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PISA. Pierrre Merle plaide à nouveau pour une diminution des effectifs par classe en ZEP

5 décembre 2013

[...] Depuis 2000, contrairement à l’Allemagne et la Pologne, la France est globalement restée sur les mêmes politiques éducatives : la promotion du « collège pour chacun » ; une politique de labellisation des établissements (Education Prioritaire, ECLAIR…) stimulant les stratégies de choix des établissements par les familles ; une multiplication des options sélectives, notamment les sections linguistiques, qui différencie de plus en plus les établissements ; une gestion de l’affectation des élèves qui laisse à l’enseignement privé la possibilité de choisir ses élèves et favorise les phénomènes ségrégatifs.

[...] Les résultats PISA et les comparaisons internationales ont le mérite de faire connaître les politiques éducatives efficaces et équitables, ainsi que le rôle central de la mixité académique et sociale des classes et des établissements qui demeure, en France, une question taboue. De fait, aucune mesure régulière du niveau de mixité n’est réalisée par le ministère et, chacun le sait, pour résoudre un problème, il faut d’abord le reconnaître comme tel… Les politiques éducatives structurelles menées en Europe avec succès pourraient inspirer des pays qui, tels la France, peinent à repenser réellement leur système éducatif.

Pour freiner le déclin de l’école française, faute de repenser la structure, il serait possible de mettre en œuvre des politiques simples dont l’efficacité est avérée. Dans une recherche particulièrement solide, Piketty et Valdenaire ont montré que la baisse du nombre d’élèves par classe dans les établissements de l’Education prioritaire augmenterait sensiblement les progressions de ces élèves. Avantage considérable pour l’époque, cette réduction de l’effectif moyen par classe peut se réaliser à coût constant en augmentant d’un élève par classe l’effectif des classes dans les établissements situés hors établissement. Cette augmentation n’exerce pas d’effet sur la progression de ces élèves.

Mais qu’il s’agisse d’une modification de la structure des enseignements, des politiques de labellisation des établissements, de la profusion des sections et options de surcroît couteuses ou de la réduction du nombre d’élèves dans les classes des établissements de l’éducation prioritaire, un problème central de l’école française et de ses acteurs tient à la difficulté à penser et à mener le changement tant la tendance ordinaire d’une organisation est de réaménager les politiques passées plutôt que de les refonder.

Extrait de cafepedagogique.net du 05.112.13 : PISA : Pierre Merle : Pourquoi les inégalités françaises ?

 

Dans un entretien au Monde, le sociologue Pierre Merle plaide à nouveau pour une diminution des effectifs par classe en éducation prioritaire

Selon lui, "la recherche le montre, il est possible d’agir et, de surcroît, à coût constant ! En augmentant d’un élève par classe les effectifs des classes hors ZEP – ce qui n’aurait pas d’effet négatif sur les progrès de leurs élèves –, on pourrait diminuer de façon significative les effectifs des classes ZEP et augmenter sensiblement leur progression annuelle."

D’après lemonde.fr du 05.11.13 (édition abonnés) : " Loin de réduire les différences de niveau, notre collège les accroît "

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