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Groupes de niveau : une pétition syndicale - Lettres aux familles dans 2 établissements - Les groupes pour les Nuls - Dans la presse (Les Echos, Libération)

7 février 2024

Ensemble nous disons « NON » au « Choc des savoirs »

Le ministère s’entête à vouloir mettre en place le projet conservateur et passéiste du « choc des savoirs » présenté il y a quelques mois par Gabriel Attal devenu Premier ministre. Ce projet est néfaste à l’École pour les élèves et pour les personnels. Au lieu d’en guérir les maux, il renonce à les voir et va les accroitre.

À l’appel des organisations syndicales FSU, UNSA, FO, Sgen-CFDT, CGT Educ’Action et Sud, nous nous opposons à ce plan qui :

trie socialement les élèves en organisant les cours de mathématiques et de français en groupes de niveau, ce qui va immanquablement accentuer les inégalités scolaires ;
remet en cause le droit égal d’accès à la poursuite d’étude pour tous les élèves, principe fondateur de l’École publique, en conditionnant l’accès direct au lycée par la mise en place de classes prépa-seconde en LGT ou LP pour les élèves admis en classe de seconde mais échouant au diplôme national du brevet au lieu de fournir tous les moyens nécessaires pour la réussite des élèves ;
désorganise les collèges par la réorientation de l’utilisation de la marge, accentuant encore les inégalités, la détérioration des emplois du temps et la réduction ou la suppression d’enseignements disciplinaires, de dédoublements ou d’options ;
va dégrader considérablement les conditions de travail par la grande insuffisance des postes et la surcharge des classes ;
remet en cause la liberté pédagogique avec des méthodes, des manuels et des progressions communes imposés ;
dépossède les enseignant·es de leur expertise professionnelle notamment par l’imposition d’évaluations nationales standardisées à tous les niveaux.
Nous dénonçons les fondements de cette politique au détriment des élèves les plus fragiles et socialement défavorisés.
Nous dénonçons leurs conséquences qui ne feront qu’aggraver les conditions de travail des enseignantes et enseignants, mais aussi de tous les personnels.
Nous dénonçons le risque important de voir apparaître des classes de niveau en collège.

Pour défendre l’École publique, l’accès à une culture commune pour tous les élèves, la liberté pédagogique et les conditions de travail, nous vous demandons l’abandon de ce projet de réforme et un investissement massif pour l’École publique et la réussite de tous les élèves.

Extrait de mapetition.org du

 

Groupes de niveaux : Appel aux parents d’élèves

Faut-il se résigner à la mise en place de groupes de niveau en français et en mathématiques pour les 6èmes et 5èmes à la rentrée 2024 ? Faut-il accepter que le collège institue et aggrave les fractures scolaire, sociale, culturelle ? Au collège Marcel-Grillard à Bricquebec-en-Cotentin, les enseignant·es se font lanceurs et lanceuses d’alerte à destination des parents d’élèves. Un texte collectif, distribué à la sortie du collège, tente de les informer sur les conséquences du dispositif. Pour saisir ce qui se joue, par-delà l’idéologie du pseudo « bon sens ». Pour défendre l’intérêt de tous les élèves, donc de leurs enfants. Voici le texte de l’appel, que l’équipe enseignante invite à reproduire et diffuser.

« Madame, Monsieur,

Vous avez sans doute pris connaissance des récentes mesures gouvernementales au sujet de l’éducation.

En tant que professionnel(le)s, nous souhaitons vous apporter notre éclairage au sujet d’une de ces décisions en particulier, qui nous paraît très préjudiciable à la scolarité de vos enfants, à savoir celle des groupes de niveaux.

À première vue, ce dispositif semble frappé au coin du bon sens : mettre les élèves “faibles” ensemble, afin de mieux prendre en compte leurs difficultés, et faire en sorte qu’ils ne “ralentissent” pas les autres ; permettre aux “meilleurs” d’exprimer tout leur “potentiel” ; enfin aider les “moyens” à atteindre un meilleur niveau.

En réalité, comme le montrent de nombreuses études, ainsi que des expériences qui se sont déroulées dans les classes, c’est tout le contraire qui se produit :

– Les groupes de niveaux assignent d’emblée les élèves à un prétendu état (faible, moyen, fort), qui, dans les faits, peut se révéler extrêmement variable (tel élève en difficulté à l’écrit en français mais pertinent à l’oral ; tel élève fort en géométrie mais faible en calcul) ; nos enfants sont des êtres humains, pourvus de différentes compétences, elles-mêmes à différents stades ; lorsqu’on décrète et essentialise leurs difficultés, ou leurs réussites, on rend quasi-impossible toute forme de motivation, surtout à dix ans (“On me dit que je suis nul, pourquoi ferais-je des efforts ?” “On me dit que je suis bon, pourquoi ferais-je des efforts ?”).

– On n’apprend pas seulement par le discours du “maître” ou de la “maîtresse” (loin s’en faut) ; on apprend aussi en observant, en copiant, en modélisant, en échouant, en réfléchissant aux moyens de réussir : bref, au contact des autres. Mettre des enfants de même niveau ensemble, c’est casser l’émulation et la différence, qui sont des conditions indispensables au progrès scolaire.

– Les groupes de niveaux vont à l’encontre du projet républicain de l’école, qui n’est pas de trier les élèves et de les mettre en concurrence, mais au contraire, et même si c’est parfois difficile, de créer des collectifs, du vivre ensemble, de la mixité (n’oublions pas qu’il s’agit souvent du seul moment dans leur parcours où ils pourront côtoyer des camarades venus d’un autre milieu). On peut légitimement s’interroger sur cette conception élitiste de l’éducation, qui sépare les “bons” du reste, alors qu’un des objectifs de l’école devrait être plutôt d’apprendre aux meilleurs à aider les autres (on estime souvent que nos enfants manquent d’empathie ; dans ce cas, pourquoi les séparer les uns des autres ?).

– Les élèves porteurs de handicap (dyslexie, autisme, phobie scolaire…), ayant besoin de plus de temps et d’attention, vont-ils devoir se résigner à passer quatre ans dans le groupe des “faibles” ?

– On nous assure que les groupes ne seront pas figés, que les élèves pourront passer facilement de l’un à l’autre : il pourrait donc y avoir par exemple un groupe de “moyens” à quarante, et un groupe de “faibles” à cinq ?

– Enfin, les groupes de niveaux vont totalement perturber les enseignements, entraînant pour les professeur(e)s de lettres et de mathématiques la disparition de la classe, l’impossibilité d’être professeur principal (alors que ce sont les enseignants qui voient le plus les élèves), la fin de la liberté pédagogique, avec obligation de suivre le même programme en même temps, l’impossibilité de travailler en projets motivants, de coopérer avec le reste de l’équipe, d’organiser des sorties, etc.

Ce qui permet à nos enfants de progresser, nous le savons : ce sont des effectifs de classe raisonnables, des projets stimulants, des dispositifs en petits groupes pour proposer une aide ponctuelle (et non durant quatre ans), plus d’AESH pour accompagner les élèves à besoins particuliers, des heures en demi-classe ou en co-intervention (plusieurs professeurs ensemble)…

Pour résumer, il est certain que cette mesure n’améliorera pas du tout les conditions de vie à l’école, ou un prétendu “niveau”, qui en soi ne veut pas dire grand chose, mais qu’elle va au contraire contribuer à désorganiser davantage le fonctionnement des établissements, et augmenter l’anxiété et l’incompréhension chez nos enfants (imaginez : à dix ans, s’entendre dire dès son arrivée au collège qu’on n’a “pas le niveau”…).

Elle est en outre le reflet d’une vision de l’éducation totalement passéiste, qui conçoit les élèves comme de simples boîtes à remplir, et le professeur comme un passeur de savoirs désincarnés, faisant fi de toutes les avancées pédagogiques des cinquante dernières années : compétences, travaux de groupes, nécessité de s’engager dans un projet, apport du numérique, ludification, entraide…

Bref, il nous semblait de notre devoir d’enseignant(e)s de vous informer de cette situation, qui nous paraît dangereuse à bien des égards, en ce qu’elle remet fortement en cause l’école que nous prônons et ses valeurs. »

Dans Le Café pédagogique :

Des professeur.es de français face aux groupes de niveau

Un principal de collège face aux groupes de niveau

La recherche face aux groupes de niveau

Une pétition contre les groupes de niveau

Extrait de cafepedagogique.net du 07.02.24

 

Greg Devin

Groupes de niveaux : l’information que nous transmettons aux familles dans mon établissement.
Si vous souhaitez utiliser ce document, n’hésitez surtout pas (➡️MP)

https://twitter.com/greg_devin_/status/1754472375452676272

 

Les groupes de niveau pour les NULS

https://twitter.com/LucGrimonprez/status/1754765510879690800/photo/1

 

Education : les groupes de niveau alimentent la contestation dans les collèges
Plus de 20 % des enseignants ont fait grève ce jeudi, selon le ministère de l’Education nationale. Ils étaient près de 30 % dans les collèges, où la mise en place des groupes de niveau à la rentrée prochaine suscite de fortes craintes.

Extrait de lesechos.fr du 01.02.24

 

TRIBUNE
Réforme des collèges : les premiers resteront les premiers

La décision de séparer les collégiens en français et en maths est non seulement stigmatisante et arriérée mais surtout inefficace, dénonce Amélie C, professeure de français en collège. Sous couvert de se préoccuper des plus faibles, elle favorise les plus forts.
A la rentrée prochaine, les élèves de 6e et de 5e seront répartis en groupes de niveaux en français et en mathématiques. Puis, ce sera le tour des classes de 4e et de 3e l’année suivante. C’est la nouvelle réforme annoncée… dans l’indifférence totale. Pourtant, elle a des implications titanesques sur le collège.

Concrètement, on mettra les meilleurs avec les meilleurs dans un groupe qui ira souvent jusqu’à 30 élèves, les moyens avec les moyens dans un autre groupe de 30, et les élèves en grande difficulté entre eux dans un groupe de 15/16. Le gouvernement semble croire que le simple fait de nommer les groupes « 1, 2, et 3 » suffira à masquer la réalité des faits. Celle qui stigmatise l’élève en difficulté, lui imprime sur le front l’étiquette de « nul », qui l’enferme aussi dans ses difficultés avec toutes celles des autres.

Car ne vous y trompez pas, s’y rassembleront en majorité les troubles du comportement, de l’attention, les « troubles dys » [qui regroupent la dyslexie, la dyspraxie, la dyscalculie ou la dysphasie, ndlr], les enfants en détresse sociale, les porteurs de certains handicaps… des élèves qui ne seront plus tirés vers le haut par d’autres, ne seront pas intégrés, qui baigneront non-stop dans leurs problèmes. Ces élèves seront malheureusement pointés du doigt, ce qui donne toutes les billes aux harceleurs.

Extrait de liberation.fr du 04.02.24

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