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Enquête EPODE : "des pratiques de gestion de classe fréquentes, en particulier chez les enseignants exerçant en éducation prioritaire" (Depp)

2 mai 2025

Note d’Information DEPP n° 25-27, avril 2025
Enquête Epode sur les pratiques enseignantes : premiers résultats au collège de l’édition 2022

Les résultats montrent une certaine stabilité des pratiques enseignantes par rapport à 2018 : les pratiques collaboratives à finalité éducative (trouver des solutions partagées entre professionnels de l’établissement pour remédier à des besoins spécifiques d’élèves ou à des incivilités, par exemple) ainsi que les pratiques d’enseignement explicite restent celles qui définissent le plus fortement la culture professionnelle des enseignants de collège.

L’utilisation pédagogique du numérique, malgré la période de continuité pédagogique imposée par la pandémie de Covid-19 en 2020, demeure peu fréquente.

Les pratiques collaboratives à finalité pédagogique (conception commune d’outils pédagogiques, par exemple) connaissent un recul en 2022.

Les pratiques de gestion de classe, nouvellement documentées, occupent une part importante du temps des enseignants et ils jugent prioritaires celles contribuant à la construction pérenne d’un environnement de classe propice aux apprentissages.

Extrait de education.gouv.fr d’avril 2025

EXTRAIT
[...] Des pratiques de gestion de classe fréquentes, en particulier chez les enseignants exerçant en éducation
prioritaire

La deuxième édition de l’enquête Epode intègre pour la première fois un ensemble de questions recouvrant des pratiques relatives à l’instauration d’un climat de classe propice aux apprentissages. La dimension « gestion de classe », qui synthétise ces questions, obtient en 2022 un des scores de fréquence les plus
élevés parmi l’ensemble des dimensions æfigure 2. Cette dimension présente les écarts de fréquence les plus faibles entre le groupe d’enseignants « les plus déclarants » et le groupe d’enseignants « les moins déclarants », mettant ainsi en lumière la part importante de temps consacrée à ces pratiques pour tous les enseignants (voir figure 10 en ligne). Les dimensions « explicitation de l’enseignement », « évaluation formative » et
« dimension éducative du métier » ont aussi un score de fréquence élevé, témoignant d’une association entre un type d’approches pédagogiques et la construction d’un environnement favorable aux apprentissages.
S’agissant de la gestion du comportement des élèves, les enseignants sont 78 % à déclarer « assez souvent » ou « toujours » reprendre les postures des élèves (adossésau mur, au radiateur, avachis, etc.) ou 86 %
à rappeler immédiatement le règlement de la classe lorsque des élèves ne respectentpas certaines règles æfigure 5. Ce travail important consacré au respect de la posture d’élève entre en cohérence avec
les résultats du Baromètre du bien-être au travail des personnels de l’éducation nationale (Radé, 2022 ; Blanc et al., 2023), les enseignants décrivant notamment la gestion du comportement des élèves comme la tâche leur demandant le plus de temps en dehors de la transmission des connaissances, quels que soient le secteur
et le niveau d’enseignement. Dans l’enquête internationale Talis de 2018, les enseignants déclarent passer un cinquième de leur temps, pour une classe donnée, à maintenir la discipline (OCDE, 2019).
Concernant le degré de priorité accordé aux différentes pratiques de gestion de classe documentées par l’enquête Epode,les résultats révèlent des enseignants soucieux de privilégier des approches telles que le dialogue ou le rappel des règles, misant ainsi sur la construction pérenne d’un environnement de classe propice à la transmission des connaissances, quel que soit le secteur d’enseignement. Les enseignants
sont par exemple 95 % à qualifier de « plutôt prioritaire » ou « très prioritaire » le fait de demander à un élève perturbant la classe de manière persistante de rester en fin de cours pour échanger avec lui. Ils sont 92 % à
accorder le même degré de priorité au rappel immédiat du règlement de classe lorsque des élèves ne respectent pas certaines règles (chewing-gum, port de la casquette, du manteau, etc.). En revanche, les pratiques de gestion de classe relevant davantage de réponses immédiates à des problèmes comportementaux, comme déplacer des élèves lorsque l’enseignant le juge nécessaire, ou hausser la voix en cas de bruit de fond dans la classe, sont des pratiques jugées moins prioritaires.

De manière générale, les enseignants exerçant dans un collège public appartenant à l’EP mettent plus fréquemment en œuvre la quasi-totalité des pratiques de gestion de classe documentées dans l’enquête que leurs homologues exerçant dans un collège public hors EP ou dans un collège privé sous contrat.
Néanmoins, ils décrivent ces pratiques comme moins faisables. Par exemple, 83 % des enseignants exerçant en EP déclarent reprendre « assez souvent » ou « toujours » les postures des élèves, contre 77 % de ceux
exerçant hors EP ou dans un collège privé sous contrat. Ils sont 86 % à considérer cela comme « plutôt faisable » ou « tout à fait faisable », contre 92 % hors EP (soit 10 points de moins) et 96 % dans le privé sous contrat (voir figures 14, 15 et 16 en ligne).

 

Que retenir de cette enquête sur les pratiques pédagogiques enseignantes ?

Pas moins de 86 activités, pratiques et postures ont été analysées sur plus de 2000 enseignants pour cette seconde édition de l’enquête EPODE (Enquête PériODique sur l’Enseignement). Cette dernière a pour objectif de décrire les pratiques professionnelles des enseignants des premier et second degré. Lors de la précédente enquête, 8000 enseignants avaient été sélectionnés dans les écoles et les collèges. La note de la DEPP de 4 pages parue le 30 avril 2025 relate les premiers résultats de l’enquête. Globalement les scores sont stables entre l’étude de 2018 et celle de 2022. Gestion de classe, différenciation pédagogique, lien école-famille, numérique et remédiation sont ainsi passés en revue, sans que ne soit mentionné le lien entre pratiques enseignantes et les effectifs de classes, point central dans cette question.

Les pratiques collaboratives en diminution

On retiendra une baisse marquée pour les pratiques collaboratives chez les enseignant.es. « La proportion d’enseignants déclarant solliciter « assez souvent » ou « toujours » des collègues de toute discipline pour discuter des objectifs formulés dans les programmes a baissé de moitié, passant de 28 % en 2018 à 14 % en 2022 », précise la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance). « La proportion d’enseignants jugeant cette pratique faisable est passée de 57 % à 49 % et celle la jugeant prioritaire de 50 % à 41 %. Ils sont également moins nombreux en 2022 à déclarer échanger fréquemment des ressources pédagogiques avec des collègues ». Les analystes rapprochent ces chiffres en baisse avec les restrictions sanitaires des années concernées. « Le respect des différents protocoles sanitaires a pu induire une charge de travail supplémentaire non négligeable et réduire ainsi les perspectives de collaboration entre collègues ».

Il est toutefois certain que le faible nombre d’heures de concertation rémunérées dédiées aux pratiques collaboratives joue un rôle dans cette baisse. Pour beaucoup d’enseignants du second degré, il n’existe pas d’heures de concertation fléchées dans l’emploi du temps à l’exception des collèges REP+. Le cas échéant, le travail de concertation est donc un temps de travail non-rémunéré, comme de nombreuses missions des enseignant.es. Peut-être faut-il traduire cette baisse comme une fatigue des professeur.es.

Le numérique éducatif ne perce pas en France

« L’intégration du numérique à la séance d’enseignement n’a pas connu une véritable évolution entre 2018 et 2022, que ce soit en matière de fréquence de mise en œuvre ou de faisabilité et reste relativement faible », retient la DEPP. Seules les autoévaluations ont le vent en poupe dans les salles de classe ou à la maison. La note rappelle l’écart avec les pays européens concernant les usages des TICE (36% vs 48% des enseignants européens les utilisent fréquemment pour des projets de classe).

« 39 % des enseignants déclarent donner fréquemment accès aux élèves à des outils numériques multiples pour réaliser des productions variées (texte, audio, vidéo, etc.) et 21 % utiliser fréquemment le numérique pour mutualiser les productions individuelles et favoriser les productions collectives ». Pour aider les élèves à besoin particulier, le numérique est souvent utilisé par les enseignants.

La gestion de classe au collège : quelles priorités ?

L’enquête indique également les pratiques privilégiées par les enseignant.es quant à la gestion de la classe. « S’agissant de la gestion du comportement des élèves, les enseignants sont 78 % à déclarer « assez souvent » ou « toujours » reprendre les postures des élèves (adossés au mur, au radiateur, avachis, etc.) ou 86 % à rappeler immédiatement le règlement de la classe lorsque des élèves ne respectent pas certaines règles ».

L’enquête Epode révèle « des enseignants soucieux de privilégier des approches telles que le dialogue ou le rappel des règles, misant ainsi sur la construction pérenne d’un environnement de classe propice à la transmission des connaissances, quel que soit le secteur d’enseignement ». 95 % des enseignants qualifient de « plutôt prioritaire » ou « très prioritaire » le fait de demander à un élève perturbant la classe de manière persistante de rester en fin de cours pour échanger avec lui.

« De manière générale, les enseignants exerçant dans un collège public appartenant à l’éducation prioritaire mettent plus fréquemment en œuvre la quasi-totalité des pratiques de gestion de classe documentées dans l’enquête que leurs homologues exerçant dans un collège public hors EP ou dans un collège privé sous contrat », conclut la note. Les pratiques enseignantes ne sont pas les mêmes selon le profil d’élèves ni selon leur nombre. Ces aspects humains, sociaux et pratiques sont absents de la note, ils sont pourtant essentiels dans les pratiques enseignantes, s’il fallait le rappeler au ministère.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 02.05.25

 

Les pratiques des enseignants de collège étaient, en 2022, très semblables à celles décrites lors de la première édition de l’enquête "EPODE", en 2018, sauf en ce qui concerne les pratiques collaboratives et l’utilisation du numérique pour l’auto-évaluation des élèves, selon la note d’information que vient de publier la DEPP (le service statistique de l’Education nationale).

C’est ainsi que "la proportion d’enseignants déclarant solliciter ’assez souvent’ ou ’toujours’ des collègues de toute discipline pour discuter des objectifs formulés dans les programmes a baissé de moitié, passant de 28 % en 2018 à 14 % en 2022. Au cours de la même période, la proportion d’enseignants jugeant cette pratique faisable est passée de 57 % à 49 % et celle la jugeant prioritaire de 50 % à 41 %. Ils sont également moins nombreux en 2022 à déclarer échanger fréquemment des ressources pédagogiques avec des collègues." Pour comprendre ce recul, la DEPP fait l’hypothèse de l’ "l’épuisement professionnel" des enseignants au sortir de la crise sanitaire. "Le recul des pratiques collaboratives est, de surcroît, associé à celui des pratiques liées au développement professionnel et à l’interdisciplinarité, pratiques également exigeantes du point de vue de l’investissement personnel." Le service statistique n’envisage pas un moindre portage politique de l’interdisciplinarité.

En revanche, "la collaboration avec l’équipe à finalité éducative et l’explicitation de l’enseignement restent les dimensions présentant le score de fréquence le plus élevé, définissant ainsi le plus fortement la culture professionnelle des enseignants. À l’inverse, l’utilisation pédagogique du numérique, l’interdisciplinarité et la remédiation obtiennent, comme en 2018, des scores de fréquence parmi les plus faibles (...). L’intégration du numérique à la séance d’enseignement n’a pas connu une véritable évolution entre 2018 et 2022", sauf en ce qui concerne les pratiques d’autoévaluation : "l’utilisation du numérique pour permettre aux élèves de mesurer leurs acquis et lacunes avant d’entrer dans une situation d’apprentissage et l’utilisation du numérique pour permettre aux élèves de mesurer leurs progrès à l’issue d’une situation d’apprentissage (...) sont décrites comme ’plutôt faisables’ ou ’tout à fait faisables’ par respectivement 45 % et 50 % des enseignants en 2022, contre 35 % et37 % en 2018 (...). Ces deux pratiques sont davantage mises en œuvre par les enseignants en début de carrière, en classe de troisième et dans les établissements publics, en particulier ceux appartenant à l’éducation prioritaire."

Extrait de touteduc.fr du 30.04.25

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