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Devoirs faits : un dispositif qui interroge (SE-Unsa). Accompagnement : à réserver aux élèves en difficulté dans un "collège modulaire" (Snalc)

15 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

SE-UNSA
[...] On peut saluer la louable intention de combattre les inégalités entre élèves en termes d’accompagnement et de ressources en permettant à tous de pouvoir effectuer leurs devoirs au collège et de rentrer à la maison, « devoirs faits ». Les moyens de la mise en œuvre de cette mesure ne sont pas très clairs. S’adressera-t-elle à tous les élèves ou aux seuls volontaires ? Fera-t-on appel aux enseignants, aux assistants d’éducation, aux associations, aux bénévoles ? Apparemment, à tous… Le ministre a parlé d’un créneau de 16 à 18 heures tous les soirs. Outre que les journées sont déjà très longues, l’organisation des transports scolaires en milieu rural rend ce modèle inapplicable. De quelles marges de manœuvre budgétaires disposera le ministre pour financer ce service ? L’accompagnement éducatif s’est réduit comme peau de chagrin faute de financements depuis plusieurs années, ne subsistant plus que dans les collèges de l’éducation prioritaire.

Au SE-Unsa, au-delà de la question des inégalités entre les élèves en termes d’accompagnement et de ressources pour effectuer le travail qui leur est demandé après la journée scolaire, nous interrogeons depuis plusieurs années la pertinence et l’efficacité des devoirs à la maison pour les apprentissages.
L’externalisation du travail personnel hors des heures de classe et plus largement du temps scolaire est une pratique très ancrée. Pourtant, elle n’a pas fait la preuve de son efficacité.
Nous écrivions en 2012 sur notre blog : « Il faut en terminer avec la notion même de « devoirs » pour mieux définir le travail personnel de l’élève au quotidien, ainsi que les tâches menées dans un cadre collectif (la classe) voire coopératif. Toutes doivent être réalisables et réalisées sur le temps scolaire, selon des modalités qui peuvent varier d’un niveau à l’autre, d’un lieu à un autre, mais qui doivent être coordonnées et accompagnées. Le travail personnel doit surtout mener l’élève à devenir autonome. »
Nous sommes convaincus que personne ne peut faire le travail d’appropriation des savoirs scolaires à la place des élèves et qu’il faut leur donner des occasions multiples de s’entraîner, de mémoriser, de mettre en relation les notions travaillées en classe.

Définir ces tâches qui permettent les apprentissages fait partie du travail pédagogique des enseignants. Suivre les élèves en train de les accomplir est un moyen important de repérer les difficultés et donc d’y remédier. Les sous-traiter à des intervenants qui n’en maîtrisent pas forcément les enjeux, c’est passer à côté de ce repérage et prendre le risque que les objectifs poursuivis par le travail assigné ne soit pas compris et qu’il soit réinterprété de façon contreproductive.
Le travail personnel donné aux élèves doit tenir compte de leur âge et de leur degré d’autonomie. Les premières années d’école primaire, ce travail doit être effectué dans la classe sous le contrôle de l’enseignant. Progressivement, certaines tâches peuvent être effectuées en autonomie, l’autonomie consistant à savoir identifier l’aide dont on a besoin et où on peut la trouver.

Les défenseurs des « devoirs » disent qu’ils sont un lien entre l’école et la famille. C’est vrai, mais ce lien est loin d’être positif pour tous. Il faut trouver d’autres moyens pour rendre compte aux familles des apprentissages menés et leur permettre de s’impliquer. Les cahiers des apprentissages, dans lesquels les élèves consignent l’essentiel de ce qu’ils ont appris pour pouvoir en parler en famille, les reportages photo ou vidéo, qui permettent aux parents de comprendre comment on apprend dans la classe sont des exemples de pratiques intéressantes.

Extrait de ecoleetsociété.se-unsa.org du 14.06.17 : [Devoirs faits, un dispositif qui intérroge http://ecoleetsociete.se-unsa.org/Devoirs-faits-un-dispositif-qui-interroge]

SNALC

[...] Pour cela, nous ne sommes pas demandeurs d’un retour au collège d’avant la réforme de 2016, mais nous avons un projet alternatif. Nous proposons un collège modulaire où les élèves en difficulté disposeraient d’enseignements renforcés, soit pour accéder dans de bonnes conditions à la voie générale et technologique au lycée, soit pour mieux se préparer à la voie professionnelle.

[...] Pour ce qui concerne l’accompagnement, nous proposons des enseignements facultatifs destinés aux élèves les plus en difficulté. Si l’on veut vraiment aider ces élèves, alors il faut mettre en place pour eux des dispositifs spécifiques. Un accompagnement vraiment personnalisé ne peut avoir lieu en classe entière sur les mêmes heures de cours durant lesquelles vous avez votre programme à traiter. Nous ne sommes pas non plus contre l’interdisciplinarité, ni contre les projets, mais contre leur bureaucratisation.

Extrait de lalettredeleducation.fr du 12.06.17 : Jean-Rémi Girard : « Nous continuons de demander l’abrogation de la réforme du collège »

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