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Plus de maîtres que de classes et dédoublement des CP. En Haute-Garonne, 22 postes PDM redéployés en REP+ dédoublés (avec priorité pour les enseigants concernés) et 42 PDM continuent d’exister dont 7 en REP+

13 juin 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Réformer l’éducation prioritaire sans désespérer les enseignants
La mesure étendard de son programme éducatif pourrait bien devenir un boulet. E Macron a annoncé vouloir réduire à 12 élèves par classe les effectifs des CP et CE1 de l’éducation prioritaire (Rep et Rep+). Cette mesure, basée sur la thèse de Piketty et Valdenaire, devrait permettre de mieux prendre en charge les fondamentaux sur les 2 premières années cruciales de l’école. En ce sens c’est une vraie avancée pour l’Ecole.

Mais la mesure a déjà été revue à la baisse. A la rentrée 2017, elle ne va concerner que les CP de Rep+. Le ministre reste évasif sur la façon de l’appliquer. Mais ce qui se distingue sur le terrain c’est l’affectation des maitres surnuméraires des Rep+ en CP à la rentrée.

Ces enseignants particulièrement motivés viennent d’opter pour ces postes particuliers et ils animent souvent de véritables réseaux pédagogiques sur le terrain. Leur disparition renvoie à un classique de l’Education nationale : lancer un dispositif où les enseignants s’investissent puis le supprimer par décision politique venue d’en haut sans aucune évaluation. C’est un très mauvais signal envoyé au monde enseignant. Enfin la mesure posera problème aux communes, même si le nouveau président a prévu de budgeter 200 millions pour les aider à construire des locaux.

Pour le moment, cette mesure semble plutôt décourager les enseignants du primaire et désorganiser la rentrée. D’autant qu’elle se cumule avec d’autres signaux négatifs : la redéfinition des rythmes à quelques jours de la fin de l’année scolaire, le retour aux 4 jours, l’apologie du redoublement y compris au primaire.

De l’autre mesure phare, n’affecter que des enseignants expérimentés en Rep+, on n’entend plus parler. E Macron avait promis qu’aucun enseignant ne devrait commencer sa carrière en Rep+ sauf volontariat. Pour cela il prévoyait de porter la prime annuelle des enseignants en Rep+ de 2300 à 5300 €. Ces 2 mois de salaire supplémentaires seront-ils suffisants pour rendre les Rep+ attractifs en milieu de carrière ? Et la mesure sera-t-elle même prise ?

 

Renforcer l’autonomie des établissements sans augmenter la ségrégation
Sur ce point les choses vont vite. Depuis le CSE du 8 juin, on sait ce qu’il en est. Les collèges pourront décider d’affecter quasi librement les 20% de la DHG qu’ils gèrent déjà en autonomie dans le cadre de la réforme. Ils pourront affecter ces moyens aux EPI et à l’AP ou à la recréation de parcours bilangues ou langues anciennes par exemple.

L’idée d’autonomie est à la mode et se trouvait dans les programmes de plusieurs candidats. En accordant une marge de manoeuvre aux établissements on leur permettrait de mieux ajuster leur offre éducative à la réalité de leurs élèves. Mais le signal envoyé par la rue de Grenelle est bien plus le retour à l’ordre ancien que celui d’aller plus loin dans l’audace.

Ce qui se dessine c’est la reconstitution des filières d’excellence dont on sait qu’elles sont connotées socialement. Autrement dit, E Macron prend le risque d’encourager la ségrégation scolaire. Une mesure qui fait écho à celle des rythmes où le retour à la semaine de 4 jours pénalisera aussi les enfants de milieu populaire.

 

Ne pas oublier la mixité sociale
Le candidat d’En Marche a promis de continuer les expérimentations de mixité sociale au collège lancées par N Vallaud Belkacem. Il souhaite y entrainer l’enseignement catholique mais ne mise que sur la négociation pour y arriver.

Mais après son élection, c’est silence radio. Les mesures prises, comme le rétablissement des filières européennes ou latin grec vont exactement en sens inverse.

Extrait de cafepedagogique.fr du 12.06.17 : Législatives : La réforme scolaire d’Emmanuel Macron est en marche...

 

Redoublement, stages de remise à niveau, chorales, dédoublement des classes de CP-CE1 : Jean-Michel Blanquer planche déjà sur plusieurs mesures à mettre en place dès septembre, contre l’échec scolaire.

[...] Dédoublement des classes de CP-CE1 : « il n’y aura pas de réduction de moyens »

Mesure emblématique du programme éducation d’Emmanuel Macron, le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP et REP+ devrait commencer dès la rentrée 2017. « Nous voulons concentrer nos efforts là où cela est nécessaire. L’objectif est clair : le dédoublement des classes de CP en REP+ dès la rentrée 2017 et de toutes les classes de CP et CE1 en REP et REP+, en 2018″, explique Jean-Michel Blanquer au Parisien.

Afin d’obtenir « 100% de réussite en CP », le ministre de l’Education prévoit, dès la rentrée 2017, d’appliquer « le format de 12 élèves par classe » dans 2300 classes de CP en REP+. Selon lui, « le taux d’encadrement des autres classes ne sera pas dégradé », et « il n’y aura pas de réduction de moyens, au contraire ».

Pour lui, pas question de « casser » le dispositif « plus de maîtres que de classes » (PDMQDC) : se voulant « pragmatique », il assure « adapter pour la rentrée prochaine, ce qui est possible physiquement et humainement ». Ainsi, quand le dédoublement des classes de CP sera impossible en raison d’un « manque de » locaux » (notamment dans le Bas-Rhin et [en Haute-Garonne], Jean-Michel Blanquer propose de « concentrer le PDMQDC sur le CP », afin de « rendre le CP plus efficace », mais aussi de « voir comment évoluent ces deux dispositifs ».

Extrait de vousnousils.fr du 12.06.17 : Avant la rentrée, Jean-Michel Blanquer prépare son plan de lutte contre les inégalités

 

Education prioritaire - "CP à 12" dans les REP + : comment l’académie de Toulouse s’y prépare-

[...] Réaffectation de PDMQDC sur des postes de "CP dédoublé"
Quant aux postes d’enseignants nécessaires, "les IEN (Ndlr : Inspections de l’éducation nationale) de circonscription ont mené un travail très rapidement pour calculer ce que ’coûterait’ la mesure en se basant sur le nombre d’élèves inscrits en CP à la rentrée", indique la rectrice. Malgré une dotation de 141 postes dans le premier degré, elle rappelle que le rectorat ne dispose pas de réserves de postes car tous sont dédiés aux ouvertures de classe du fait de la hausse démographique.
Dès lors, les enseignants dont les postes PDMQDC (plus de maîtres que de classes) sont supprimés sont prioritaires pour être affecté sur un poste de "CP dédoublé" dans la même école. La direction des services départementaux de l’Education nationale (DSDEN) de la Haute-Garonne va ainsi redéployer 22 postes PDMQDC des écoles REP + et ouvrir 8 postes supplémentaires.
En tout, 42 PDMQDC continueront d’exister à la rentrée 2017 dont 7 dans les écoles REP + ainsi que dans des écoles en zone rurale (dans le cadre des "conventions ruralité").

Une efficacité pédagogique peu évaluée
Quant à l’efficacité pédagogique des "CP dédoublés", la question fait polémique. Justement, quelques écoles de l’académie de Toulouse avaient expérimenté les CP dédoublés souhaités par Luc Ferry en 2002-2003. Résultat : "Il y a bien eu quelques petites évaluations faites ponctuellement mais elles ne sont pas assez significatives pour en tirer des conclusions", constate Hélène Bernard.

Concernant le dispositif PDMQDC, la rectrice relève qu’il "a surtout de l’intérêt quand il s’inscrit dans un projet pédagogique d’école et/ou de cycle". "Nous avons des échos plutôt positifs sur ce dispositif mais l’évaluation complète reste à conduire." Ce sera fait, a assuré le ministère de l’Education nationale. Les premiers résultats seraient disponibles en juin 2018.

Extrait de caissedesdespots des territoires.fr du 12.06.17 : Education prioritaire - "CP à 12" dans les REP + : comment l’académie de Toulouse s’y prépare

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