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Les politiques éducatives sont-elles rentables ? (Conseil d’analyse économique)
Combien rapporte, à terme, un euro investi dans une politique d’éducation ? Le Conseil d’analyse économique publie quatre "focus" pour exposer les hypothèses de cinq chercheurs pour échafauder un mode de calcul et évaluer les effets de la réussite scolaire sur les salaires futurs, sur l’efficacité de la réduction de la taille des classes, sur celle du redoublement ou sur l’internat d’excellence de Sourdun.
L’EDP (indice d’efficacité des dépenses publiques, Marginal Value of Public Funds en anglais) est "un outil
d’évaluation des politiques publiques qui mesure le rendement social marginal d’un euro net investi par l’État (...) en tenant compte non seulement des coûts budgétaires immédiats, mais aussi des effets différés, comme l’augmentation des recettes fiscales ou la réduction de certaines dépenses publiques futures".
L’équation prend en compte le "coût de la politique pour les finances publiques", le bénéfice social total pour les bénéficiaires en termes de salaires et de conditions de vie et les recettes supplémentaires pour l’État qui seront "induites par l’amélioration de la situation des bénéficiaires" (qui ayant de meilleurs salaires paieront davantage d’impôts). L’EDP peut être inférieur à zéro si "la politique réduit le bien-être des bénéficiaires, tout en générant un coût pour les finances publiques" (ce qui est le cas du redoublement durant les années collège), il peut être > 0 mais < 1 si "le bénéfice social est positif mais reste inférieur au coût net supporté par l’État", il est > 1 si "le bénéfice social est supérieur au coût net", il est "infini "lorsqu’une politique s’autofinance intégralement, c’est-à-dire que son coût net est nul ou négatif "par exemple grâce aux retours fiscaux qu’elle génère". Le coût net est immédiat, les retours fiscaux à terme.
C’est ainsi qu’à l’école primaire, les dédoublements auraient un EDP "infini" et qu’au collège, "chaque euro net dépensé génère un bénéfice social de 7,70 €" (à noter que le raisonnement se fonde sur ce que la recherche internationale dit des effets de la réduction de la taille des classes sur les compétences des élèves et non pas sur les données de la DEPP).
Un euro net dépensé par l’État pour le redoublement produit un bénéfice social nul en primaire et négatif (-0,40 €) au collège.
Quant à l’internat d’excellence de Sourdun, pour chaque euro dépensé, il génèrerait un bénéfice social de 4,50 €.
Les chercheurs signataires de ces "focus" sont Maxime Fajeau, Julien Grenet, Camille Landais, Emma Laveissière, Orane Leonetti, elles sont téléchargeables ici
Voir aussi
L’indice d’efficacité des dépenses publiques appliqué à l’internat d’excellence de Sourdun