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La santé des enfants se détériore en Ile-de-France, particulièrement dans les territoires défavorisés (rapport ORS)
Alors que 15,5 % des mineurs en population générale vivent sous le seuil de pauvreté, ce taux monte à 21,7 % chez les enfants franciliens et “atteint un enfant sur trois dans certains territoires“ de la région, alerte l’Observatoire régional de la santé (ORS) dans un rapport sur la santé des moins de 18 ans en Ile-de-France (IDF) publié mardi 17 septembre.
Or, la santé des enfants “est affectée par le niveau de pauvreté des territoires dans lesquels ils grandissent“, du fait que la pauvreté “est cause de difficultés liées au recours ou à l’accès aux soins“ mais a également “un impact direct sur certains déterminants de la santé comme les conditions de vie, d’habitat, les habitudes alimentaires etc.“
Les données récoltées révèlent de plus que depuis 10 ans, la mortalité des enfants de 0-1 an augmente en Île-de-France, particulièrement “au cours de la première semaine de vie“. En 2022, la mortalité infantile était chiffrée à 4,1 ‰ dans la région, “un écart qui se creuse avec le taux national“, avec un sur-risque “quatre fois plus important dans les territoires les plus pauvres comparativement aux territoires les plus riches.“ L’observatoire indépendant demande à ce titre de porter une “attention particulière“ sur le Val-de-Marne où la mortalité infantile “semble augmenter très rapidement“.
Pourtant, les services de PMI “sont plus abondamment répartis dans les départements considérés comme défavorisés“, et représentent une offre “très attractive pour les familles démunies en raison de l’absence de reste à charge“, commente le professeur Bobette Matulonga Diakiese, auteure du document. Seulement cette offre “est en continuelle baisse, particulièrement en termes de temps de travail de médecins“ et les données disponibles “ne permettent pas de montrer l’impact de la contractualisation entre l’ARS, l’Etat et les départements sur cette offre.“ A été en outre observée “une moindre consommation de soins préventifs en PMI dans des territoires pourtant bien dotés“, ce qui “pose la question du rôle premier des PMI qui est la prévention.“
Dans les territoires défavorisés d’IDF, est en outre observée “une plus forte prévalence de l’obésité, de l’asthme et de certaines autres pathologies“ comme le diabète qui est en “augmentation continue“ : + 15 % chez les moins de 14 ans entre 2015 et 2020. Par ailleurs, a été détectée via cette enquête “une prédominance des troubles de santé mentale chez les garçons et une prévalence particulièrement élevée de l’autisme dans le Val-d’Oise“, bien que le recours aux orthophonistes n’y soit “pas particulièrement plus important“. Selon les cartographies étudiées, un moindre recours est en effet identifié lorsque l’offre est moins disponible dans un territoire de vie, expliquent les auteurs de ce rapport. C’est le cas de l’ offre en soins médicaux, “très centrée à Paris et sa proche couronne, particulièrement pour les soins spécialisés et dentaires“. De même, “beaucoup de ces médecins spécialistes exercent en secteur 2 avec dépassement d’honoraires, les rendant inaccessibles géographiquement et économiquement pour les familles précaires.“
Résultat, près de 13,7 % d’enfants non-porteurs de lunettes présentent des troubles de la vision dans les territoires pauvres d’Ile-de-France (contre 9 % de ceux situés en dehors), tandis que près de 50 % des enfants de niveau CM2 scolarisés en zone urbaine sensible (ZUS) ont au moins une dent cariée non soignée (versus 33 % hors-ZUS). À l’âge où ils doivent avoir reçu les 11 vaccins obligatoires, l’analyse des données de l’assurance maladie indique également “un moindre remboursement de ces vaccins dans les territoires défavorisés“.
Le rapport ici (PDF)
La santé des enfants dans les territoires franciliens. Décryptage des indicateurs en Ile-de-France
ORS, septembre 2024
Extrait de touteduc.fr du 09.09.24
EXTRAITS
[page 16]
2.2 Une approche par le niveau de difficulté scolaire
Dans l’étude des indicateurs de santé des enfants, un autre indicateur de pauvreté territoriale souvent utilisé est le type de zone de scolarisation de l’enfant, les territoires les plus pauvres étant souvent situées dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP anciennement ZEP) ou en réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+). Depuis
la refondation de l’éducation prioritaire en 2014, la classification des établissements en REP tient compte des critères sociaux tels que le taux d’élèves défavorisés, le taux d’élèves boursiers, le taux de retard à l’entrée en sixième et le taux d’élèves résidant dans ou à moins de 300m d’un quartier prioritaire de la politique de la ville.
À la rentrée 2022 en Île-de-France 261 réseaux composent la carte de l’éducation
prioritaire : 198 collèges et 1 213 écoles en REP et 63 collèges et 457 écoles en REP+.
30 % de ces établissements prioritaires se situent en Seine-Saint-Denis (Carte 4), 13 %
dans le Val d’Oise, le Val-de-Marne et à Paris. Au total, près de 469 000 élèves franciliens bénéficient des différents dispositifs de l’éducation prioritaire soit 28 % des bénéficiaires à l’échelle nationale. Les enseignants y disposent de conditions particulières d’exercice permettant notamment de développer et faciliter le travail collectif et la formation continue.1
Carte 4. Etablissements scolaires franciliens (écoles et collèges) en REP ou REP+
à la rentrée 2022. [...]
[page 37]
5.2 Près d’un enfant francilien sur cinq est en surcharge pondérale
L’obésité est aujourd’hui connue comme facteur de risque de plusieurs maladies (cardiorespiratoire, métabolique, cancers etc.). Pourtant, nous disposons de peu de données récentes sur le poids des enfants et encore moins si on cherche des données
exhaustives. Les données des dernières enquêtes nationales de santé en milieu scolaire
de 2012, pilotées par la Drees, montraient que 17,5 % des élèves franciliens de la grande section maternelle (environ 5 ans) et 21,8 % des CM2 (environ 10 ans) étaient en surcharge pondérale et près de 5 % étaient obèses pour ces deux niveaux de scolarisation(Figures 20 et 21).
Dans ladite enquête, la proportion d’élèves en surcharge pondérale semblait plus
importante en Île-de-France comparé à la moyenne nationale. De plus la prévalence de la surcharge pondérale augmentait entre la GSM et le CM2.
Des inégalités sociales et territoriales sont très présentes dans la distribution de l’obésité dès le plus jeune âge. Le taux d’enfants en surcharge pondérale (en surpoids et obèses) était de 22,6 % et 27,1 % respectivement chez les enfants de grande section maternelle
et les CM2 des territoires les plus défavorisés de la région (zones d’éducation prioritaire (ZEP) et zones urbaines sensibles (ZUS). L’obésité atteignait quant à elle 6 % des enfants de grande section maternelle et 6,8 % des CM2 dans ces zones prioritaires.
Figure 20. Taux d’obésité/surpoids chez les élèves scolarisés en grande section
de maternelle en Île de France en fonction de la zone d’éducation (ZEP vs hors
ZEP*) : données 2012-2013