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Des inquiétudes et interrogations sur le CP à 12 (Yannick Trigance, secrétaire général adjoint du PS)

12 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Pourquoi réduire le nombre d’élèves par classe n’est pas suffisant pour réformer le primaire
Si l’intention, bien que caricaturale, peut paraître acceptable, elle soulève un certain nombre d’inquiétudes et d’interrogations.

[...] Si l’intention, bien que caricaturale, peut paraître acceptable, elle soulève un certain nombre d’inquiétudes et d’interrogations à ce jour sans réponse :

- Ce dispositif ignore les cycles, et en particulier le cycle 2, celui "des apprentissages fondamentaux" qui s’étale sur trois ans CP, CE1, CE2 et qui correspond à la prise en compte du rythme de chaque élève.

- Il met une pression sur la classe de CP et instaure de fait le premier tri des élèves

- Il laisse en suspens une question essentielle : que feront les élèves qui ne maîtrisent pas les fondamentaux en CP ?

On le voit, la seule question de la baisse des effectifs ne règle en rien le droit à la réussite pour tous les élèves, d’autant que toutes les études montrent que pour être efficaces, les effectifs réduits doivent porter non seulement sur le CP mais aussi et à minima sur les classes supérieures du cycle 2, à savoir le CE1 et le CE2.

C’est pourquoi il convient dès à présent de veiller à ce que la pression mise sur les classes de CP et le CE1 ne se fasse pas au détriment du cycle 2, celui "des apprentissages fondamentaux", qui s’étale sur trois ans CP, CE1, CE2.

De même, la question du devenir des élèves qui ne maîtrisent pas les fondamentaux en CP se pose avec acuité afin que ne soit pas instauré un premier tri scolaire – et donc social dont les conséquences sont dramatiques en termes d’aggravation des inégalités.

Au final, il est particulièrement dommageable que les CP à 12 soient mis en place au détriment du dispositif Plus de Maîtres Que De Classe mais surtout que la priorité au primaire soit en fait uniquement consacrée au dédoublement, qui de fait aspire tous les moyens de l’éducation nationale au détriment des écoles et des classes hors CP et CE1 en REP et REP+.

Rappelons enfin que ces CP à 12 ont été rendus possibles grâce aux 60 000 postes créés par les gouvernements de gauche précédents de François Hollande, postes auparavant supprimés (80 000 suppressions) sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy par le ministre Luc Chatel et son Directeur Général de l’Enseignement Scolaire de l’époque, un certain...Jean-Michel Blanquer.

Au final il convient de réaffirmer que la réforme du système éducatif se construit dans la durée, dans la continuité des engagements budgétaires, sans lecture partisane et dans l’intérêt de l’enfant, en mettant l’excellence au service de la réussite de tous les élèves.

Extrait de huffigtonpost.fr/yannick-trigance du 09.01.18 : Pourquoi réduire le nombre d’élèves par classe n’est pas suffisant pour réformer le primaire

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