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CP à douze : une enquête du SNUipp. Les propositions du syndicat

26 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Satisfaction des effectifs abaissés mais limites du dispositif, des centaines d’enseignantes et enseignants de CP dédoublés ont répondu aux questions du SNUipp-FSU dans tous les départements comptant des Rep+.

1338 réponses sur 3852 CP dédoublés en REP +, l’enquête menée d’avril à mai par le SNUipp-FSU pour mesurer les premiers effets du « CP à 12 » s’appuie sur un échantillon représentatif. Ses résultats apportent un premier éclairage à la fois sur les conditions dans lesquelles s’est mise en place la « mesure-phare » de Jean-Michel Blanquer et sur les effets de celle-ci sur les pratiques enseignantes et les apprentissages.

CP à douze
Dès la rentrée 2017, les classes de CP sont dédoublées dans les REP +. Non sans mal et sans dégâts collatéraux :72 % des dispositifs "Plus de maîtres", pourtant largement validés par les enseignants et de nombreux chercheurs, font les frais de l’opération au mépris des personnels en poste et du travail collectif initié par les équipes. 34 % des écoles sont confrontées à des problèmes de locaux et 44 % des enseignants déclarent que des salles ont été supprimées (BCD, RASED, informatique, arts visuels…) Ces contraintes, qui ne feront qu’augmenter l’an prochain, ont des effets sur l’organisation du dédoublement, imposée pour 37 % des équipes soit par la hiérarchie, soit par la configuration des locaux. Ainsi 18 % des classes se voient obligées de fonctionner avec deux enseignants dans une même classe.

Un pilotage surplombant
Renforcement des prescriptions, sentiment de dépossession professionnelle, tels sont les principaux reproches exprimés par les enseignants consultés. 53 % d’entre eux sont la cible de recommandations, 23 % d’injonctions de la part de la hiérarchie concernant le choix des manuels, les contenus d’apprentissage, la mise en place d’évaluations standardisées. 53 % aussi se déclarent stressés par l’objectif affiché du 100 % de réussite. Côté formation, si elle est au rendez-vous pour 69 % des enseignants, elle est imposée dans 93 % des cas indépendamment des besoins qu’ils expriment et de ce fait se révèle inappropriée pour 35 % d’entre eux. Ce pilotage surplombant aboutit logiquement au recentrage sur les fondamentaux martelé rue de Grenelle. La lecture à 76 % et les maths à 42 % sont les deux enseignements privilégiés alors qu’entre autres les langues vivantes (38 %), l’EMC (31 %), la musique et les arts visuels (29 %) sont minimisés.

Les résultats complets de l’enquête (18 p.)

En vidéo, l’analyse du SNUipp-FSU (3:05)

Dossier de presse CP à 12

Extrait de snuipp.fr du 25.06.18 : CP à douze : une enquête du NSUipp-Fsu

 

Dédoublements en CP : Le Snuipp alerte sur l’extension à la rentrée

"Baisser les effectifs est un levier important pour la réussite des élèves. C’est ce qu’on dit depuis des années... Mais il ne faut pas laisser croire que quand on baisse le nombre d’élèves par classe on n’a plus de problèmes d’inégalités". Le 25 juin, Francette Popineau a présenté un sondage réalisé auprès des classes de CP dédoublées et lancé une campagne pour limiter le nombre d’élèves dans toutes les classes du primaire de l’éducation prioritaire.

Quelle efficacité pour les dédoublements ?
Mesure emblématique du programme d’Emmanuel Macron à la présidentielle, le dédoublement des classes de CP et CE1 de l’éducation prioritaire a été lancée dès 2017. A la rentrée 2017 , 2500 classes de Cp en rep+ sont dédoublées. A la rentrée 2018, le reste des Cp de Rep+ , les Ce1 de Rep+ et une partie des Cp de Rep devraient suivre.

Que sait-on de l’efficacité de ces dédoublements ? Le sondage réalisé par le Snuipp (388 réponses complètes seulement) est plutôt positif. 90% des enseignants déclarent une amélioration du climat de classe et 84% de meilleures interactions entre élèves. Pour 71% des professeurs les compétences sont acquises plus rapidement et pour 93% les pratiques de classe ont évolué. Les enseignants déclarent aussi que les élèves sont sursollicités (56%) mais c’est un peu inévitable quand on passe à un enseignant pour 12.

"Ces CP à 12 racontent qu’on considère que baisser les effectifs est un levier important pour la réussite des élèves. C’est ce qu’on dit depuis des années", rappelle F Popineau. "Mais ces progrès seront ils pérennes ?", interroge t-elle. Il apparait que le dispositif n’apporte pas de réponse aux enfants en grande difficulté alors que les moyens des rased, déjà insuffisants, sont plutôt orientés vers les autres classes. La moitié des enseignants sont aussi inquiets pour le retour des élèves en classe normale . Or ce sera déjà le cas de 20% des enfants des CP dédoublés l’année prochaine.

Les difficultés de la rentrée 2018
Car les dédoublements vont commencer à peser vraiment avec la rentrée 2018. "Jusque là cette mesure n’a rien coûté au gouvernement", confie F Popineau. "Ca c’est bien passé en 2017 parce que le budget du gouvernement précédent prévoyait 4000 créations de postes". En fait JM Blanquer a distribué les postes restés disponibles et complété en transformant des maitres surnuméraires (les "plus de maitres que de classes") en enseignants de CP.

Selon le Snuipp, tout change à la rentrée 2018. Pour réaliser les dédoublements annoncés par le ministère il faudra 5 442 postes. Le ministère ne les a pas et va donc opérer une seconde portion, bien plus massive dans les maitres + (1326 postes supprimés), en maternelle (850 postes récupérés) et dans les écoles rurales (808 classes fermées).

Cela n’empêchera pas que pour ouvrir les classes dédoublées il faudra remplir les classes des autres niveaux. "L’abaissement des effectifs élèves c’est très bien mais à condition que ce soit payé par personne", dit F Popineau.

Un métier encore plus prescrit ?
Autre difficulté qui apparait avec cette rentrée : la transformation induite du métier. Le sondage laisse apparaitre les pressions hiérarchiques exercées sur la pédagogie des enseignants. 23% des professeurs dénoncent des injonctions hiérarchiques et 54% devoir suivre des "recommandations" de la hiérarchie. Ici les IEN font une liste de manuels en indiquant ceux qui sont conformes. Là on impose un manuel. Symptomatique est l’affaire Agir pour l’école dans le Nord que le Café a présenté le 18 juin. "L’école n’est pas un terrain d’expérimentation pour des officines privées", explique F Popineau qui voit dans cette école "un pari ministériel". "On a le sentiment avce le guide orange, la publication des recommandations Blanquer que tout va devenir très vertical. On est inquiet pour la professionnalité des enseignants et l’attractivité du métier".

Le Snuipp propose sa solution : limiter à 20 élèves par classe toutes les classes de l’éducation prioritaire au primaire. Pour le Snuipp cela couterait 7178 postes, soit à peine 2000 de plus que les dédoublements Blanquer. Pour le syndicat cet effort doit être fait. Le Snuipp rappelle que la France est le pays où il y a le plus d’élèves par classe dans l’OCDE.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique ;net du 26.06.18 : Dédoublements en CP : Le Snuipp alerte sur l’extension à la rentrée

Agir pour l’école dans le Café

 

Le bilan mitigé d’un an de CP à 12 élèves

Pour les enseignants, la mesure mise en place à la dernière rentrée donne des résultats probants mais, faute de moyens suffisants, elle se fait au détriment des autres niveaux.

Extrait de humanitefr du 26.06.18 : Le bilan mitigé d’un an de CP à 12 élèves-> https://www.humanite.fr/education-le-bilan-mitige-dun-de-cp-12-eleves-657320]

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