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Le Mépris
Émotion collective, passion politique
François Dubet
Le Seuil, septembre 2025
Pas une grève, pas une mobilisation, pas un sondage qui ne dénonce le « mépris » des dirigeants ou des élites. Ce sentiment existe chez les plus discriminés, mais pas seulement. Des enseignants aux Gilets jaunes, des groupes entiers se sentent dédaignés, ignorés, regardés de haut. Pour comprendre cette émotion collective, on doit faire appel à une sociologie générale : épuisement de la société industrielle et de ses rapports de classes, violence de la mondialisation, essor des nouvelles technologies, mutation de la subjectivité qui exhorte l’individu à être responsable de son destin. Lorsque les citoyens se disent méprisés par le « système », la démocratie est menacée par le ressentiment et la dénonciation de « coupables ». Comment trouver à cette colère d’autres expressions culturelles et politiques ?
François Dubet est professeur émérite de sociologie à l’université de Bordeaux, directeur d’études à l’EHESS. Il a notamment publié, aux Éditions du Seuil, Les Places et les Chances (2010), La Préférence pour l’inégalité (2014) et Le Temps des passions tristes (2019).
Extrait de seuil.com du 28.09.25
Entretien François Dubet, sociologue : « Aujourd’hui, chacun est exposé individuellement au mépris »
Du mépris de classe à la « concurrence des mépris », le sociologue explore dans un livre les subtilités de ce sentiment auquel nous serions devenus plus sensibles, et qui permet aux droites populistes de prospérer.
Dans un court essai, François Dubet s’intéresse au mépris comme « émotion collective » et « passion politique ».
Bien sûr, il y aura toujours des gens distingués pour dire aux autres qu’ils ont « des goûts de merde ». Tout comme il y aura toujours des responsables politiques pour sous-entendre que les allocations de rentrée des plus pauvres servent à acheter des écrans plats (Jean-Michel Blanquer), ou qu’on croise dans les gares « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » (Emmanuel Macron).
Bref le mépris de classe se porte bien, mais ce n’est pas ce mépris-là que François Dubet analyse dans le Mépris. Emotion collective, passion politique (Seuil), écrit au som
[...] "Aujourd’hui, les individus interprètent les inégalités en termes de discrimination [...] Aujourd’hui, il y a 26 discriminations retenues par la loi..."
Extrait de liberation.fr du 04.10.25
François Dubet, sociologue : « Le mépris est le carburant émotionnel des populismes »
Cette émotion collective est aujourd’hui très présente dans les mouvements sociaux comme les « gilets jaunes » ou Bloquons tout, observe l’auteur de l’ouvrage « Le Mépris. Emotion collective, passion politique » dans un entretien au « Monde ». Elle échoue cependant, selon lui, à donner une forme politique aux révoltes contemporaines.