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Témoignage nostalgique sur Plus de maîtres (juin 2017) : "Nous pouvions..."

9 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

[Plus de maitres] Témoignage

Le travail en équipe était déjà très présent dans notre école, mais le dispositif a permis un enrichissement des pratiques professionnelles :

Nous pouvions croiser nos regards sur les élèves et donc prendre en charge collectivement les élèves en difficulté.

Nous pouvions mieux porter attention aux élèves non connivents avec l’école, vous savez, ces élèves pour qui les difficultés scolaires sont liées aux malentendus, aux attentes implicites de l’école … A deux, nous pensions à enseigner plus explicitement, il était plus facile de prendre conscience ce ce qui faisait obstacle à ces élèves.

Nous pouvions être plus efficaces dans l’enseignement de la compréhension, puisque lire n’est pas seulement déchiffrer. Etre 2 dans ces séquences d’enseignement n’était pas négligeable : des séances plus dynamiques, plus soutenues, avec un étayage particulier pour ceux qui en avaient besoin… mais aussi un enseignement de plus en plus juste et précis puisqu’en faisant chaque séance dans 3 classes, on s’améliore forcément !

Nous pouvions mettre en place une évaluation bienveillante : un créneau par semaine dédié aux progrès (les élèves s’entrainaient sur ce qu’ils avaient identifié comme progrès à faire ou montraient leurs progrès et réussites), à deux, nous n’étions pas de trop !

Nous pouvions mettre en place une vraie logique de cycle : en suivant les élèves du CP au CE2, en leur laissant le temps d’apprendre à lire (non, M. le Ministre, lire n’est pas seulement déchiffrer avec 100% de réussite en fin de CP), en mettant en oeuvre des projets communs et évolutifs.
A deux dans une classe, il était possible d‘écrire collectivement une grande histoire dans chaque classe (qu’il est magique de voir des CP qui écrivent une histoire d’une dizaine de page, en s’interrogeant sur la concordance des temps, en utilisant des connecteurs … une occasion en or de comprendre ce que signifie écrire)

Nous pouvions mettre en place des cycles d’enseignement à l’empathie où être deux était indispensable. Ô malheur, nous utilisions le maitre en plus pour autre chose que du lire-écrire-compter, mais parce que dans ces milieux, se sentir bien à l’école, apprendre à vivre ensemble, évoluer dans un climat serein, apprendre à gérer les conflits est indissociable de tout apprentissage.

Les collègues titulaires de leur classe avaient l’occasion d’aller observer d’autres collègues du cycle pendant que je prenais la classe. Une vraie occasion d’échanger sur nos pratiques.

Nous avions de vrais échanges pédagogiques.

Et petit plus : à titre personnel, j’ai bénéficié de la meilleure formation qu’il soit grâce au co-enseignement avec mes supers collègues !

Aujourd’hui, c’est fini, on met tout à la poubelle comme si cela n’avait pas existé, comme si personne ne s’était engagé, comme si cela n’avait pas été efficace, comme si les élèves n’en tiraient aucun avantage, comme si on avait que ça à faire de chambouler une rentrée 2 semaines avant les vacances (sous-entendant qu’en fait, c’est une légende que les instits travaillent l’été), comme si un ministre avait une connaissance pédagogique bien plus experte que celle des chercheurs…

Mais bonne nouvelle : l’impulsion lancée par le dispositif ne va pas s’éteindre, ce travail n’est pas vain, nous continuerons sur notre lancée. J’espère fortement qu’il n’y ait pas que des moutons en Macronie …

Extrait de classeurdecole.wordpress.com du 24.06.17 [Plus de maitres] Témoignage

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