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Selon une étude américaine, les enfants de milieu défavorisé se couchent plus tard et dorment moins que les autres, ce qui peut influer sur le développement de leur cerveau (The Conversation)

24 septembre 2024

Un sommeil de mauvaise qualité peut avoir des effets délétères sur le développement du cerveau.

Auteurs
Emily C. Merz
Assistant Professor of Psychology, Colorado State University

Melissa Hansen
Ph.D. Candidate in Cognitive Neuroscience, Colorado State University

En tant que neuroscientifiques, nous nous passionnons pour les questions touchant à la réduction des disparités socioéconomiques qui peuvent influer sur le développement des enfants. À ce titre, notre objectif est de mieux comprendre comment de telles disparités affectent la qualité du sommeil et le développement du cerveau chez les plus jeunes. Pour mener nos travaux les plus récents, nous avons recruté 94 enfants âgés de 5 à 9 ans vivant à New York, au sein de familles dont de statuts socioéconomiques variés. Parmi les foyers participants, environ 30 % percevaient des revenus inférieurs au montant considéré comme le seuil de pauvreté aux États-Unis.

Les résultats que nous avons obtenus indiquent que le manque de sommeil et les heures de coucher tardives sont associés à des modifications fonctionnelles du cerveau. Potentiellement nuisibles, ces changements sont localisés dans des régions importantes pour faire face au stress et contrôler les émotions négatives. Nos travaux révèlent par ailleurs que les enfants issus de familles disposant de peu de ressources économiques sont particulièrement à risque d’être concernés par ces modifications cérébrales.

[...] Pourquoi les enfants socioéconomiquement défavorisés dorment-ils plus mal ?
On l’a vu, les enfants issus de familles ou de quartiers avec peu de ressources socioéconomiques peuvent être plus à risque de problèmes de santé mentale liés au stress, en partie à cause des effets négatifs de leur environnement sur la qualité de leur sommeil. Mais pourquoi ?

Les données que nous avons collectées suggèrent que les parents qui peinent à joindre les deux bouts ont plus de difficulté à maintenir les routines familiales, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la régularité des routines de coucher, aboutissant de ce fait à un sommeil moins réparateur pour les enfants.

Il est toutefois probable qu’il existe de multiples facteurs expliquant les liens entre moindre niveau socioéconomique et mauvaise qualité du sommeil. Des difficultés financières peuvent par exemple empêcher l’acquisition d’une literie confortable, forcer à dormir dans des chambres surpeuplées, trop chaudes, trop lumineuses, ou encore obliger à habiter dans un quartier bruyant, etc.

Les résultats que nous avons obtenus plaident pour la mise en place de politiques garantissant que toutes les familles disposent de ressources économiques suffisantes pour subvenir aux besoins de leurs enfants. D’autres travaux ont montré qu’accorder des compléments de revenus aux familles dans le besoin peuvent améliorer non seulement les fonctions cérébrales des enfants, mais aussi leur santé mentale ainsi que leurs résultats scolaires.

Soulignons pour finir que jusqu’ici, la plupart des recherches sur le sommeil se sont concentrées sur les adolescents, qui sont particulièrement à risque de mal dormir. Cependant, nos travaux suggèrent que les effets de notre environnement sur nos habitudes de sommeil se font sentir bien plus tôt, dès l’enfance. De ce fait, les interventions destinées à améliorer la qualité du sommeil devraient être mises en place au plus tôt pour être optimales.

Extrait de theconversation.com du 27.08.24

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