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Lutte contre "l’entrisme islamiste" : dépassionner la question de l’enseignement de l’arabe en France
Malgré une demande croissante, l’enseignement de la langue arabe à l’école en France reste marginal, freiné par des controverses politiques et des fantasmes identitaires. Un récent rapport sur l’"entrisme des Frères Musulmans" relance le débat en préconisant d’encourager l’enseignement de cette langue - la deuxième plus parlée en France - pour "ne pas laisser le monopole aux écoles coraniques".
Avec ses trois à quatre millions de locuteurs, l’arabe dialectal est la deuxième langue la plus parlée en France. Et pourtant, seuls 410 collèges et lycées proposent de l’enseigner - essentiellement en deuxième langue vivante, selon le ministère français de l’Education.
L’enseignement scolaire de cette langue, qu’un rapport consacré aux Frères musulmans préconise d’encourager pour "ne pas laisser le monopole aux écoles coraniques", reste peu développé, notamment en raison d’une politisation excessive du sujet, déplorent syndicats et enseignants.
"Malgré la demande, l’implantation de la langue arabe n’a jamais été plus développée que ça", explique Mohammed Attaoui, professeur d’arabe en lycée et classes préparatoires à Strasbourg.
La rue de Grenelle recense 222 professeurs et 18 790 élèves arabisants dans le secondaire. Une progression, en comparaison des 11 000 élèves de 2017 (contre 41 000 pour le chinois), mais une goutte d’eau par rapport aux 5,6 millions d’élèves du secondaire.
"Par rapport à la demande des familles, cet enseignement est probablement sous-proposé", estime Jérôme Fournier du syndicat SE-Unsa, pour qui "il n’y a pas de volonté ministérielle de le développer".
Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, "cet enseignement est très clairement sous-dimensionné". "Aujourd’hui, c’est un problème et c’est même un manquement de l’Éducation nationale", estime-t-elle.
"La priorité, c’est l’apprentissage du français", selon Retailleau
L’arabe est aussi proposé dans certaines écoles élémentaires via les enseignements internationaux de langues étrangères (Eile, anciennement Elco), des cours facultatifs en plus des heures de classe, avec des professeurs fournis par les pays partenaires (Maroc, Algérie et Tunisie pour l’arabe).
Un dispositif qui "ne touche pas énormément d’enfants", indique Guislaine David, secrétaire générale de la FSU-Snuipp, principal syndicat du primaire : 80 000 élèves, dont 60 000 pour l’arabe à la rentrée 2024, selon le ministère.
Le rapport sur l’islamisme publié la semaine dernière estime qu’il "conviendrait d’évaluer" ces Eile. Mais aussi de "développer" l’apprentissage de l’arabe "au sein de l’école de la République pour ne plus en laisser le monopole aux écoles coraniques".
Une proposition que n’endosse pas le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. "La priorité, c’est l’apprentissage du français", a-t-il martelé. [...]
Extrait de france24.com du 27.05.25