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Lire, dire, débattre : « À vos arguments, prêts ! Débattez ! » au collège REP+ Elsa Triolet de Champigny-sur-Marne (Observatoire des pratiques en éducation prioritaire)

28 septembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Lire, dire, débattre : « À vos arguments, prêts ! Débattez ! »

Dans le REP+ de Champigny-sur-Marne, un atelier débat accueille les volontaires de 4ème et 3ème, « ceux qui ont de mauvaises notes » ou ceux qui (en) ont (de) très bonnes (…), ceux qui parlent beaucoup en classe, (…) comme ceux qui restent au fond (…) (et) ne parlent quasiment jamais ».

Julie Chauvin leur a consacré un documentaire, diffusé en 2018 sur LCP, partenaire du projet en 2015-2017 et reconduit pour deux ans.

« Pourquoi l’amitié filles garçons n’existerait pas ? », « Je peux m’habiller, me déshabiller comme je veux, dans la rue, à l’école, au travail : pour ou contre ? », « L’argent fait-il le bonheur ? », « La France doit-elle accueillir tous les migrants ? », « Le plus important, si on veut changer les choses, c’est de voter ». On discute des sujets libres ou imposés, jusqu’à la dernière séance, organisée à l’Assemblée nationale.

Deux à trois semaines avant le débat, l’élève recherche des informations fiables, critique, trie. Un biais cognitif dans un grand journal ? : « Y’a pas le débat, en fait ». La recherche de faits percutants stimule la pensée créative et le plaisir d’apprendre entre pairs et en famille.

On débat un jeudi, au CDI. Le débat annoncéUne enseignante d’histoire géographie, le professeur documentaliste, un éducateur spécialisé rappellent qu’« on se tait quand les intervenants parlent, on les écoute attentivement ». Se conformer aux règles, répondre avec calme, aisance, à propos et connaissances apportent des points positifs. Négatifs, ils sanctionnent les manquements toujours explicités. L’insulte exclut de l’échange, pour un temps.

Les compétences psychosociales progressent.
Les débats opposent des duos d’élèves. « C’est pas forcément notre point de vue (…) qu’on défend ». C’est difficile. « Mais (…) c’est enrichissant, parce que tu te mets à la place de l’autre. Pourquoi l’autre penserait ça ? ». L’empathie s’apprend.

La pensée critique rend « totalement libre », dit l’un. La timidité recule. La confiance en soi grandit.

Autrui est approché avec davantage de respect et d’habileté : « Avant, c’est moi qu’avais raison tout le temps (…) Maintenant, on me parle, j’ (…) écoute, après, je réponds ». « Quand on écoute plus, on réfléchit plus ». « (…) On en apprend plus (…), parce qu’on n’a pas tous les mêmes connaissances ». L’échange élève.

Au fil des séances, un dialogue véritable succède aux monologues. Le propos « rebondit de façon magnifique », constate l’éducateur. Des formules font mouche. L’esprit renvoie la tentation de l’insulte.

Extrait de educationartistiqueetculturelleeducationprioritaire.wordpress.com du 25.09.18 : Lire, dire, débattre : « À vos arguments, prêts ! Débattez ! »

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