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Stéphane Kus (Centre Alain Savary) : « La formation doit partir des difficultés ordinaires du travail" (Lettre de l’Education)

1er février Version imprimable de cet article Version imprimable

Le point avec... Stéphane Kus : « La formation doit partir des difficultés ordinaires du travail »

Stéphane Kus, professeur des écoles, ancien coordonnateur de REP, est chargé d’études au Centre Alain-Savary (IFÉ)

[...] Faire travailler ensemble des collègues des deux degrés reste un sacré défi. Cela réclame aussi un gros effort de formation... mais pas n’importe laquelle.
On a trop tendance dans l’institution scolaire à privilégier les formations « descendantes » - où l’on présente les nouvelles prescriptions - alors que, pour être efficace, la formation doit s’appuyer sur la reconnaissance des métiers et partir des difficultés ordinaires du travail. Enfin, il faut aussi admettre que le temps de l’éducation est long et que l’injonction à la transformation immédiate est vaine.

[...] Il y a d’ailleurs un paradoxe  : on peut consacrer beaucoup de temps en réunion à passer en revue les élèves en difficulté, mais c’est souvent pour en identifier l’origine - ça se passe mal à la maison, il a un trouble psychologique, il est dyslexique, etc. - et pour prescrire des solutions extérieures comme le recours au réseau d’aides ou à l’orthophoniste. Ne pourrait-on pas passer plus de temps, en réunion ou en formation, à travailler sur la nature des difficultés scolaires ?

[...] Le cœur de l’école, c’est de faire classe, et toute l’institution doit être mobilisée pour soutenir, accompagner et former les enseignants. C’est en tout cas ce que nous défendons. Quant à plus de mixité sociale, c’est très bien du point de vue de la cohésion sociale mais il faut savoir qu’elle n’apporte pas forcément la réussite de tous.
J’ai connu un collège socialement mixte dont le taux de réussite au brevet était de 80%. Mais à y voir de plus près, ce taux était de 100% pour les élèves issus de l’école la plus favorisée du secteur. Il tombait à 33% pour ceux de l’école défavorisée, et à 25% pour une autre école en milieu difficile, mais sans les moyens de l’éducation prioritaire. Si on ne s’approche pas collectivement de la nature des difficultés scolaires, la mixité ne fera pas magiquement réussir tous les élèves.

Extrait de lalettredeleducation.fr du 30 .01.17 : Stéphane Kus : « La formation doit partir des difficultés ordinaires du travail »

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