> POLITIQUE VILLE > PERISCOLAIRE VILLE : Afev, Clas, Coup de Pouce, autres soutiens > AFEV > Service civique à l’AFEV. Témoignages de 2 jeunes volontaires pour (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Service civique à l’AFEV. Témoignages de 2 jeunes volontaires pour accompagner, en lien avec le CASNAV, des élèves allophones de l’académie de Nantes

12 février 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Véronique Soulé : Louise et Léa font leur "Service Civique"...

Ah, le service civique ! Il va répondre à la soif d’engagement des jeunes, réinsuffler de la mixité, favoriser l’intégration, contrecarrer l’échec scolaire, remettre les décrocheurs sur les rails… Les ténors de l’UMP auraient voulu qu’il devienne obligatoire, type service militaire. François Hollande l’a rendu « universel » : tous les jeunes qui le voudront pourront en faire un. Il a même promis de quadrupler les places cette année. Une bonne idée, mais pas une solution miracle. Et encore faut-il des moyens, pour proposer des missions intéressantes, encadrer les volontaires... Reportage avec deux engagées accompagnant des élèves allophones.

Léa Moulard, 22 ans, et Louise Esseau, 21 ans, sont volontaires à l’AFEV (Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville), à l’antenne de Nantes. Elles ont signé pour neuf mois, de fin septembre à juin. Pour 26 heures par semaine, elles touchent 570 euros nets – dont 100 euros à la charge de l’association, le reste étant financé par l’Etat. Pour leur service civique, toutes deux ont choisi le programme « ENA », pour Enfants Nouvellement Arrivés. Deux fois par semaine, elles suivent un jeune étranger. A Nantes, l’AFEV propose trois autres actions : l’accompagnement d’élèves de quartiers difficiles, un dispositif pour favoriser le passage du lycée dans le supérieur, et enfin la Colocation solidaire - des étudiants louent à un prix modique un HLM en échange de quoi ils mènent des actions solidaires avec les habitants, comme les échanges de services entre voisins, des diners conviviaux…

Atelier des initiatives de l’AFEV Nantes

Avec Khulan et Anaï...

Léa suit Khulan, 15 ans, une Mongole arrivée un jour d’octobre 2013 à Nantes venant d’Oulan-Bator, la capitale. Léa l’apprendra au fil de leurs rencontres : la jeune fille a voyagé seule. Elle a gagné Moscou par le Transsibérien, puis a rejoint en avion la Pologne et de là en voiture, elle a traversé l’Allemagne d’une traite et est arrivée en France, directement à Nantes. Ce sont ses deux demi-frères qui auraient organisé le voyage, après le décès de la grand-mère qui l’élevait. Khulan a été adressée à l’AFEV par le professeur d’une classe d’accueil. L’association travaille avec quatre collèges ayant ce dispositif. Auparavant appelées tout simplement des « CLA » pour classes d’accueil, elles ont été rebaptisées « UPE2A », pour Unité pédagogique pour la scolarisation des enfants nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (Ouf…).
Léa ne s’attarde pas avec Khulan sur ses devoirs. Arrivée sans parler un traître mot, elle maîtrise bien le français. En troisième, elle suit d’ailleurs certains cours dans des classes « normales » et devrait passer, l’an prochain, en seconde générale… « L’essentiel du temps, précise Léa, nous échangeons sur le collège où elle a peu d’amis, sur son orientation aussi. Mais elle ne se voit pas rester. Elle rêve de Londres ».

Louise a hérité d’un petit bonhomme de 8 ans, Anaï, venu du Daguestan. Non francophone en débarquant de la capitale Makhatchkala, aujourd’hui en CE1, il parle très bien le français. Il a été envoyé par le CADA (le centre d’accueil des demandeurs d’asile). L’AFEV est aussi en lien avec deux enseignants itinérants qui travaillent avec des enfants du voyage. « Comme Anaï n’a pas vraiment de problèmes scolaires, explique Louise, nous faisons surtout des sorties car la famille habite à l’hôtel et les parents parlent peu le français. Je lui ai fait découvrir le tram, nous avons visité le Jardin des plantes, la Tour de Bretagne… ».

Du coté de l’éducation nationale..

En plus, les deux volontaires vont chaque mardi, durant une heure, dans la classe UPE2A du collège [ECLAIR] Le Breil. Très investi, le professeur qui en a la charge voulait faire exister sa classe sur le site du collège. Il leur a demandé des suggestions. Léa et Louise se sont lancées dans un blog avec les élèves, avec des tableaux interactifs (le pays devant correspondre avec le drapeau), des petites vidéos avec les hymnes respectifs, avec « Bonjour » dans chaque langue… Chaque trimestre, elles rendent compte aussi, à leurs profs respectifs, de l’évolution de leurs protégés.

Voir le blog

Mais tout cela ne s’improvise pas. Pour mener leur mission, Léa et Louise ont eu trois soirées de formation : l’une animée par le CADA sur le parcours d’un migrant, une autre sur la scolarisation assurée par le CASNAV (le centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés) et par les deux profs itinérants, une dernière enfin sur l’accompagnement de ces élèves, dispensée par les CEMEAS.

Aider les autres, apprendre sur soi...

« Nous accueillons 17 jeunes en service civique qui participent à nos actions et qui chapeautent nos 285 étudiants bénévoles, explique Fleur Legeay, responsable du programme « ENA » à l’AFEV, nous recevons bien plus de demandes, mais nous nous ne pouvons toutes les accepter, nous manquons de moyens, il faudrait créer des missions ». Fleur est hostile à un service obligatoire - finalement écarté par Hollande : « pour s’engager, il faut être motivé. Or on risquerait de voir arriver des jeunes non motivés ».

Léa et Louise pointent aussi une contradiction – « imposer quelque chose à des volontaires, ça paraît idiot ». Toutes deux affirment que le choix de l’AFEV et du dispositif ENA ont un sens pour elles. Faisant une pause dans leurs études, elles avaient besoin de réfléchir en se rendant utiles. Après une licence droit-sciences politiques et un an à l’étranger, Léa y voit déjà plus clair : elle songe à devenir infirmière. Louise a une licence Arts du spectacle, spécialité Cinéma : après avoir pensé au social, elle va plutôt chercher une formation pratique, dans l’audiovisuel.

Toutes deux ont l’impression d’avoir déjà beaucoup appris, sur elles-mêmes et sur les autres. « On a découvert des vies et des expériences qu’on n’aurait jamais imaginées avant », confient-elles.

L’accompagnement présenté par l’AFEV

Extrait de cafepedagogique.net du 09.02.2015 : Véronique Soulé : Louise et Léa font leur "Service Civique"...

 

Accompagnement pédagogique du CASNAV
Aide à la mise en œuvre du parcours personnalisé, formations pour les premier et second degrés, en lien avec le CASNAV Rectorat.

- 2 postes enseignants ressources, itinérants sur St Nazaire et sa région.
- 6 postes enseignants ressources, itinérants sur Nantes et sa région.
- UPE2A (Unité Pédagogique pour Elève Allophone Arrivant)
• Dans le 1er degré : École élémentaire Urbain Le Verrier - Nantes
• Dans le second degré :
◦ Collège [ECLAIR] Le Breil - Nantes
◦ Collège [RRS] La Noë Lambert - Nantes
◦ Collège Aristide Briand - Nantes
◦ Collège Anne De Bretagne - Saint Herblain
- UPE2A NSA
◦ Dans le 2nd degré - pour les élèves Non Scolarisés Antérieurement (ou ayant un parcours scolaire discontinu) : Collège [RRS] La Noë Lambert - Nantes

Présentation du dispositif départemental de Loire-Atalantique

Répondre à cet article