérieur. Cet étayage a pour objectif de donner les clés aux élèves pour ensuite qu’ils et elles réalisent seul.es le travail attendu.
Quel regard portez-vous sur le changement de perspective pour l’évaluation des compétences pour le DNB ?
Le passeport de compétences est désormais le support qui condense tout. Même si les modalités pour le calcul de l’obtention du DNB change, je vais garder ce fonctionnement de classe. Il rend les apprentissages plus clairs selon moi. Il est tout à fait possible d’associer une note à chaque niveau de maîtrise obtenu, Pronote fait cela très bien de façon automatique d’ailleurs ! En 2016, malgré l’orientation prise par nos IPR « le programme sert de support à l’évaluation des compétences », j’avais conservé l’évaluation des notions à la fin de chaque chapitre, sous forme d’un petit contrôle de 10/15 min avec uniquement des questions de leçon, car pour moi, il est important que les élèves apprennent aussi des notions pour avoir un bagage suffisant pour analyser des documents et construire une réflexion. Ce sont désormais les seules copies que je corrige, toutes les autres évaluations ayant lieu pendant les séances en classe, avec un feedback immédiat pour les élèves sur leur production, possible grâce à des séances en autonomie où mon rôle est essentiellement de circuler pour évaluer et étayer selon les besoins et l’avancée des élèves.
Un quotidien de classe où la différenciation est centrale : pour le rythme de travail, pour le niveau de maîtrise et les aides apportées et même pour le choix des activités à réaliser.
Propos recueillis par Julien Cabioch