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Les classes à horaires aménagés (CHA musique, danse ou théâtre) favorisent la mixité dans les collèges en éducation prioritaire (DEPP). Marc Douaire interviewé par le Monde

14 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Près de 26 000 élèves scolarisés dans des classes à horaires aménagés
lycée - Note d’information - N°19.21 - juin 2019

À la rentrée 2018, dans les collèges publics ou privés sous contrat du second degré, 26 000 élèves sont inscrits dans une classe à horaires aménagés (soit 0,8 % des collégiens). Cette proportion est plus élevée en éducation prioritaire.

Les effectifs d’élèves inscrits dans ces classes augmentent depuis près de dix ans. Toutefois, au cours de la scolarité, la proportion de ces élèves diminue.

Pour plus de 76 % des élèves inscrits dans une classe à horaires aménagés, l’enseignement artistique suivi est un enseignement de musique. Les élèves inscrits dans une classe à horaires aménagés musique ou danse sont plus fréquemment des filles (64 %) et des enfants issus d’un milieu social très favorisé. En éducation prioritaire, les élèves de milieu social défavorisé restent majoritaires, notamment pour l’enseignement de théâtre.

Le devenir de ces élèves est différent de celui de leurs camarades n’ayant jamais suivi d’enseignement artistique. En effet, sur les 2 500 élèves inscrits dans une classe à horaires aménagés à la rentrée 2010, 92 % se sont orientés vers une seconde générale et technologique.

Extrait de education.gouv.fr de juin 2019

 

Le texte intégral de la Note

EXTRAIT

Les filles et les élèves issus d’un milieu très favorisé sont surreprésentés dans les dispositifs musique et danse
Les élèves en classes à horaires aménagés sont majoritairement des filles (64 %). Cette surreprésentation s’observe pour tous les enseignements. Mais c’est pour la danse qu’elle est la plus marquée ; la proportion de filles s’y élève à 89 %  figure 5.

Les élèves de milieu favorisé sont surreprésentés dans les dispositifs d’horaires aménagés CHAM et CHAD. Ainsi, plus de 4 élèves sur 10 sont issus d’un milieu social
très favorisé (contre 23,0 % en moyenne pour l’ensemble des collégiens)  figure 6.
De même,l es élèves de milieu défavorisé représentent moins de 25 % des effectifs de ces classes à horaires aménagés alors qu’ils représentent près de 40 % des effectifs de collège.

En éducation prioritaire, près d’un élève sur 2 (47 %) scolarisé en CHA est issu d’un milieu défavorisé.
Les différences sociales ne sont marquées que pour les enseignements de musique et
de danse. En arts du cirque, on ne dénombre qu’environ 3 élèves sur 10 issus de milieu très favorisé et autant d’élèves de milieu défavorisé. Quant aux élèves suivant un enseignement de théâtre, leur milieu social ne diffère pas, en moyenne, de celui des autres collégiens. En particulier, près de 40 % des élèves inscrits en CHAT appartiennent à un milieu social défavorisé et 24 % à un milieu favorisé. Ce constat se vérifi e également dans les collèges de l’éducation prioritaire.
Dans les collèges qui proposent un enseignement artistique, les disparités de milieu social sont importantes entre les élèves concernés et les autres élèves de l’établissement : la part de PCS très favorisées varie du simple au double (42 % contre 20 %) selon que les élèves sont inscrits ou non dans une classe à horaires aménagés  figure 6.
Mais ces différences sociales ne se retrouvent pas dans les divisions où ces élèves sont scolarisés. En effet, dans ces divisions, 18,4 % des collégiens non inscrits en CHA sont issus d’un milieu très favorisé ; 45 % sont issus d’un milieu défavorisé. Ces résultats montrent que les divisions des élèves inscrits en CHA sont relativement mixtes. Ce constat de mixité se retrouve dans les établissements de l’éducation prioritaire.

Moins nombreux que les filles dans les dispositifs d’enseignement artistique CHAM et CHAD, les garçons qui y sont scolarisés sont, plus souvent que celles-ci, originaires d’un milieu socialement favorisé : plus de 45 % d’entre eux sont issus de PCS très favorisées contre moins de 40 % des fi lles (voir « Pour en savoir plus » – figure 7). Le constat est inverse pour les élèves de milieu défavorisé : 22 % des garçons sont défavorisés socialement contre 26 % des filles. Les disparités sociales entre garçons apparaissent ainsi plus marquées que celles entre fi lles en musique et danse
(voir « Pour en savoir plus » – figure 7bis).

Les classes à horaires aménagés sont plus fréquentes dans les gros collèges urbains
La proportion d’élèves suivant un enseignement artistique augmente avec la taille de
l’établissement : elle est de seulement 0,4 % des élèves scolarisés dans les petits collèges (établissements du premier quartile) ; elle s’élève à 0,9 % dans les collèges de plus gros effectifs (établissements du dernier quartile).
C’est au centre des agglomérations que la proportion d’élèves suivant un enseignement artistique est la plus élevée (1,2 % soit 11 000 élèves). Celle-ci est plus faible dans les zones rurales : elle y est de seulement 0,5 % (soit 3 300 élèves)  fi gure 8 (voir « Pour en savoir plus » – figure 8bis).

La proportion d’élèves inscrits dans un dispositif CHA varie d’une académie à l’autre :
elle est particulièrement forte à Rouen (1,6 %, soit 1 500 élèves), à Paris (1,5 %, soit 1 300 élèves) et à Dijon (1,4 %, soit 1 000 élèves). Le nombre d’élèves concernés
est faible voire quasi-nul dans les départements d’outre-mer ; c’est à la Martinique qu’il est le plus élevé (0,5 %)  figure 9.

Devenir des élèves passés par une classe à horaires aménagés [...]

 

Les classes artistiques, un levier de mixité dans les collèges

Ces sections à horaires aménagés attirent des élèves issus de classes aisées dans des établissements de zones prioritaires.

[...] Ces sections, créées en 1974, ne sont en effet pas réservées aux collèges les plus favorisés. Elles sont présentes dans de nombreux établissements d’éducation prioritaire. Dix pour-cent d’entre eux en accueillent, et les effectifs ont presque triplé en une décennie. « Cela traduit une intention au fil des années de développer la mixité », se réjouit Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP).
[... "Il y a une condition à remplir : celle de ne pas créer des classes fermées sur elles-mêmes", précise le président de l’Observatoire des zones prioritaires." Autrement dit, mélanger les élèves de ces sections avec les autres. Et c’est le cas : 91% des collèges inscrits en musique danse ou théâtre, partagent la classe avec d’autres élèves. "Ils sont tous mélangés", avance Fabienne Rosenwald.

Cette mixité a de nombreuses vertus, rappelle la directrice de la Depp : Cela a toujours des effets positifs du point e vue scolaire et sociale. [...l Un constat partagé par Marc Douaire : ’la proximité peut créer l’attrait et la connaissance".

Reste que ce cercle vertueux concerne peu de monde. Si le nombre de collégiens en classes à horaires aménagés a plus que doublé en deux ans, ils ne sont que 26 000 au total. Soit moins de 1%.
Chloé Martin

Extrait de lemonde.fr du 13.06.19

 

 

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