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Dans le cadre d’un LéA, écrire en maths en maternelle en REP+ pour réduire les inégalités scolaires (Cahiers pédagogiques)

14 novembre

Écrire en maths en maternelle pour réduire les inégalités
Florence Quinton, Ingrid Poisson, Cécile Allard, Maíra Mame

Dès l’entrée au CP, les écarts de réussite en mathématiques entre élèves de REP+ et leurs camarades hors éducation prioritaire sont frappants. un collectif de quatre enseignantes-chercheuses et huit enseignantes d’école maternelle a expérimenté un travail approfondi sur les usages de l’écrit pour aider les élèves à mieux s’approprier la résolution de problèmes...
Dans le cadre du LéA-IFÉ Ecrainum (Lieu d’éducation associé à l’IFE – Écrire et raisonner avec les nombres) en parallèle du groupe IREM Maths en mater, un collectif de quatre enseignantes-chercheuses et huit enseignantes d’école maternelle a expérimenté un travail approfondi sur les usages de l’écrit pour aider les élèves à mieux s’approprier la résolution de problèmes. Malgré des débuts contrastés, cette démarche montre qu’acculturer les élèves aux écrits mathématiques peut contribuer à réduire les inégalités scolaires.
Le poids des inégalités sociales sur les inégalités scolaires est une constante dans le paysage éducatif français. Il apparait très tôt dans la scolarité et se répercute dès l’entrée en CP, d’après une note de la DEPP : « Les élèves entrant dans des écoles en éducation prioritaire sont plus souvent en difficulté dès le début de CP. […] En mathématiques en début de CP, les différences les plus marquées sont constatées pour la résolution de problèmes. La proportion d’élèves du secteur public hors éducation prioritaire qui présentent une maîtrise satisfaisante dans ce domaine est de 71 %, contre 55 % en REP et 48 % en REP+. »

Notre travail pour tenter de réduire les inégalités scolaires repose sur deux hypothèses :

les élèves de REP+ doivent dès la maternelle être confrontés à des tâches consistantes, c’est-à-dire dont la solution n’est pas immédiate et requiert un raisonnement ;
les élèves de REP+ doivent être davantage acculturés aux différents usages de l’écrit en mathématiques.

Les tâches consistantes proposées à nos élèves, dans un premier temps, sont celles élaborées au sein du Corem (Centre pour l’observation et la recherche sur l’enseignement des mathématiques, qui a fonctionné de 1973 à 1998). Nous nous sommes appuyées sur la théorie des situations didactiques de Guy Brousseau à partir de cinq situations pour assurer des conditions favorables à l’émergence et l’apprentissage de nouveaux savoirs : la dévolution, les situations d’action, les situations de formulation, les situations de validation et l’institutionnalisation.

À partir des séances en classe, parfois filmées et menées en co-intervention, notre collectif s’est attaché à repérer, à chaque étape, les freins et les leviers dans le processus d’apprentissage des élèves. L’analyse des séances par le collectif a consisté, entre autres, à identifier des gestes professionnels et des interactions langagières afin de construire des savoirs solides et transposables, afin de repérer les malentendus entre la tâche proposée et les potentiels apprentissages des élèves.
Difficultés avec l’écrit

À l’issue de la première année (2021-2022), les enseignantes constatent un engagement accru et plus confiant des élèves dans les situations-problèmes, s’appuyant sur les évaluations internes de fin de grande section. Cependant, en septembre 2022, les résultats des évaluations nationales de début de CP de ces mêmes élèves sont décevants, notamment pour l’item « résoudre des problèmes ». Les enseignantes observent surtout une discordance entre les capacités perçues en fin de grande section et les résultats des évaluations de début CP.

Le collectif a analysé alors les items des évaluations de CP, en particulier leur forme écrite. Il émet l’hypothèse que les élèves issus de milieux socioculturels défavorisés, davantage éloignés de la culture écrite, seraient déstabilisés par la forme de l’exercice. De plus, la passation, seulement quinze jours après la rentrée, n’est pas favorable aux élèves qui ont pu être éloignés des savoirs scolaires pendant les vacances d’été.

Nous allons développer notre propos à partir d’un exemple d’exercice en résolution de problèmes dont voici l’énoncé (p. 22 du fascicule) : « Six poules veulent couver un œuf chacune. Il y a seulement trois œufs. Combien d’œufs doit-on ajouter pour que chaque poule couve un œuf ? »
[...]

Extrait de cahiers-degagogiques.com du 12.11.25

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