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Pisa souligne à nouveau le rôle essentiel du climat scolaire des établissements et de la discipline dans la "résilience" des élèves défavorisés (Café et ToutEduc)

7 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Qu’est ce qui fait que , dans certains pays, les élèves pauvres s’en sortent mieux ? L’OCDE publie une nouvelle analyse des résultats de Pisa 2015 qui se focalise sur les élèves défavorisés. Certains pays ont réussi à augmenter fortement leur taux de réussite alors qu’ailleurs il décline. Pour l’expliquer, l’OCDE met, une nouvelle fois, en avant le climat scolaire et particulièrement la discipline.

De 1 à 55% d’élèves "résilients"
"Pisa 2015 montre qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE les trois quarts des élèves défavorisés atteignent au mieux le niveau 2 de réussite en lecture maths et sciences. Pourtant au Canada, Danemark, Estonie, Finlande, Allemagne, Hong Kong, Japon, Corée, Norvège, Singapour, Slovénie et Viet Nam plus de 30% de ces élèves atteignent au moins le niveau 3".

C’est à ces élèves "résilients" que l’OCDE s’intéresse dans un nouveau numéro de "Pisa à la loupe". L’analyse des résultats de Pisa montre des écarts énormes entre les pays pour les résultats de ces adolescents défavorisés.

Dans 17 pays plus de 30% de ces jeunes atteignent le niveau 3 c’est qu’ils sont capables de synthétiser à partir d’informations diverses ou de raisonner mathématiquement. En tête on va trouver des pays d’Asie comme Hong KOng, Macao, Singapour, Taiwan, le Viet Nam, la Corée ou le Japon. Mais aussi quelques pays européens, comme l’Estonie, la Finlande, la Norvège, l’Allemagne, les Pays Bas, et le Canada.

Inversement un nombre équivalent de 17 pays compte moins de 5% d’élèves pauvres au niveau 3. On y trouve des pays d’Asie comme l’Indonésie ou la Thaïlande, des européens (Géorgie, Moldave, Macédoine) et aussi l’Algérie, le Pérou, le Liban, le Mexique, la Colombie, le Brésil.

Des évolutions divergentes depuis 2006
Pisa 2015 montre aussi des évolutions divergentes entre 2006 et 2015. Certains pays ont fortement amélioré leur résultat. Ainsi l’Allemagne, l’Espagne ou la Slovénie ont vue leur pourcentage d’élèves résilients augmenter de près de 10%. La Russie a fait mieux avec un bond de 20% tout comme le Portugal. La France a aussi progressé : son taux de résilients passe de 18 à 24%.

D’autres pays au contraire connaissent une forte chute. C’est el cas de la Finlande où le taux passe de 55 à 39%, de la Corée (de 53 à 37%), de l’Australie, la Suède, la Hongrie par exemple.

Comment expliquer ces inégalités et ces variations ? L’OCDE a cherché les facteurs corrélés avec une forte résilience.

L’importance du climat de classe
Un facteur se dégage clairement : un climat positif dans la classe. Pour l’OCDE il s’agit d’un climat discipliné où les élèves peuvent se concentrer en classe et où les enseignants peuvent proposer un enseignement calme et ordonné. Pour l’OCDE "suivre des classes où l’ordre règne bénéficie à tous les élèves mais davantage aux plus vulnérables". Ces classes sont aussi celles où l’absentéisme est faible. Là aussi la corrélation est forte selon Pisa. A noter que si , en France nous avons un taux d’absentéisme faible, nous avons un fort taux de retards.

Par contre Pisa ne trouve pas de lien, ou alors négatif avec un fort équipement en ordinateurs en classe ou encore avec de nombreuses activités extra-curriculaires à l’école.

Un effet déjà démontré
A vrai dire ce n’est pas la première fois que Pisa établit un lien entre la discipline et la réussite scolaire. Le lien avait déjà été fait dans Pisa 2009. Pisa 2009 montrait que les pays étaient inégaux devant ce problème. En Corée du sud ou en Thaïlande, moins de 10% des élèves rapportaient qu’ils sont gênés par le bruit en classe pour travailler. Moins de 10% déclaraient que leur enseignant doit attendre pour continuer son cours au Japon ou à Shanghai. L’ordre en classe n’était déjà pas une spécialité asiatique. En Europe, au Danemark, au Portugal, au Royaume-Uni ou en Russie, le climat scolaire était déjà particulièrement calme. C’est le cas aussi aux Etats-Unis où seulement 10% des élèves déclaraient être gênés. La France par contre se situait en bas du tableau.

" Les classes et les écoles où il y a davantage de problèmes de discipline sont moins propices aux apprentissages", déclarait déjà l’OCDE, "parce que les enseignants doivent dépenser davantage de temps pour créer un environnement ordonné avant de commencer leur enseignement". Et l’OCDE ajoutait : " l’impact des inégalités sociales sur les performances scolaires peut être atténué par un climat disciplinaire positif à l’école".

Depuis une autre étude, celle de Hana Krskova et de Chris Baumann (Macquarie University) a mis en avant la discipline comme facteur d’amélioration des résultats scolaires. Pour eux le fait que le Japon, la Corée ou la Chine aient de bien meilleurs résultats dans Pisa que l’Australie s’explique par la discipline. Ils concluaient : "Des élèves plus disciplinés obtiennent de meilleurs résultats.. Il faut reconsidérer comment les classes et les écoles sont menées".

A quoi tient un bon climat de classe ?
Evidemment tout enseignant sait bien que la climat de la classe est un facteur déterminant de réussite scolaire. Un bon climat matérialise la confiance qui s’est installée entre le professeur et les élèves. Dans la construction de cette confiance il y a une part qui revient incontestablement au talent du maitre avec ces élèves là.

Mais cette réussite tient aussi à des facteurs externes au maitre, comme le fonctionnement de l’équipe pédagogique. Voire aussi des facteurs qui ne sont pas pédagogiques. Le rapide déclin de la résilience des élèves suédois n’est aps sans rapport avec la réforme du système éducatif qui a été conduite dans le pays.

La disparition du système d’éducation nationale avec le versement de chèques éducation et le recrutement local des enseignants par des établissements très largement autonomes, sur le modèle du New Public Management, a complètement transformé l’école. Résultat : les relations profs élèves sont particulièrement bonnes. Mais l’OCDE pointe la baisse régulière des performances en compréhension de l’écrit, en maths et en sciences dans les évaluations PISA depuis 10 ans du fait du manque de discipline dans les classes : les élèves suédois, qui sont devenus des clients d’écoles qu’ils font vivre, sont les plus souvent en retard dans l’Ocde. L’Ocde pointe aussi le faible niveau du statut social des enseignants : seulement 5% d’entre eux estiment que leur métier est valorisé dans la société. Un taux très proche de celui de la France...

Le climat des établissements a aussi à voir avec la façon dont la société organise son école. L’OCDE a aussi fait apparaitre d’autres facteurs de réussite en sciences comme le nombre d’élèves par classe ou le salaire des enseignants.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 06.02.18 : http://www.cafepedagogique.net/lexp...

 

OCDE : les conditions pour qu’un établissement favorise la réussite des plus faibles

"La probabilité que les élèves issus de milieux modestes soient résilients [capables de progresser malgré des circonstances défavorables] varie d’un pays à l’autre, ainsi qu’au sein de chaque système éducatif", estime les auteurs d’un "document de travail" publié par l’OCDE et fondé sur les résultats du PISA 2015. Bien qu’il évoque de grandes différences selon les pays, le document s’intéresse surtout aux différences selon les établissements et "met en évidence certaines caractéristiques communes aux environnements scolaires propices à la réussite des élèves défavorisés".

En moyenne, les trois quarts des élèves du quartile inférieur de l’indice de statut socio-économique [dont les familles se situent parmi les 25 % les plus pauvres] "ne dépassent pas le niveau de compétence de base (soit le niveau 2) en compréhension de l’écrit, en mathématiques ou en sciences", mais 19 pays ont réussi à accroître la proportion d’élèves "qui ont un niveau de compétence égal à 3 ou plus" et qui sont donc considérés comme "résilients". Ce sont notamment l’Allemagne, l’Espagne, Israël, le Japon, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Slovénie, tandis que 9 ont vu cette proportion baisser. "La France a enregistré une progression de 0,5 point de pourcentage par an."

L’étude met surtout en évidence les facteurs liés à l’établissement : "Le fait de suivre les cours dans le calme, dans un environnement propice à la concentration des élèves et sans interruptions dans le rythme de la leçon, est profitable à tous les élèves mais surtout aux plus vulnérables" et ce climat est favorisé par "un faible taux de rotation des enseignants et l’adoption, par les chefs d’établissement, d’un management axé sur le changement", c’est à dire que les personnels "sont encouragés à participer à la réalisation des objectifs stratégiques de l’établissement". Des interactions positives entre enseignants et élèves et entre élèves, ainsi que l’accent mis sur les apprentissages caractérisent les établissements dont le climat est favorable, estiment Tommaso Agasisti, Francesco Avvisati, Francesca Borgonovi, Sergio Longobardi.

L’étude "Academic Resilience : What Schools and Countries Do to Help Disadvantaged Students Succeed in PISA" (Documents de travail de l’OCDE sur l’éducation, n°167) est disponible (en anglais) ici

Extrait de touteduc.fr du 02.02.18 : Les conditions pour qu’un établissement favorise la réussite des plus faibles

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