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Les réactions syndicales (Unsa, SNUipp) et politiques sur le dédoublement des CP et les évaluations

31 août 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

SE-Unsa

Rentrée sous tension pour le Se-Unsa
"C’est une rentrée sous tension avant tout du fait de la politique menée par le ministre". Habituellement modéré, le Se-Unsa a clairement critiqué l’action ministérielle le 30 août. Le second syndicat des enseignants souligne les "motifs d’agacement" des enseignants et prédit des tensions si le ministre développe du caporalisme ou ne respecte pas les engagements de l’Etat sur les carrières. Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa et Claire Krepper, secrétaire nationale, ont fait le point sur l’application des accords de revalorisation et pris position sur la réforme du bac.

[...] Rupture pédagogique
Mais c’est aussi la pédagogie de JM Blanquer qui dresse le syndicat vent debout contre le ministre. Il dénonce le retour en arrière effectué par le ministre. Même le dédoublement des CP est critiqué. "Les effectifs réduits doivent être accompagnés d’une pédagogie du petit groupe", explique C Krepper. "Si ce n’est pas le cas, on aura rendu la classe moins fatigante pour les enseignants mais il n’y aura pas d’impact pour les élèves".

Le Se Unsa dénonce aussi la suppression des maitres surnuméraires (PDM). "Le ministre dit vouloir les évaluer mais il a déjà décidé leur suppression". Elle va isoler davantage les enseignants qui avaient commencé à travailler en équipe avec les PDM.

Enfin le Se Unsa s’inquiète aussi des conditions de mise en place des dédoublements. Où les postes seront-ils trouvés ? "L’opération CP à 12 se fera au détriment d’autre chose", affirme S. Crochet. "On peut raisonnablement s’inquiéter pour les postes de remplaçants et de rased".

L’évaluation de CP et 6ème lancée par le ministre leur semble "sans intérêt" : elle n’apprendra rien aux enseignants qui font déjà leur propre évaluation. Elle inquiètera les familles. C Krepper ironise sur la conception des tests : en CP 4 séances de 20 mn sur papier par exemple. Le syndicat craint aussi à terme que les données remontées soient un jour utilisées pour évaluer les professeurs ou les établissements, à l’image des évaluations Blanquer sous Chatel.

Extrait de cafepedagogique.net du 31.08.17 : Rentrée sous tension pour le Se-UnsaRetour ligne automatique

 

[...] En ce qui concerne les "CP à 12", c’est une mesure "qui peut être intéressante pour ceux qui la vivront", encore qu’un tel effectif n’ait pas forcément de sens pour certaines activités, d’EPS par exemple, et que le groupe peut vite "tourner en rond". Le ministre s’est engagé à maintenir le dispositif "PDMQDC" (Plus de maîtres que de classes), mais "on n’y croit pas". Il dit que ce dispositif n’a pas été évalué, mais l’expérience PARE à Marseille qui l’a précédé a été évaluée positivement (voir par ex. le site de l’académie de Dijon ici), ajoutent les responsables du SE qui s’interrogent sur la faisabilité de l’extension de ces dédoublements à tous les CP et CE1 de l’éducation prioritaire "sans impacter" les autres niveaux.

La question des rythmes scolaires a été abordée "dans la précipitation", ce qui provoque "couacs et tensions", et risque de ramener "la très mauvaise ambiance" des années 2013-2014.

Les tests en CP et 6ème constituent sans doute la principale source d’interrogations pour le syndicat qui "n’en voit pas trop l’intérêt". Rapidement présentés aux responsables lundi 28, ceux de CP permettront au mieux d’établir une photographie du niveau des élèves que l’enseignant connaît déjà sans lui fournir aucune indication sur les causes des lacunes éventuelles. Ils peuvent avoir des effets contre-productifs, notamment d’étiquetage des élèves avec un "effet pygmalion" [les élèves considérés a priori et à tort comme faibles finissent par l’être effectivement, ndlr]. Les items vont définir une norme nationale qui aura des effets en amont et orienteront le travail des enseignants en grande section. D’ici quelques années, la comparaison entre les niveaux au CP et en 6ème permettra d’évaluer "la plus-value" d’une école tandis que la comparaison des résultats des élèves de divers collèges pourrait contribuer, selon la façon dont ils seront publiés, à leur classement dans l’opinion des parents. Les remontées au niveau départemental seront en effet anonymées pour les élèves, mais pas pour les classes ni les établissements.

Le dispositif "devoirs faits" pose également questions, d’autant qu’il n’a donné lieu à "aucun échange" avec les organisations syndicales. Il pourrait avoir un "effet contre-productif" important dans le 1er degré s’il n’est pas l’occasion de "réinterroger le rôle des devoirs". Il pourrait en effet inciter les enseignants à donner des devoirs pour donner quelque chose à faire dans ce cadre.

Extrait de touteduc.fr du 30.08.17 : SE-unsa : les sujets d’inquiétude se multiplient

 

SNUipp
Malgré la chaleur pesante, l’ambiance était fraîche le 28 août à Paris à la conférence de presse de rentrée du Snuippp, la première tenue sous l’ère Macron. Si le principal syndicat du primaire apprécie la mesure-phare du nouveau quinquennat en matière éducative - le dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire -, il apprécie beaucoup moins qu’elle se fasse aux dépens d’autres dispositifs. Deux autres sujets de mécontentement sont venus se rajouter à la veille de la rentrée : les propos du ministre Jean-Michel Blanquer ravivant la polémique stérile sur les méthodes de lecture et les suppressions annoncées d’emplois aidés dans l’éducation.

[...] Grande promesse
L’essentiel de la conférence de presse a été consacré à la mesure la plus en vue de la rentrée, la grande promesse du candidat Macron : les classes de CP à 12 élèves, mises en place dès septembre dans les REP +, les Réseaux d’éducation prioritaire renforcés. Il s’agit d’une première étape, la réforme devant se déployer ensuite sur deux ans, dans les CE1 en REP+ et dans les CP et les CE1 en REP.

La responsable du Snuipp a reconnu qu’alléger les effectifs des classes était bienvenu. Si l’on compare aux pays de l’OCDE, a-t-elle ajouté, la France a des classes de primaire bien plus chargées avec 22,9 élèves en moyenne.

Détournement
" Mais nous considérons que cela (les classes de CP à 12) s’est fait par le biais d’un détournement de fonds, a asséné la porte-parole du Snuipp. Ce ministère-là n’a créé aucun poste. Il s’est servi du budget précédent (hérité de la ministre Najat Vallaud-Belkacem). Alors que le nombre d’élèves attendus en primaire est en baisse, ce budget avait en effet prévu 4 500 postes supplémentaires. "

Pour le Snuipp, il s’agit d’un " détournement ". Une feuille de route était adjointe à ces postes supplémentaires - une vraie manne en période de disette budgétaire -, indiquant à quoi ils étaient destinés. Et cela n’a pas été respecté.

Piocher
Ils devaient servir, a précisé Francette Popineau, à " abonder le remplacement, à recréer des postes de Rased (maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire) après les coupes de l’ère Sarkozy, à scolariser les moins de trois ans, à ouvrir des postes de Plus de maîtres que de classes (des enseignants sans classe intervenant en soutien de leurs collègues dans une école) "...

Or, pour constituer ces CP à 12, le ministre a pioché dans ces moyens supplémentaires - prenant des postes en plus destinés aux Rased, aux remplaçants, aux Plus de maîtres que de classes, etc.

Ces CP dédoublés, a résumé Francette Popineau, " c’est très bien si cela ne se fait pas au détriment de dispositifs prévoyant des améliorations. On va de nouveau se retrouver avec des maîtresses malades qui ne seront pas remplacées et les élèves seront alors entassés dans d’autres classes. "

Yoyo
A propos du dispositif Plus de maîtres que de classes, la porte-parole du Snuipp a déploré " le yoyo " pratiqué par le ministre. " On aurait préféré que le système soit poursuivi et qu’il y ait une évaluation ", a-t-elle regretté, rappelant l’appréciation largement positive par les enseignants du dispositif lancé par Vincent Peillon dans le cadre de la Refondation de l’école.

Au lieu de cela, sans être abandonné, le dispositif est grignoté. Selon le Snuipp, il y aura 2 900 postes de Plus de maîtres que de classes à cette rentrée contre les 4 100 prévus initialement. Ce qui signifie que 1 200 postes ont disparu et ont été réaffectés afin de mettre des enseignants dans les classes dédoublées de CP en REP+.

Extrait de cafepedagogique.net du 29.08.17 : Le Snuipp avertit le ministre : " La confiance se construit "

 

Agathe Cagé, ex-directrice adjointe de cabinet de Najat Vallaud-Belkhacem

Pour l’ancienne directrice adjointe de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, le nouveau ministre de l’éducation n’est prêt à relever aucun des défis qui attendent l’enseignement : les moyens, la transformation du baccalauréat, les ressources humaines.

[...] Ce défi des moyens, Jean-Michel Blanquer ne semble pas prêt à le relever. La principale promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron pour l’école, à savoir les douze élèves par classe en CP et CE1 en réseau d’éducation prioritaire, a pris de plein fouet le choc de l’absence de moyens humains et financiers nouveaux consacrés à sa mise en place à la rentrée. Dédoubler les classes suppose plus de locaux pour accueillir les élèves et plus d’enseignants pour les prendre en charge. Ou, à défaut, une réalité éloignée de l’engagement du candidat Macron, puisque 30 % des classes préparatoires (CP) à 12 élèves seront en fait des CP à 24 – soit 2 x 12 dans une même salle de classe. Et rappelons que les effectifs d’enseignants remplaçants – dont le rôle est pourtant fondamental – ont été diminués pour financer la mise en oeuvre des classes à douze élèves.

Extrait de lemonde.fr du 30.08.17 : Agathe Cagé : « Avec Jean-Michel Blanquer, la rentrée, c’est marche arrière toute ! »

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