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L’autocensure en classe depuis Samuel Paty et les « refus implicites » d’apprentissage : témoignages d’un dessinateur de presse et d’une cosecrétaire du SNES-FSU de l’académie de Besançon (L’Est républicain)

26 décembre 2024

Autocensure en classe depuis Samuel Paty : le témoignage d’un dessinateur de presse jurassien

Titouan Faivre, dessinateur de presse franc-comtois, intervient régulièrement dans les salles de classe pour aborder la liberté d’expression. L’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, a changé sa manière de faire. S’il s’oblige dans certaines situations à « arrondir les angles » pour éviter les conflits, il lui arrive aussi de s’autocensurer.

Le 16 octobre 2020, quand Samuel Paty est décapité par un terroriste islamiste à Conflans-Sainte-Honorine, Titouan Faivre est à Vesoul. C’est un vendredi, le jour où il intervient au collège [REP] Jacques-Brel.

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Lors de ses interventions, il montre notamment des dessins satiriques et des caricatures. Du visage du roi Louis-Philippe Ier en forme de poire aux dessins de Charlie Hebdo, en passant par ses propres dessins. Et ce pour définir avec son auditoire ce qu’est la liberté d’expression et où elle s’arrête, mais aussi « pour savoir si le dessinateur de presse doit présenter la même objectivité que le journaliste. La réponse est non ».

[...] Depuis la tragédie, le dessinateur a « appris à arrondir les angles. Tout se fait au ressenti, aux regards échangés. Quand j’entre dans certaines classes, au bout d’à peine quelques secondes, je sais que je ne vais montrer aucune caricature de Charlie Hebdo, ni même évoquer son nom ». S’il n’y a pas de circonstances précises qui le conduisent à s’autocensurer, certains contextes s’y prêtent. « Quand j’entre dans la salle, si c’est le gros bordel et que je vois que l’enseignant a du mal à gérer ses élèves, je me dis que ça va être compliqué. Et quand je commence à parler de la liberté d’expression, si certains lèvent les yeux au ciel et soupirent, ce n’est même pas la peine de tenter d’avoir un débat constructif avec eux. »
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Extrait de c.estrepublicain.fr du 19.12.24

 

Plus inquiétants que les rares conflits, les « refus implicites » d’apprentissage

[...] Selon Nathalie Faivre, « il faut distinguer l’autocensure du fait de faire attention à la façon dont on formule les choses pour être le moins conflictuel possible ». La secrétaire syndicale évoque « des sujets qui, traditionnellement, provoquent des crispations ». Comme le génocide arménien - « les collègues d’histoire-géo savent qu’en abordant ce sujet, s’il y a des élèves d’origine turque dans la classe, ça risque de déclencher des réactions ou des discussions » - ou l’éducation sexuelle

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Nathalie Faivre pour qui « les situations de conflit sont très minoritaires », tient à répéter cette notion de « refus implicite. Ce qui inquiète le plus les enseignants, ce n’est pas les rares cas d’agressivité, mais c’est ce détachement d’un certain nombre d’élèves. Ça, c’est le plus grave pour nous. C’est discret, les élèves ne disent rien, mais ils n’en pensent pas moins. À nos yeux, c’est plus préoccupant que les rares cas de conflits ouverts ».

Extrait de c.estrepublicain.fr du 19.12.24

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