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Evaluations : un communiqué du Sgen-Cfdt

12 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Évaluations imposées au CP, CE1, 6ème, seconde… pour quoi faire ?
Premier degré Second degré

Les évaluations nationales imposées et standardisées sont un leurre qui interroge notamment la confiance affichée envers les personnels. Pour le Sgen-CFDT, l’évaluation doit rester un outil au service des professionnels de l’éducation que sont les enseignant·es.
Evaluer pour classer les élèves ? les écoles ? les personnels ?
Evaluer pour classer ?
Évaluations nationales dès septembre

La rentrée 2018 voit deux séries d’évaluations imposées au CP, une au CE1, en 6ème et en seconde. L’objectif affiché de donner des repères aux enseignant·es pour aider les élèves à progresser, permettre d’adapter le pilotage de proximité, d’ajuster les plans de formation et proposer des ressources pertinentes peut être entendu. Pourtant, la remontée des résultats, les passations imposées sont, pour le Sgen-CFDT, contre-productives. Les moyens dédiés à ces évaluations sont disproportionnés et ne répondent à aucun besoin identifié par les enseignant·es.

Des pratiques habituelles en début d’année
En effet, les enseignant·es ont toujours effectué des évaluations diagnostiques en début d’année. Ils sont capables d’évaluer leurs besoins et de solliciter des formations adaptées.

Pour les équipes de cycle, c’est nier les projets mis en œuvre pour garantir la réussite de tous. L’hétérogénéité des classes est oubliée. Tous les élèves doivent apprendre la même chose au même moment, quels que soient leurs acquis antérieurs, leurs capacités à apprendre… Pour le Sgen-CFDT , des évaluations diagnostiques doivent permettre d’adapter les pratiques pédagogiques à la diversité des publics accueillis, en valorisant les acquis de chaque élève.

Des professionnels formés et compétents
Cependant, la remontée par école à l’IEN est souvent vécue par les équipes comme un risque d’être jugé. Ces évaluations leur laissent craindre un classement des écoles, voire des enseignant·es. Ainsi, pour le Sgen-CFDT, la remontée des résultats doit être du ressort des équipes des écoles et établissements. Seules celles-ci sont capables de définir leurs besoins en formation, au plus près de leurs difficultés.

Comme le Sgen-CFDT l’a précisé dès mars 2018, la multiplication des évaluations standardisées entraîne le système éducatif dans le champ de la défiance et de la tension, loin des objectifs d’une école de la confiance.

Éduquer et inclure tous les élèves
Évaluations nationales en français et en mathématiques, révision des programmes et repères de progressivité, des mesures centrées sur ce que l’opinion publique considère être LA mission de l’école : apprendre à « lire – écrire – compter ».

Sans nier l’importance de ces apprentissages, le Sgen-CFDT rappelle l’importance du plaisir d’apprendre, de l’éducation de l’élève dans son ensemble. C’est d’ailleurs ce qu’affiche le Code de l’éducation qui place l’éducation en tête des dispositions générales.

Article L111-2 Code de l’Éducation – La formation scolaire favorise l’épanouissement de l’enfant, lui permet d’acquérir une culture, le prépare à la vie professionnelle et à l’exercice de ses responsabilités d’homme et de citoyen

Le Sgen-CFDT rappelle cette mission essentielle d’éducation et d’inclusion de tous les élèves. Aucun·e enseignant·e ne peut limiter les apprentissages au français et aux mathématiques. Le Sgen-CFDT rappelle d’ailleurs que les écoliers français passent, chaque année d’école primaire, environ deux fois plus de temps à étudier la compréhension de l’écrit (lecture, orthographe et grammaire) que la moyenne de l’OCDE. L’Éducation nationale n’a donc pas attendu les évaluations standardisées de Jean-Michel Blanquer pour consacrer du temps aux apprentissages dits fondamentaux.

Pour améliorer les apprentissages de tous les enfants, il faut permettre aux enseignant·es de continuer à mieux adapter leur pédagogie à la diversité des élèves qui leur sont confiés. Cela ne passe pas par des évaluations standardisées et des vademecum de bonnes pratiques, mais par une réelle reconnaissance de l’expertise professionnelle de chacun·e, du temps pour la concertation dans l’analyse des difficultés d’apprentissage des élèves et dans la recherche de solutions pour mieux accompagner leurs progrès et leurs réussites.

L’évaluation doit rester un outil au service des professionnels de l’éducation que sont les enseignant·es. Les équipes doivent avoir l’autonomie nécessaire au choix de ces passations. Là aussi, la question de confiance de l’Éducation nationale envers ses personnels est posée.

Extrait de sgen-cfdt.fr du 09.09.18 : Évaluations imposées au CP, CE1, 6ème, seconde… pour quoi faire ?

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