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Journée OZP 2016. Table ronde. Dispositifs et pratiques en éducation prioritaire

2 juin 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée nationale 2016 de l’OZP

TABLE RONDE. LES DISPOSITIFS ET PRATIQUES PÉDAGOGIQUES
EN ÉDUCATION PRIORITAIRE

Les préconisations officielles concernant plusieurs dispositifs, le Plus de maîtres que de classes (Pdmqdc), la scolarisation des moins de 3 ans, le cycle 3, invitent les acteurs à se centrer sur la pédagogie. Qu’en est-il sur le terrain ? Les lignes bougent-elles ? Fait-on du sur place ? Le travail collectif et le rapprochement des cultures professionnelles restent-ils des vœux pieux ? Un directeur d’école en REP+ sur Orly, une principale de collège à Épinay-sous-Sénart et une formatrice académique sur deux REP+, Nanterre et Gennevilliers, témoignent …


De gauche à droite : Marie-Hélène Bacon, François-Régis Guillaume (animateur), Pascal Requena, Arbya Eichi

Pascal Requena est directeur d’école à Orly sur un réseau qui a une longue histoire avec l’Éducation prioritaire. De RAR en Éclair, de REP+ préfigurateur à REP+ conforté à la rentrée 2015, l’école qu’il dirige a bénéficié de changements. Ces évolutions ont permis à son équipe de développer une réflexion pédagogique et ce grâce aux heures de concertation dont 12 heures s’effectuent avec des remplaçants. Les temps collectifs ont permis de travailler véritablement sur le projet d’école, de s’engager dans des actions innovantes avec des retours (ce qui fonctionne ou pas, ce qu’il convient de réajuster,…). Deux grands axes sur le groupe scolaire ont été retenus : le PDMQDC et la scolarisation des moins de 3 ans
Le PDMQDC intervient essentiellement chez les CP/CE1. La co-intervention a nécessité de la co-réflexion, de la co-préparation, de la co-observation, de la co-
recherche, etc. Tous ces « co » demandent du temps. Apprendre à travailler ensemble et surtout à travailler autrement nécessite une adaptation commune et s’organise. Sur l’école, au-delà des CP/CE1, ce sont aussi les GS qui sont concernées. À partir des évaluations EAL (Évaluation de l’Apprenti Lecteur), les compétences à travailler sont identifiées et entraînent une mise en place pédagogique. La manière d’intervenir du PDMQDC peut varier mais rien n’est improvisé. S’il prend des groupes, cela ne change rien. Les objectifs restent les mêmes. Mettre en activité tous les élèves est essentiel, en gardant un regard particulier pour chacun.
La pérennisation de la fonction est nécessaire. Il convient de l’ancrer pour offrir des perspectives aux enseignants. En ce qui concerne la formation, elle est indispensable pour travailler avec les TPS. Sur la circonscription, un des cinq axes de réflexion est le numérique. Lorsque les enseignants sont en formation sur leur temps de classe, des remplaçants sont dans les classes. C’est tout à fait remarquable de pouvoir travailler ensemble sur un projet et d’échanger puisque 12h également sont dégagées. Pour conclure, le temps accordé permet de travailler dans des conditions que nous n’avions pas eues jusque là.

Marie-Hélène Bacon est principale d’un collège REP, ex-Éclair à Épinay-sous-Sénart.
Au sein du collège, des professeurs référents s’étaient retrouvés « Préfets des Études". Rémunérés en heures supplémentaires, ils sont devenus ensuite « Référents décrochage » lorsque le terme contesté. La répartition est simple. Chaque référent est affecté à un niveau avec une mission particulière en fonction de la classe.
Ce qui se constate : il y a des échanges, de la communication. Chacun se sent concerné par la difficulté scolaire et la réussite des élèves devient un élément commun et central. Quelques année auparavant, il aurait été impossible qu’un collègue intervienne sur une classe sans que le professeur de la matière enseignée ne se sente dépossédé. Aujourd’hui, la fonction de coordonnateur de niveau a favorisé le travail en équipe.
Les réunions s’organisent sur le temps de pause de midi. Avec le cycle 3, le changement de cap est réel. Des réunions ont lieu. La relation a changé. Les professeurs ne s’exclament plus « Mais que font les enseignants en primaire ? » mais s’interrogent sur ce qu’il est possible de faire ensemble. Les comités exécutifs et la liaison CM2/6e ont largement contribué à ce rapprochement des cultures. Un coordonnateur à mi-temps, c’est peu cependant sur un réseau où domine une grande misère sociale.

Formatrice academique sur deux REP+, Arbya Eichi évoque le dispositif de pilotage qui rassemble les pilotes du réseau, le coordonnateur et le formateur. Cette organisation est un facilitateur pour le parcours de l’enseignant. L’information est partagée, le parcours proposé est expliqué ainsi que les attendus. Il s’agit bien d’accompagner les enseignants, de les rassurer, de faire comprendre que la difficulté d’un élève dépend d’un collectif. Pouvoir travailler autrement nécessite avant tout d’être tranquillisé. C’est à ces conditions qu’ils vont pourvoir s’en emparer. Parallèlement, il faut laisser de l’autonomie aux enseignants. 54 heures de formation sont proposées. L’enjeu est d’articuler les temps de formation continue et le travail collectif. Le référentiel doit fédérer et permettre de rechercher quelles pratiques il convient d’adapter, ensemble, à partir de chaque préconisation. Une priorité est bien la continuité du parcours de l’élève et les départs des enseignants ne doivent pas les pénaliser.
Les temps de formation sont pris soit sur le crédit soit le mercredi après-midi, et, sont organisés en intra ou interdegrés. Deux dispositifs qui ont été préparés et qui sont outillés sont proposés aux enseignants pour nourrir les temps de concertation. Le premier concerne les observations croisées, le second l’analyse réflexive des pratiques.
Sur le premier dispositif, du temps a été dégagé afin que les enseignants s’accordent sur ce qu’il fallait observer. Par exemple, une grille d’analyse élaborée collectivement concerne les passages à risque en cas de changement de classe. Les enseignants proposent également des pratiques, ce dispositif étant appelé à évoluer.
En ce qui concerne le second, c’est l’analyse de la pratique professionnelle à partir de ce qui se fait en classe qui est faite. C’est une approche par le réel de la classe. Ce dispositif est également évolutif, c’est une construction collective.
Pour conclure, il est nécessaire de rassurer les différents acteurs en proposant un cadre éthique, diffusé à toutes les strates, depuis le pilotage jusqu’au terrain. Il faut équiper les enseignants d’outils conceptuels et techniques et inscrire la formation dans le temps.

Quelques réactions dans la salle
• Le quota de remplaçants, les concertations des mercredis après-midi : une configuration exceptionnelle qui permet de travailler en équipe, de réfléchir ensemble.
• Les observations croisées : leur intérêt est indéniable.
• Le travail par compétences : une culture du 1er degré qui est en train de gagner le second.
• La classe inversée : un outil intéressant, encore à l’état de prémisse.

Compte rendu rédigés par Brigitte D’Agostini

 

Lire les autres comptes rendus de la Journée OZP du 28 mai 2016

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1 Message

  • Bonjour, la classe inversée est pratiquée par certains en éducation prioritaire depuis plusieurs années déjà.

    Pour les rencontrer, échanger avec eux, mais aussi de nombreux autres, praticiens ou curieux, sur les moyens pratique de mise en place d’une classe inversée, un congrès annuel Classe Inversée existe : le CLIC.

    Il se déroulera cette année à l’Université Paris-Diderot, du 1er au 3 juillet.
    Inscriptions et détail du programme : www.clic2016.com

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