Le SNU va être proposé sur le temps scolaire à des lycées volontaires. "6% des participants sont issus des QPV et et 27% viennent de lycées professionnels" (Sarah El Haïry au Figaro)

16 juin 2023

Le SNU va être intégré en classe de seconde, annonce Sarah El Haïry au Figaro
ENTRETIEN EXCLUSIF - À partir de mars 2024, des élèves issus de lycées volontaires réaliseront leur séjour de cohésion de douze jours sur le temps scolaire.

LE FIGARO. - Vous allez lancer une nouvelle formule du service national universel (SNU), en l’intégrant au temps scolaire. À quoi va-t-elle ressembler ?

Sarah EL HAÏRY.- Cette formule permettra à des élèves de seconde, issus de lycées volontaires, de réaliser le séjour de cohésion de douze jours – première étape du SNU - sur le temps scolaire, dans le cadre d’un projet pédagogique de classe. Il n’y aura pas d’obligation, un peu comme un voyage scolaire. Je précise que ce séjour ne coûtera rien aux établissements, ni aux parents. Cette nouvelle modalité coexistera avec les séjours de cohésion choisis à titre individuel par les jeunes pendant leurs vacances.

Avez-vous des pistes concernant les lycées volontaires ?

Oui. Depuis 2019, année du lancement, un tiers des 9000 encadrants du SNU vient de l’Éducation nationale. Parmi eux, beaucoup sont convaincus par le dispositif et sont favorables à sa déclinaison dans les lycées, sous forme de projet, en lien avec l’enseignement moral et…

[...] La mixité est en train de progresser, en raison de la notoriété du SNU.
Désormais, 6% des participants sont issus des QPV et 27% viennent de lycées professionnels.
Après il faut être transparent et reconnaître qu’il y a une vrai fracture sociale. Intégrer le SNU au temps scolaire permettra de rendre le dispositif plus populaire et plus accessible. [...]

Extrait de lefigaro.fr du 15.06.23

 

SNU en classe de seconde : les syndicats expriment leur « colère »

Extrait de lefigaro.fr du 15.06.23

 

SNU : ce sera sur temps scolaire pour les lycées volontaires

Dès mars 2024, des élèves de seconde pourront participer à un séjour de cohésion du SNU sur temps scolaire a indiqué Sarah El Haïry secrétaire d’État à la jeunesse et au Service National Universel.

Les enseignants en charge d’une classe de seconde pourront organiser un séjour de cohésion dans le cadre d’un projet pédagogique, c’est l’annonce faite jeudi par la secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au SNU dans un entretien accordé au Figaro. Le séjour de cohésion devra être en lien avec l’un des quatre thèmes portés par le SNU : sport, environnement, défense et mémoire et résilience et prévention des risques. « L’enseignant volontaire répondra à un appel à projet qui sera transmis à tous les lycées. Si son projet entre dans le cadre de notre appel, la totalité du séjour sera financée » explique-t-on au cabinet de la Ministre. Sur temps scolaire, tous les élèves sont concernés mais tous ne seront pas obligés, « un peu comme un voyage scolaire » a précisé Sarah EL Haïry.

Un enseignant rémunéré grâce au Pacte mais qui ne participera pas forcément au séjour

Les enseignants volontaires seront rémunérés grâce à une brique du Pacte mais « ne seront pas obligés d’assister au séjour » nous indique-t-on. « Si un enseignant ne peut pas partir pour x raison, ce n’est pas un problème. Les jeunes sont totalement pris en charge par l’encadrement du SNU ». Dans l’interview accordée au Figaro, la Ministre évoque un référent SNU par établissement et une « aide financière dans les lycées engagés ». Questionné, le cabinet de la Ministre complète « ce référent sera, logiquement, l’enseignant qui a monté le projet. Il y en aura un par établissement impliqué dans un séjour de cohésion, pas dans la totalité des lycées ». Sur l’aide financière allouée aux établissements, « le montant ne sera pas assez important pour se dire que ce sera la motivation première des lycées qui voudraient obtenir le label « Classe et Lycée engagé » ».

Il y a quelques semaines, Sarah EL Haïry évoquait un séjour de cohésion, généralisé, lors duquel des élèves d’un même territoire se retrouveraient dans des centres différents avec des élèves venant d’autres horizons dans un objectif de mixité. L’ambition est revue à la baisse dans le séjour de cohésion sur temps scolaire. « Ils passeront leur séjour au même endroit que le reste de leur classe, mais ils seront mélangés dans les maisonnées avec d’autres jeunes qu’ils ne connaissent pas » a-t-elle indiqué. « J’aimerais que tous les territoires soient impliqués et que les établissements publics comme privés participent ».

Un séjour de cohésion pour rendre le SNU plus populaire

La secrétaire d’État qui reconnaît « une vraie fracture sociale » compte sur l’intégration du SNU sur temps scolaire pour permettre de « rendre le dispositif plus populaire et plus accessible. Un projet de classe permettra de convaincre des jeunes et des familles qui n’auraient pas sauté le pas autrement ». « Avec un séjour organisé par des professeurs, sur le temps scolaire, on va pouvoir embarquer des enfants et des parents qui ne seraient certainement pas venus à nous. Le fait que ce soit dans le lycée, ça peut rassurer » complète le cabinet. Autre évolution de cette nouvelle formule, l’ouverture à tous les élèves, de nationalité française ou pas.

Par ailleurs, la Ministre souhaiterait que les élèves ayant participer à un séjour de cohésion puissent « en cochant une case SNU, obtenir des points bonus intégrés dans le calcul algorithmique de Parcoursup ». Une carotte ? « Non », répond le cabinet ministériel. « Tout engagement doit être valorisé. Un jeune qui s’engage, ça doit être valorisé ».

L’ultra gauche en opposition au SNU ?

La Ministre, qui affirme que les opposants au SNU sont de « l’ultra gauche », estime que le SNU, c’est laisser aux jeunes citoyens le choix « de se rendre utiles à la communauté ». « Notre objectif est de créer de l’engouement, pas de la coercition » a-t-elle ajouté en faisant référence au projet de service obligatoire d’un an porté par LFI et le candidat Mélenchon.

La FIDL, fédération indépendante et démocratique lycéenne, a immédiatement réagit à l’accusation d’une opposition de l’ultra gauche, le syndicat lycéen « dénonce fermement les mots utilisés par la secrétaire d’État à l’égard des organisations s’opposant au SNU. Madame El Hairy considère que ces dernières sont “d’ultra gauche” dès lors qu’elles ne sont pas sur la ligne du gouvernement. Nous sommes tombés à un niveau de démocratie extrêmement bas chez la Macronie puisqu’elle ne permet ni de voter à l’Assemblée nationale, ni d’exprimer notre opinion et nos revendications ».

« Très régulièrement, nous demandons une augmentation des moyens alloués à l’Éducation nationale, notamment en termes d’heures de cours et de professeurs, le gouvernement fait l’inverse même et ne va qu’empirer une situation déjà extrêmement critique » ajoute le syndicat. « Les lycéens et lycéennes de seconde vont donc perdre environ cinquante heures de cours au profit de douze jours dans des camps militaires ». « Encore une fois, madame El Hairy déroule son discours réactionnaire en parlant d’un danger pour l’unité s’il n’y a pas le SNU. Encore une fois nous affirmons le contraire, il y a une cohésion en France et nous ne sommes pas à l’après-guerre : nous n’avons pas besoin de refaire Nation » conclut la FIDL.

Interrogé sur une estimation du nombre de classes de seconde qui pourraient être intéressées par le séjour de cohésion sur temps scolaire, le cabinet indique ne pas avoir de chiffre pour l’instant.

Lilia Ben Hamouda

Extrait de cafepedagogique.net du 16.06.23

 

SNU : le ministère crée une autre voie, collective, pour augmenter le nombre des participants

Le SNALC dénonce les annonces faites ce 15 juin, au Figaro et aux organisations syndicales par Sarah El Haïry "sur la possibilité de faire les séjours SNU (Service national universel) sur temps scolaire en classe de seconde". Le syndicat des lycées et collèges appelle les enseignants "à refuser de s’inscrire dans ces projets, et les Conseils d’administration des établissements à ne pas les voter".

De même l’UNSA Éducation "s’oppose à la généralisation du SNU et à sa mise en œuvre sur le temps scolaire". La fédération rappelle qu’elle a adressé, le 1er juin, au président de la République "un signal d’alerte sur les défauts d’organisation et de conception des séjours de cohésion et pour demander un moratoire sur leur déploiement futur".

Un appel à projet devrait être lancé dans les prochains jours pour la constitution de "classes d’engagement", des classes de seconde ou de 1ère année de CAP. Le ministère n’a pas, à ce stade, selon les informations recueillies par ToutEduc, d’objectifs chiffrés et voudrait "démarrer petit". Les enseignants seront des volontaires, signataires du Pacte (dont ils toucheront une brique) et ils devront avoir un projet pédagogique sur un thème, engagement, défense, écologie, mémoire et patrimoine, et donc donner une "coloration" aux modules du SNU qu’ils travailleront en classe. Les élèves partiront ensemble pour un séjour dans un autre département et dans un centre où ils rencontreront des élèves venus d’autres établissements. Les élèves qui ne voudront pas partir seront dans la même situation que les élèves qui ne participent pas à un voyage scolaire. Ces séjours de 12 jours seront organisés au printemps prochain. Ils viendront s’ajouter aux séjours de cohésion organisés sur les temps de vacances scolaires pour des volontaires à titre individuel.

Extrait de touteduc.fr du 15.06.23

 

Les objectifs initiaux du SNU en 2019

[...] Gabriel Attal : Le service national universel est un engagement de campagne du président de la République. Il répond à un constat sans appel : la jeunesse manque d’un moment de mixité, de cohésion sociale et territoriale, autour des valeurs de la République. Sortir de son environnement immédiat, se confronter à l’autre, découvrir un territoire, sont autant d’opportunités de se construire, de forger son identité. Ce moment, il doit aussi permettre de lever les freins à l’engagement. S’engager, c’est donner de son temps pour l’intérêt général. C’est aussi grandir, développer des compétences qui seront utiles pour s’insérer professionnellement. Or, si une écrasante majorité des jeunes veulent s’engager, ils sont trop nombreux à être freinés, pour des raisons financières, sociales, géographiques, culturelles. Notre pays ne montre pas suffisamment à ses jeunes leur utilité sociale.
https://www.lepoint.fr/societe/exclusif-service-national-universel-voici-ce-qui-attend-vos-enfants-16-01-2019-2286480_23.php#11

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