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Un jeune sur 5 ne fait pas de sport régulièrement pendant ses loisirs, particulièrement dans les milieux populaires (Injep)

8 avril 2025

Un collégien sur cinq ne fait pas de sport régulièrement pendant ses loisirs
CollectionINJEP Analyses & synthèses
AuteurJean-Paul Caille, expert scientifique INJEP

À 13 ou 14 ans, près d’un collégien sur cinq n’avait pas d’activité sportive régulière pendant ses loisirs en 2019. Plus souvent des filles, les deux tiers de ces jeunes ont des parents qui sont eux-mêmes pas ou peu sportifs. Seuls trois collégiens éloignés de la pratique sur dix affirment que le sport est un loisir qu’ils n’ont jamais aimé. La situation la plus fréquente est celle de jeunes qui perçoivent positivement le sport, mais pour qui l’isolement, la nécessité de performance et les contraintes de coût, d’éloignement ou de temps constituent autant de freins à une pratique plus régulière.

En 2019, près de 18 % des élèves de 13 ou 14 ans ne faisaient pas de sport régulièrement pendant leur temps libre : 7 % n’en avaient jamais fait depuis le début de l’année scolaire en dehors des cours obligatoires et 11 % n’en avaient fait qu’occasionnellement (au plus une ou deux fois par mois). La sédentarité des adolescents étant devenue un problème majeur de santé publique, mieux connaître ces jeunes et leur rapport au sport constitue un enjeu important de politique publique : d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [1], 73 % des jeunes Français âgés de 11 à 17 ans n’atteignent pas les standards d’activité physique recommandés1 et la France se classe 119e sur 146 pour le niveau d’activité physique de cette tranche d’âge.

Qui sont ces collégiens et collégiennes peu ou pas sportifs ? Quel est leur rapport au sport ? Comment le perçoivent-ils ? Pour y répondre, cette étude mobilise les informations recueillies dans l’Enquête sur les activités des jeunes en dehors du collège, réalisée par l’INJEP et la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) en 2019 sur un échantillon de 12 000 collégiens [encadré « Source »].

Les collégiens rétifs au sport sont d’abord des filles et des jeunes de milieu populaire
L’absence de pratique sportive régulière pendant les loisirs est plus fréquente chez les filles : 22 % d’entre elles contre 14 % des garçons sont, à 13 ou 14 ans, peu ou pas sportives [tableau 1, en ligne] et elles constituent à elles seules 61 % des collégiens éloignés du sport. C’est aussi un phénomène très inégal socialement : respectivement 21 % et 27 % des enfants d’ouvriers et d’inactifs sont peu ou pas sportifs contre seulement 10 % des enfants de cadres et de chefs d’entreprise. Le sport est en effet l’une des pratiques culturelles les plus dépendantes de la transmission familiale [2] : 26 % des jeunes n’ont pas d’activité sportive régulière pendant leurs loisirs quand leurs parents ne pratiquent jamais, contre seulement respectivement 9 % et 11 % quand la mère ou le père font du sport plusieurs fois par semaine [tableau 1, en ligne]. L’intérêt des parents pour le sport joue également : plus ils assistent à des manifestations sportives et plus leur enfant fait du sport régulièrement. Or, les milieux sociaux les plus favorisés consacrent davantage de temps au sport pendant leurs loisirs [3, 4]. De plus, l’absence de pratique sportive régulière est très liée à la manière dont les collégiens passent leurs vacances d’été – période propice au sport, elle aussi, liée au milieu social et au niveau de ressources de la famille. En effet, la part de collégiens peu ou pas sportifs diminue à mesure que la durée des départs lors des vacances d’été s’accroît et lorsque le jeune est parti en colonie de vacances.

Et de fait, à caractéristiques comparables, l’importance du rapport au sport des parents, les modalités de départ en vacances et le fait d’être une fille, sont fortement corrélés avec la probabilité d’être peu ou pas sportif, alors qu’aucun lien significatif ne ressort avec le milieu social ni le niveau de diplôme des parents [tableau 1 en ligne, colonne « écarts nets »]. Malgré les disparités territoriales d’équipements sportifs, aucune différence significative n’apparaît selon la taille de la commune de résidence. Enfin, toujours à caractéristiques comparables, seuls les jeunes présentant le niveau en français et en mathématiques le plus élevé ont une probabilité moins forte d’être peu ou pas sportifs alors que la situation contraire s’observe parmi les élèves parvenus en 3e en avance. Pourtant, le temps dédié au sport ne semble pas entrer en concurrence avec celui consacré à la scolarité, le risque d’être peu ou pas sportif se réduisant à mesure que le temps passé à faire les devoirs s’allonge.

Isolement et nécessité d’être performant, premiers obstacles à la pratique sportive
Interrogés sur les choses qui leur déplaisent dans le sport, les collégiens peu ou pas sportifs évoquent plusieurs causes (en moyenne trois items sur les neuf proposés) : 56 % d’entre eux citent le fait que le sport est un loisir qu’il n’est pas agréable de pratiquer seul, motif qui se détache nettement, comme si le manque de partenaire pour pratiquer était souvent sous-jacent à l’absence d’activité sportive régulière [figure 1]. Par ailleurs, la nécessité d’être performant et d’aimer la compétition pour prendre du plaisir au sport est un autre aspect qui déplaît à près de la moitié d’entre eux (45 %).

Les différentes contraintes (éloignement des installations sportives, coût et manque de temps) qui peuvent entraver la pratique sportive sont chacune évoquées par près d’un tiers des collégiens peu ou pas sportifs. Toutefois, leur rôle ne doit pas être sous-estimé puisque 60 % en évoquent au moins une alors que ce n’est le cas que d’un quart des pratiquants réguliers.

Plus fréquente chez les filles et les jeunes dont aucun des parents ne fait de sport, une absence totale de goût pour le sport reste minoritaire : seulement 29 % de collégiens éloignés de la pratique régulière indiquent que le sport est un loisir qu’ils n’ont jamais aimé. C’est néanmoins un sentiment qui distingue nettement les jeunes ne faisant jamais de sport des pratiquants occasionnels : plus du tiers des premiers, mais seulement le quart des seconds souscrivent à une telle opinion.

Par ailleurs, les cours d’éducation physique et sportive (EPS) ne semblent pas toujours en mesure de rapprocher les jeunes de la pratique sportive : 39 % des collégiens pas ou peu sportifs pensent qu’ils n’incitent pas à faire du sport en dehors des heures de classe. Enfin, si la réticence à exposer son corps concerne 31 % d’entre eux, seulement un collégien peu ou pas sportifs sur cinq craint le risque de blessure ou de violence. [...]

Extrait de injep.fr du 04.04.25

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