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Emmanuel Macron en campagne
Encore un exercice qu’Emmanuel Macron aime particulièrement : les conférences de presse qui ressemblent plus à de grandes messes. Pendant plus de deux heures, mercredi 12 juin, le Président est venu présenter son programme – plutôt celui des candidat·es de son parti.
Pendant des années, l’École a été centrale dans la politique macronienne. Depuis 2017, les réformes se sont accélérées : baccalauréat, lycée général et professionnel, fin du collège, port de l’uniforme, Service National Universel… Pourtant, cela ne semble pas suffire, Emmanuel Macron promet plus.
Rappelant « l’augmentation historique » des enseignants et enseignantes – « augmentation qui n’a pas été connue depuis les années 90 », Emmanuel Macron a affirmé vouloir lutter contre les inégalités, « insupportables pour nos compatriotes ». « Il faut renforcer notre capacité à lutter contre les assignations à résidence et mieux prévenir les inégalités de départ, c’est la promesse républicaine ».
Pour « restaurer l’école républicaine », « priorité indispensable pour le gouvernement à venir », le Président estime qu’il faudra des mesures fortes, « une vraie révolution de l’action publique ». Après le « rétablissement des savoirs fondamentaux, le dédoublement des classes », il promet de redonner le pouvoir aux professeurs qui auront plus de liberté pédagogique, aux directeurs qui pourront recruter et rémunérer plus librement. Il s’agira aussi de revoir la formation des enseignant·es, de garantir qu’ils et elles soient respecté·es, de signer un contrat avec les parents, de renforcer l’enseignement des mathématiques, d’assurer le remplacement des absences et d’améliorer l’orientation. « Autant de chantiers essentiels pour les enfants et leurs familles ».
Autre point central, les écrans – « terreaux de toutes les difficultés » selon Emmanuel Macron qui promet l’interdiction des téléphones avant 11 ans et l’usage des réseaux sociaux avant 15.
Quant au SNU, il a promis sa généralisation dès 2026.
Tout un programme…
Lilia Ben Hamouda
Pour voir la conférence, c’est ici
Extrait de cafepedagogique.net du 13.06.24
Conférence de presse d’Emmanuel Macron : ce qui concerne l’éducation et la jeunesse
Trois jours après les résultats aux élections Européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron tenait une conférence de presse pour expliquer son choix et annoncer les priorités que "la majorité" mettra en avant dans la campagne législative. Les éléments qui suivent concernent la jeunesse et l’éducation.
Le premier axe développé par le président de la République était consacré à la “protection des valeurs républicaines“ et des “compatriotes“. Il entend “continuer d’agir pour plus de sécurité, plus de fermeté. Mettre en œuvre les lois qui ont été votées (..) pour réduire l’immigration illégale, prendre des décisions simples et du quotidien comme la reprise en main par l’Etat et le meilleur contrôle de la question des mineurs non accompagnés qui, dans tant de ville sont un problème de sécurité“. Il s’agit également de “répondre avec plus de fermeté à la violence des mineurs qui mine la cohésion nationale, avec des mesures claires et radicales qui sont en train d’être préparées“.
Dans la foulée, le président a indiqué vouloir “ouvrir un grand débat sur la laïcité et prendre des mesures claires sur les sujets qui sont à régler et à trancher“. Il estime que “la protection de nos valeurs républicaines se joue aussi sur le temps long, en fabricant, en éduquant des républicains, des citoyen.ne.s libres. Après avoir réinstauré l’éducation civique, l’enseignement culturel et artistique nous sommes attachés à recréer des rites républicains, c’est pourquoi le Service national universel (SNU) doit être généralisé d’ici à la rentrée 2026.“
Le chef de l’Etat a ensuite évoqué la lutte contre les inégalités de destin, mettant en avant le réinvestissement qui a été fait dans les services publics depuis 7 ans. Il cite à ce titre la Justice, les forces de sécurité, ou encore l’Ecole, “avec une augmentation de nos enseignants qui n’avait pas été connue depuis les années 1990“. Il ajoute que le Gouvernement à venir devra avoir une réponse renforcée et crédible en matière d’accès à la santé mais aussi “en matière de protection, d’accompagnement de nos enfants et de notre jeunesse“.
Il considère qu’il faut “pour nos enfants agir de manière beaucoup plus forte et beaucoup plus claire, procéder à une vraie révolution de l’action publique pour l’enfance et la jeunesse, des 1 000 premiers jours jusqu’à 20 ans. Aujourd’hui nos enfants sur le territoire ne sont pas pris en charge de la même manière selon les quartiers d’où ils viennent, et le paradoxe c’est qu’ils sont souvent beaucoup plus abandonnés quand ils viennent de milieux beaucoup plus pauvres. Aussi il nous faut rebâtir notre aide sociale à l’enfance (ASE), c’est une vraie politique nationale qui est à construire, de prise en charge des enfants, d’accompagnement des familles pour prévenir ces inégalités de départ.“
Mais il faut aussi “rebâtir notre école (..) d’ici à 2030“. Pour l’ancien ministre de l’Economie, “après le rétablissement des savoirs fondamentaux, le dédoublement des classes que nous avons fait, nous redonnerons le pouvoir aux professeurs qui auront plus de liberté pédagogique, aux directeurs qui pourront recruter, rémunérer plus librement“. Et cela passe “par des choses très simples : la formation des enseignants, le respect des maîtres en classe, le contrat avec les parents, le renforcement des mathématiques, le remplacement des heures d’absence, l’amélioration de l’orientation“.
Pour prévenir les inégalités, il y a encore selon Emmanuel Macron, “la question des écrans“ qui est “au cœur de l’action à venir, tous les parents sont confrontés à ça.“ Ainsi, selon tous les experts “l’addiction aux écrans est le terreau de toutes les difficultés : Harcèlement, violence, décrochage scolaire... Et pour y faire face, fort du travail qui a été fait ces derniers mois, le gouvernement aura à prendre des décisions claires. En ne permettant pas l’usage des téléphones avant 11 ans et surtout l’accès aux réseaux sociaux et à leur usage avant 15 ans. Il faut un âge pour la majorité numérique, ça protège. Et il faut former pour cela.“
Enfin, pour les jeunes “il faudra ouvrir la question de l’accès au logement“ et “bâtir une réponse avec toutes les forces productives“ sur le sujet, pour lequel le président fait d’ailleurs son “mea culpa“ : “C’est un sujet sur lequel nous n’avons pas assez avancé et où la réponse a été trop timide et j’en porte la responsabilité“.
La vidéo ici